ADAM Étienne

Par Jean-Paul Salles

Né le 27 juin 1947 à Bannalec (Finistère), travailleur social, militant syndical (UNEF, CFDT, SUD Santé-Sociaux) et politique (PSU, ANPAG, FASE), militant associatif (ATTAC, LDH), conseiller municipal de Caen (2001-2008).

Étienne Adam est né à Bannalec (Finistère). Son grand-père et son père firent carrière dans les chemins de fer, le grand-père comme chef de gare, le père comme inspecteur à la SNCF. Son grand-père maternel était secrétaire de mairie et sa grand-mère maternelle commerçante. Élevé dans un milieu de gauche, sa première politisation date de la Guerre d’Algérie, un conflit au cours duquel l’État employait des moyens qui lui semblaient contradictoires avec les valeurs qu’on lui avait apprises. Il est lui-même père de deux enfants d’un premier mariage. Sa compagne, aide-soignante à la retraite, a été responsable syndicale.

Il fut scolarisé à l’école primaire publique laïque de Bannalec puis à l’école de Gisors (Eure). Il commença ses études secondaires à partir de la classe de 6e au lycée de Gisors, puis les poursuivit au lycée Malherbe de Caen (Calvados). Après avoir obtenu le Bac Philosophie en 1965, il fit une licence de sociologie à l’université de Caen sous la direction de Claude Lefort (89684), un professeur qui avait choisi de soutenir les étudiants en 1968. Il fut proche de lui en 1968 et 1969. Mais c’est à l’université de Vincennes récemment créée, qu’il réalisa sa Maîtrise de Sociologie sur le « Jacobinisme et le mouvement ouvrier français », sous la direction de Nicos Poulantzas (né à Athènes en 1936, décédé en 1979), professeur de sociologie, marxiste, auteur de travaux sur le rôle complexe de l’État dans les sociétés occidentales et sur les caractéristiques de la nouvelle petite bourgeoisie. Il participa à son séminaire pour préparer des unités de valeur (UV) sur « Fascisme et dictature ». C’est avec lui aussi qu’il débuta une thèse de troisième cycle abandonnée pour cause de service militaire en 1972-1973.

Militant syndical à l’UNEF dès le début de ses études supérieures, il fut secrétaire général de l’Association générale des étudiants de Caen (AGEC-UNEF) en 1966 et fut membre de la Commission internationale de l’UNEF en 1967. À ce titre, il fut reçu à la Délégation de la République démocratique du Vietnam (Vietnam du Nord) à Paris, puis organisa une semaine autour du congrès culturel de La Havane en avril 1968. Il eut quelques contacts avec l’Espagne. Ayant milité à la JC au lycée Malherbe dès ses quatorze ans (1961), il adhéra au PSU en 1965, y restant jusqu’en 1971. À cette date, la fédération du Calvados à laquelle il appartenait était dissoute par le Bureau national, car les militants de la tendance Gauche révolutionnaire d’orientation maoïste y étaient majoritaires. Les événements de Mai-Juin 68 ont été déterminants pour son évolution politique. Ils avaient apporté la preuve qu’on pouvait agir sur le monde, qu’on pouvait « changer la vie ». Mai 68, précédé à Caen par les luttes dures des jeunes ouvriers de la Saviem en janvier 1968, lui permit de rencontrer des militantes et des militants ouvriers de la CFDT très engagés dans le combat, parfois violent, contre un patronat de choc. Il dut également sa formation de syndicaliste à des militants comme Guy Robert ou Claude Cagnard, qui ont fortement marqué la CFDT de Basse-Normandie

Vacataire intervenant en sociologie à l’École d’éducateurs d’Hérouville-Saint-Clair dans l’agglomération de Caen à partir de1971, il intervint par la suite à l’Institut régional du travail social (IRTS) et à l’école d’infirmiers psychiatriques de Caen jusqu’au début des années 1990. Mais il fut surtout Délégué de tutelle, chargé par le juge d’assister et/ou de représenter des majeurs protégés. Il fut chef de service dans la même association, l’Association Tutélaire des majeurs Protégés du Calvados de 1975 jusqu’à son licenciement en 2009. Il avait eu une interruption de quelques années, de 1995 à 1999, pour être permanent à la CFDT de Basse-Normandie, comme secrétaire de l’Union régionale interprofessionnelle (URI). Il avait en effet dès 1975 pris des responsabilités à la CFDT, devenant délégué syndical, puis élu au Conseil et au Bureau du syndicat Services de Santé-Services Sociaux du Calvados, et secrétaire de l’Union régionale Santé-Sociaux de Basse-Normandie. À ce titre, il représenta la région au Conseil national confédéral (CNC) de la CFDT et au Conseil économique, social et environnemental régional (CESER) de Basse-Normandie, une assemblée consultative auprès du Conseil régional.

Opposé aux réformes des Retraites et de la Sécurité sociale menées par les gouvernements de droite, Alain Juppé d’abord puis Jean-Pierre Raffarin à partir de 1995, il n’approuva pas le syndicalisme de concertation ou d’accompagnement mené par la direction nationale de la CFDT, notamment par sa secrétaire nationale Nicole Notat (1992-2002) puis par François Chérèque. Il fut de ceux qui, à la CFDT, se regroupèrent dans « Tous ensemble », décidés à mener le combat avec les autres syndicats (CGT, FO, SUD) contre ce qu’ils considéraient comme des contre-réformes contraires aux intérêts des travailleurs. Avec Michel Gigand, il participa pour la Basse Normandie à l’animation du courant opposé à la direction, déposant des candidatures symboliques au Bureau National pour le congrès de 1998. La majorité régionale de la CFDT étant devenue favorable à l’orientation confédéral, en 1999 il quitta la CFDT et adhéra à SUD Santé-Sociaux 14.

Très préoccupé par le sort des chômeurs, dont il prit conscience après sa rencontre avec Claire Villiers et avec la création d’AC ! (Agir contre le chômage !), une fois à la retraite, il milita à Solidaires-Précaires et à Chômeurs Calvados, et également à la Coordination des Intermittents du Calvados (KIC).

Après son départ du PSU, il n’abandonna pas l’action politique, adhérent et animateur du groupe local de l’Association pour de nouvelles perspectives à gauche (ANPAG). Ce groupe ayant rejoint la Coordination nationale des collectifs antilibéraux, puis la Fédération pour une alternative sociale et écologique (FASE), il fut membre d’Ensemble, la troisième composante du Front de Gauche (membre de l’équipe d’animation initiale). Il fut plusieurs fois candidat aux élections pour une gauche alternative ou « pour une autre gauche », pour reprendre un des slogans de ces listes successives, classées à l’extrême gauche. Ainsi, il conduisait une liste aux élections municipales à Caen en 2001, sous l’étiquette ANPAG. Il fut élu conseiller municipal de 2001 à 2008. Il fut aussi candidat aux élections législatives, dans la première circonscription du Calvados (Caen Ouest), soutenu par les Alternatifs, en 2002 comme en 2007. De même, il s’était présenté aux élections cantonales en 2011, sur le canton de Caen 3. Il fut de nouveau à la tête de la liste de la Gauche alternative, soutenue par Ensemble (FASE, GA et GU), le NPA et le Parti de Gauche, aux élections municipales à Caen, le 23 mars 2014. La liste obtint 5,81 % des voix.

Il fit également partie d’ATTAC 14, membre de son Conseil d’administration (CA), d’abord comme représentant de la CFDT Basse-Normandie puis comme élu. Enfin, il présida la section de Caen de la Ligue des Droits de l’Homme et restait en 2020 son représentant local. C’est à ce titre, dans une lettre ouverte de janvier 2020, qu’il se félicitait du départ du Préfet du Calvados, Monsieur Laurent Fiscus. Il lui reprochait d’avoir « interdit les manifestations, de nombreux samedis dans le centre-ville », sous le prétexte de la présence de « nombreux individus radicaux ». Verbalisations et interpellations temporaires privatives de liberté sans suites pénales, se sont succédées, reprochait-il au préfet.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article241441, notice ADAM Étienne par Jean-Paul Salles, version mise en ligne le 8 juillet 2021, dernière modification le 8 juillet 2021.

Par Jean-Paul Salles

SOURCES : Texte écrit envoyé par Étienne Adam en octobre 2020. — Presse locale : Ouest France, Liberté (Le Bonhomme libre).

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