MARCELOT Louis

Par Michaël Boudard

Né le 19 octobre 1877 à Tannay (Nièvre), mort le 17 décembre 1966 à Clamecy (Nièvre) ; conseiller d’arrondissement SFIO de Clamecy (1929-1930) puis conseiller général de Clamecy (1930-1931 et à partir de 1937) ; maire adjoint de Clamecy.

Fils d’un boulanger de Tannay, Louis Marcelot commença son apprentissage chez un pépiniériste de Clamecy avant de partir en région parisienne. Après avoir effectué son service militaire entre novembre 1898 et septembre 1901, il se maria en octobre 1901 à Arc-et-Senans (Doubs) et s’installa à Nuits-Saint-Georges (Côte-d’Or) comme jardinier.
Puis, de retour dans la Nièvre, Louis Marcelot s’installa à Clamecy à l’été 1906. Il travaillait alors au sein de l’établissement horticole des Ponts-Verts appartenant à M. Bourneau.
Prenant la suite de ce commerce, l’horticulteur-pépiniériste Marcelot se présenta pour la première fois à l’élection municipale de novembre 1919 sur la liste républicaine ouvrière sur laquelle se trouvait Louis Guenot dit Le Blond (114463), leader du socialisme dans la ville depuis plus de 20 années. Les deux hommes ne furent pas élus et leurs routes divergèrent : Guenot rejoignit le Parti communiste SFIC alors que Louis Marcelot resta au sein de la SFIO, la « vieille maison », et fonda une section clamecycoise en 1925. Porte-drapeau de la SFIO, il fut élu conseiller municipal de Clamecy en mai 1925 et réélu en mai 1929.
Lorsqu’une élection pour le Conseil d’arrondissement de Clamecy (canton de Clamecy) est organisée en septembre 1929, Louis Marcelot est désigné par le groupe socialiste pour être son candidat. À l’issue du second tour, il l’emporta avec 642 voix sur M. Renault, 569 et le communiste Jules Bigot (100099), 364 : ce fut le premier socialiste à entrer au sein du Conseil d’arrondissement de Clamecy.
Un an plus tard, après le décès du conseiller général radical-socialiste de Clamecy, Alfred Grimouille, une élection partielle fut organisée en septembre 1930. Louis Marcelot recueillit 741 voix face au candidat radical-socialiste André Renard, ancien ministre et ancien député, maire de Clamecy, 644 et à André Sauvan, candidat de la droite, 341. Après le retrait de M. Renard, Louis Marcelot l’emporta par 962 voix contre 555 à M. Sauvan : il fut là encore le premier socialiste élu de l’arrondissement de Clamecy à entrer au Conseil général.
Candidat au renouvellement de ce canton en octobre 1931, Louis Marcelot trouva sur sa route le communiste Alphonse Lamoine (5514) et un radical-socialiste, nouveau venu en politique, le docteur Georges Brésard. Ce dernier l’emporta aisément par 1 223 voix contre 663 à Marcelot et 227 à Lamoine. Cette élection cantonale eut des répercussions municipales puisque les deux élus communistes, MM. Bigot et Laguinier, démissionnèrent de leur mandat suivis par les trois élus socialistes, MM. Marcelot, Laudinet (234151) et Pellé.
Louis Marcelot continua son action politique et sa collaboration à diverses associations : il fut ainsi le fondateur et le président de la Section des mutilés et invalides du Travail de Clamecy et le délégué à la propagande et initiateur de la Défense des Bouilleurs de Cru de l’arrondissement. Surtout, il devint l’un des spécialistes de la viticulture dans l’arrondissement de Clamecy, puisqu’il replanta des vignes à Tannay avec des plants hybrides réduisant les risques de maladies : il fit des conférences dans diverses localités pour rendre compte de son travail et proposait son aide à toute personne souhaitant planter des vignes nouvelles.
À l’approche des élections municipales de mai 1935, Louis Marcelot et le communiste Jean Bertrand (232532) menèrent les négociations pour la constitution d’une liste Front populaire mais sans les radicaux-socialistes groupés derrière le maire sortant André Renard. Louis Marcelot fut le seul candidat à être élu au premier tour de scrutin et, à l’issue du second tour, la municipalité sortante fut battue par la coalition SFIO-SFIC : c’est le communiste Alphonse Lamoine fut élu maire de Clamecy. En février 1937, alors qu’un troisième poste d’adjoint a été créé, il échut à Louis Marcelot : et, en mars 1939, il devint deuxième adjoint au nouveau maire, Jean-Marie Laudinet (234151).
Entre temps, en octobre 1937, Louis Marcelot fut de nouveau candidat au siège de conseiller général : il l’emporta par 1 464 voix sur 1 937 votants.
Le 10 octobre 1939, la suspension du Conseil municipal de Clamecy jusqu’à la cessation des hostilités fut décidée par les autorités et une délégation spéciale fut nommée : Charles Bailly, ingénieur retraité, en fut le président avec à ses côtés Louis Marcelot et le docteur Frédéric Subert.
Lors de l’arrivée des Allemands à Clamecy le 16 juin 1940, et après la fuite de M. Bailly, ce sont ces deux hommes qui vont gérer les relations avec les occupants et tenter de résoudre les nombreuses difficultés qui se présentent. En effet, à côté de plusieurs centaines de réfugiés, des centaines puis des milliers de prisonniers de guerre métropolitains et indigènes seront parqués dans la ville. C’est à Clamecy, le 18 juin 1940, que 41 soldats indigènes sont exécutés sommairement, à l’écart de la ville, et que trois autres soldats indigènes seront eux-aussi victimes des Allemands dans les jours suivants. Quelques jours après l’exécution des 41 PG, Louis Marcelot obtint des Allemands l’autorisation de les inhumer. Et, selon Romain Rolland, en août 1940, Louis Marcelot avait réussi « à faire sortir du camp et libérer près de 1 800 prisonniers ».
En avril 1941, alors que l’industriel Maurice Brulfer a été nommé maire de Clamecy, Louis Marcelot devint l’un de ses adjoints. Mais, durant la guerre, Louis Marcelot aida les résistants du maquis du Loup, caché dans les bois de Creux, aux environs de Clamecy.
Louis Marcelot a la particularité d’avoir connu deux grands écrivains français de la première moitié du 20ème siècle, Pierre Loti et Romain Rolland. Ce dernier, dans son Journal de Vézelay (1938-1944), mentionne souvent Louis Marcelot, qui vint le visiter à plusieurs reprises chez lui, apportant à chaque fois du ravitaillement et l’entretenant de la situation à Clamecy.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article241403, notice MARCELOT Louis par Michaël Boudard, version mise en ligne le 5 juillet 2021, dernière modification le 5 juillet 2021.

Par Michaël Boudard

SOURCES : Arch. Dép. Doubs : état civil d’Arc-et-Senans. — Arch. Dép. Côte-d’Or : état civil de Nuits-Saint-Georges. — Arch. Dép. Nièvre : état civil de Tannay ; état civil et recensement de Clamecy ; M 516 : élections municipales de Clamecy ; M 847 : élections municipales (1935-1937) ; série R (classe 1897) ; journaux L’Écho de Clamecy, L’Indépendance de la Nièvre, La Tribune du Centre, La Dépêche de la Nièvre et le Journal du Centre. — Arch. mun. Clamecy : 1 D 22 : registre des délibérations du Conseil municipal de Clamecy (1936-1944). — Anne Dourneau, "Une amitié au groupe des armées du Nord (1917-1918) : Pierre Loti et Louis Marcelot", Bulletin de la Société scientifique de Clamecy, 2014, p.25 à 42. — Romain Rolland, Journal de Vézelay (1938-1944), édition établie par Jean Lacoste, Bartillat, 2012.

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