CASSÉ José, Honoré

Par André Balent

Né le 26 juillet 1921 à Arnaud-Guilhem (Haute-Garonne), mort supposément le 10 août 1944 à Urau (Haute-Garonne), tué selon toute vraisemblance par des résistants de la 3401e compagnie de FTPF de la Haute-Garonne (maquis de Betchat, Ariège) ; marchand de porcs à Saint-Martory (Haute-Garonne) ; résistant (réseau Pat O’Leary de Franscisco Pónzan et réseau « Françoise » basé à Toulouse organisateurs de passages clandestins vers l’Espagne)

José Cassé (1921-1944)
Archives Laura Fini, arrière petite-fille de José Cassé

José Cassé était né dans un village du Comminges (au sud-ouest de la Haute-Garonne, dans les Pyrénées et l’immédiat piémont pyrénéen). Sa famille s’était établie dans un village voisin, Saint-Gaudens (Haute-Garonne), chef-lieu de canton. C’étaient des commerçants, marchands de porcs. Il était le fils de Félix, Antoine Cassé (Arnaud-Guilhem, 26 mai 1894 – Saint-Martory, 29 mai 1973) et de Marie, Éléonore Carsalade (Mancioux, Haute-Garonne, 30 avril 1895 – Saint-Martory, 29 mai 1973). Célibataire à l’état civil, José Cassé a eu un fils, Daniel, né à Foix (Ariège). Abandonné, il fut reconnu et récupéré par sa mère en 1945. Par la suite, après reconnaissance de paternité, il retrouva le patronyme paternel. La petite-fille de Daniel Cassé et arrière-petite-fille de José Cassé, Laura Fini, professeur d’Histoire et de Géographie, domiciliée à Saint-Gaudens (Haute-Garonne), a mis ses archives familiales à notre disposition pour la rédaction de la présente notice.

José Cassé était membre du club local de football, l’Étoile sportive de Saint-Martory, lieu majeur de sociabilité pour les garçons et jeunes hommes de la commune. Félix Andiano, né le 24 janvier 1924 à Vielha [Viella], dans le Val d’Aran, limitrophe du Comminges, qui avait travaillé aux mines de talc de Luzenac (Ariège) avant de venir à Saint-Martory, était, dès 1941, licencié à l’Étoile sportive saint-martorienne. Il était devenu l’un des meilleurs amis de José Cassé. Ouvrier carrier en 1942 puis manoeuvre, il fut signalé en 1943-1944 comme exerçant la profession de cantonnier. Un autre ami proche de José Cassé était Paul Misfut, né le 18 mai 1925 à Saint-Martory, également joueur de l’Étoile sportive saint-martorienne. Le siège de ce club était situé au café Deserce (café Kiki en 2021) tenu alors par la famille Lasseras. Françoise Lasseras (connue comme Françoise Lasserre), agent du réseau « Françoise » (voir ci-dessous), recevait au café les candidats au passage vers l’Espagne envoyés par « Françoise » (dénoncée, Armande Lasserre fut arrêtée puis torturée par Philippe Berkane, agent français de la Sipo-SD et ne dut son salut qu’à l’intervention de dernière minute d’un notable de la commune, affilié à la Milice, Henri Frossard). Félix Andiano devint ainsi un agent du passage du réseau « Françoise », faisant équipe avec Jean-Louis Bordes,alias Gallié, de Fronsac. On peut donc supposer que les réseaux de sociabilité villageoise dans lesquels était inséré le jeune José Cassé l’amenèrent à collaborer avec ce réseau. D’ailleurs, un de ses amis, Paul Misfut, finit par utiliser les filières de passage vers l’Espagne. « Évadé de France », il franchit la frontière des Pyrénées le 25 octobre 1925 et participa à la guerre dans la Marine.

José Cassé participa donc à la Résistance dans le cadre de filières majeures de passage vers d’Espagne dépendant de l’Intelligence Service (IS). Émilienne Eychenne, la première, mentionna son nom dans ses listes de passeurs publié dans un de ses ouvrages pionniers de référence (op. cit., 1984). Son appartenance au réseau belge « Pat O’Leary », lié à l’IS (Intelligence Service est attesté dans un courrier envoyé à Félix Cassé, père de José (Paris, 5 janvier 1945) par Pat O’Leary (pseudonyme du médecin militaire belge créateur du réseau Albert Guérisse) en personne. Ce courrier a été certifié en mairie de Saint-Martory le 1er mars 1946. Le « Lt. Cmdr. P.A. O’Leary certifiait que « M. Cass [sic] José de St Martory a porté secours pendant la guerre à 4 aviateurs alliés. Grâce à lui ces aviateurs furent [sic] être rapatriés ». Par ailleurs José Cassé figure sur un registre en langue anglaise d’agents ayant aidé des aviateurs alliés (« advanced grade proposed 5 [agent occasionnel du réseau] ; certificate number 1091 ; claim P 1085 »). Le même document signale que Félix Andiano, un de ses amis de José cantonnier à Saint-Martory, a participé au sauvetage d’aviateurs allés exfiltrés vers l’Espagne. L’appartenance à « Pat O’Leary » indique que Cassé oeuvrait pour le réseau avant son quasi-démantèlement en mars 1943. Par la suite, José Cassé et Félix Andiano furent « récupérés » par Marie-Louise Dissart (1881-1957), important agent toulousain de Pat O’Leary qui rassembla des rescapés de ce réseau bien implanté à Toulouse et en Haute-Garonne et mit en place, à partir de mai 1943, puis développa le nouveau réseau « Françoise », très actif, qui dépendait lui aussi de l’IS. Marie-Louise Dissart nous apprend, dans le fichier des agents de son réseau, que José Cassé était l’ami de « Mireille et de Palaud ». « Mireille » était le pseudonyme d’Henri Marrot (1916-1944), de Saint-Gaudens (Haute-Garonne), et « Palaud » [écrit aussi « Palau » ou « Palo » [cette graphie interprétée comme prénom dans d’autres documents], celui de Pierre, Philippe Treillet (1918-2005) alias « Pierre », de Saint-Girons (Ariège). Ces deux passeurs émérites, excellents montagnards, ont fait passer en Espagne de nombreux aviateurs anglais, néerlandais, étatsuniens : 250, a-t-on dit au procès des assassins de « Mireille » aux assises de Toulouse en février 1948. « Grillés » dans leurs activités de passeurs, Henri Marrot et Pierre Treillet rejoignirent, après le 6 juin 1944, le maquis « Bidon 5 » de l’Armée secrète implanté principalement à Arbas, commune pyrénéenne du Comminges. Ce maquis intégrait en son sein une unité espagnole principalement composée d’anarchistes de la CNT (Confédération nationale du Travail) du Couserans ariégeois voisin. Pour cette raison, il était mal vu par les maquis dirigés par les communistes français (FTPF) ou espagnols (AGE, Agrupación de guerrilleros españoles), comme ceux la Crouzette (FTPF et AGE), ou Betchat (FTPF), tous deux basés en Ariège et, en ce qui concerne le second, actif surtout dans le Comminges (Haute-Garonne).

D’après le témoignage d’Alphonse Pujol (né en 1925) recueilli en 2003 José Cassé a averti (fin mai, début juin) les jeunes Saint-Martoriens ou habitants de communes voisines qui se trouvaient dans un maquis du Corps franc Pommiès (CFP) de l’ORA (Organisation de résistance de l’armée), près d’Arnaud-Guilhem qu’ils devaient rentrer chez eux. Ils réintégrèrent peu après le maquis du CFP (ORA) implanté désormais près de Boulogne-sur-Gesse (Haute-Garonne). Parmi eux, Paul, Jean-Marie Artigues de Lafitte-Toupier que les Allemands de la division Das Reich abattirent le 10 juin 1944.

Henri Marrot, alias « Mireille », fut tué dans des circonstances troubles le 23 septembre 1944 à Saint-Gaudens, prétendument pour l’empêcher d’abattre la femme d’un autre résistant, Francis Strugot, chef de secteur (Comminges), de l’AS-CFL (Corps francs de libération). Il faut savoir que, dès la clandestinité, les relations étaient tendues entre Strugot et Pierre Lachaux alias « Duclos » (et/ou « Dumas »), chef du maquis « Bidon 5 » (ou « Bidon V »). Elles ne s’améliorèrent guère après la Libération. Strugot mit en cause Lachaux, l’accusant des plus noirs desseins et visa plus particulièrement, Henri Marrot et Pierre Treillet, deux de ses proches. Marrot fut donc la victime d’un guet-apens ourdi par deux fidèles zélés de Strugot, Cyprien Izar et Michel Zakeim. Le procès de Toulouse (31 janvier-5 février 1948) démontra la culpabilité d’Izar et Zakheim qui s’étaient présentés libres devant la cour d’assises, contre lesquels fut requise la peine de mort et qui furent condamnés respectivement aux travaux forcés à perpétuité et à quinze ans de la même peine. Pendant le procès, Marie-Louise Dissart alias « Françoise » témoigna de façon convaincante et faveur de « Mireille » un des passeurs émérites de son réseau. Pierre Lachaux, qui avait bénéficié d’un non-lieu après la plainte déposée contre lui par Strugot, prit aussi la défense de « Mireille », ainsi, bien sûr, que son compagnon de clandestinité, Pierre Treillet alias « Palau ». Le véritable mobile de l’assassinat d’Henri Marrot fut ainsi que le démontrèrent les débats qu’il en savait trop de choses sur les agissements de certains maquis qui ne sont toutefois pas désignés. On pourrait donc penser, que José Cassé a été victime de ces rivalités au sein de l’AS dans le Comminges, opposant le maquis « Bidon 5 » au chef du secteur local. En effet, « Françoise », dans la fiche de ses archives concernant José Cassé, écrit que ce dernier « a été assassiné le 27 juillet 1944 par un maquis » qu’elle ne nomme pas. Georges Loubiès (Toulouse, 1905 – Fabas (Ariège) 1995), membre du maquis des FTPF de Betchat (Ariège), dans sa lettre à Claude Delpla du 12 mars 1968 explique que « Mireille », indiscutable résistant, avait été qualifié de « milicien » après la Libération et assassiné. On pourrait penser qu’il s’agissait d’autres éléments de l’AS hostiles à « Bidon 5 » et à son chef. Mais, à notre connaissance, les amis de Francis Strugot ne se sont pas livrés à des actions de « liquidation » de factions rivales de la Résistance avant l’assassinat, après la Libération, d’Henri Marrot. On sait, toujours d’après les archives de « Françoise », que, après avoir réceptionné à Carbonne (Haute-Garonne) quatre aviateurs (deux Britanniques, un Hollandais et un Américain), José Cassé était venu à la grotte de Labadergue, QG du maquis « Bidon 5 » dans la forêt d’Arbas, le 19 juillet 1944 afin de les confier à Marrot et Treillet pour le passage Espagne. Dans une lettre envoyée à « Françoise » le 5 janvier 1945, Félix Cassé, père de José, indique que de fut les 11 et 12 juillet 1944 que son fils a pris en charge à Carbonne où ils étaient cachés trois aviateurs britanniques et un aspirant américain de 18 ans. Avec sa camionnette, il les amena au maquis des CFL (Corps francs de Libération) à Arbas. Les deux passeurs (Marrot et Treillet) étant occupés à d’autres tâches, ce fut, selon la fiche du réseau « Françoise », le maire du Portet-d’Aspet qui les prit en charge pour le passage en Espagne. Félix Cassé signala dans sa lettre que José Cassé passa la nuit à Arbas à cause du couvre-feu. Remarquons qu’il fut assassiné à Urau, une autre commune du Comminges pyrénéen, pas très éloignée d’Arbas.

Le corps de José Cassé fut donc trouvé 20 octobre 1944 à Urau, au lieu-dit « Montignous ». L’acte de décès indique que son décès paraissait remonter au 10 août 1944. De fait, « Françoise », dans la fiche « Cassé José » de son réseau indique que son décès a eu lieu le 27 juillet 1944. D’où tenait-elle cette information ? Étant donné la qualité de sa documentation, nous retenons cette date. La fille de la personne que la mère de José Cassé avait sollicitée pour se rendre à Urau afin de reconnaître son corps expliqua qu’il fut retrouvé sous un chêne et que un bridge (ou une dent en or ?) posé peu de temps auparavant a permis à coup sûr l’identification. Les résistants qui tuèrent José Cassé expliquèrent qu’ils avaient abattu un collaborationniste. Convaincu du contraire, car il connaissait son activité de passeur du réseau « Françoise », le père de José Cassé s’empressa d’écrire (les 5 et 10 janvier 1945) à Marie-Louise Dissart (« Françoise ») qui reconnut la qualité d’agent de son réseau à José Cassé. Elle fit écrire sur la fiche « Cassé José » des archives de son réseau : « Si les Britanniques et les Américains estiment qu’une lettre de remerciements doit être adressée au père de Cassé, Françoise demande que cette lettre soit envoyée rapidement car le père voudrait s’en servir pour réhabiliter son fils ». Ainsi que nous l’avons indiqué plus haut, Pat O’Leary en personne avait envoyé à Félix Cassé, le 5 janvier 1946, une attestation indiquant que quatre aviateurs avaient été aidés par José Cassé et avaient pu être rapatriés.

Félix Cassé pensait sans doute que, en fait, son fils avait été tué par des hommes du maquis (FTPF) de Betchat (Ariège) commandé par Jean Blasco alias « Max » (Fumel, Lot-et-Garonne, 30 mars 1924 ; Villeneuve-sur-Lot, Lot-et-Garonne, 13 août 2012). En effet, si des hommes de ce maquis, très proches de leurs chefs, exécutèrent, parfois avec lui de vrais collaborationnistes, des civils innocents ou même de vrais résistants, furent abattus par eux, souvent après avoir été torturés (Voir : Pavan Luigi, Estellé Georges). Sous prétexte d’« expropriations » de collaborateurs, des personnes n’ayant rien à se reprocher furent aussi victimes de pillages divers. Ces actes arbitraires, perpétrés dans le Couserans et le Comminges par un petit groupe de maquisards de Betchat proches de leur chef, entachèrent la réputation d’un maquis dont les actions audacieuses avaient attiré l’attention des troupes d’occupation qui le considéraient comme un ennemi redoutable. Seuls les communistes et une partie des socialistes SFIO de ces régions de l’Ariège et de la Haute-Garonne s’efforcèrent, après la Libération, de défendre inconditionnellement les actions de « représailles » du petit groupe de maquisards de Betchat qui ont abattu des personnes parfois innocentes. Une note des Renseignements généraux (Saint-Girons, 11 février 1946) résume bien la situation : Blasco a été « porté aux nues » par certains et considéré comme « le pire des vandales » par d’autres. « Il va sans dire que les deux points de vue sont tendancieux mais soutenus avec la même énergie par les deux clans ». Toutefois, la réalité d’exactions commises par lui et certains de ses hommes ne peut être niée même si certains, en 1947, ont voulu, en janvier et février 1947 à la suite de l’arrestation de Blasco, faire oublier la participation de proches à la répression milicienne et allemande. Blasco avait quitté le Couserans, le Comminges et Toulouse après 1945. En 1946, il était chef de surveillance d’un commando de prisonniers de guerre de l’Axe dans la Somme. Quatre plaintes —quatre pour vols et une pour un meurtre commis à Saleich, Haute-Garonne, le 10 juillet 1944 — furent, cette année-là, déposées contre lui pour des faits remontant au printemps et au début de l’été 1944 et localisés dans le Couserans et le Comminges. Le juge d’instruction de Saint-Girons, chargé du dossier, lança contre lui, le 22 octobre 1946, un mandat d’arrêt. Il fut arrêté à Abbeville (Somme) le 16 décembre 1946 et incarcéré aussitôt à la maison d’arrêt de Foix. Son arrestation provoqua la mobilisation du PCF, des anciens FTPF de la Haute-Garonne et de l’Ariège. Une partie de la SFIO prit également fait et cause en sa faveur. Un comité de soutien qui exigea sa mise en liberté provisoire rassembla des personnalités bien au-delà de cette mouvance, mettent en avant l’honneur bafoué de la Résistance. Celle-ci après avoir été refusée à deux reprises par le juge d’instruction de Saint-Girons fut enfin accordée le 13 février 1947 par la chambre d’accusation de Toulouse et notifiée à 20 heures à la maison d’arrêt de Foix. D’autres personnes, cependant, qui ignoraient ce qu’il était devenu avaient constitué des dossiers afin de déposer des plaintes complémentaires. Ainsi, pendant que l’« affaire Blasco » était médiatisée par la presse de l’Ariège et de la Haute-Garonne, Félix Cassé ne resta pas inactif. Il constitua un dossier de presse afin de voir comment serait réglé le sort de Blasco finalement mis en liberté provisoire. Revenu à une vie professionnelle normale dans le Lot-et-Garonne, Jean Blasco, blanchi et auréolé de ses actions audacieuses contre les Allemands et la Milice pendant les derniers mois de l’occupation, était désormais « intouchable ». Les proches de ceux qu’il avait cruellement « liquidés » parce qu’ils savaient trop de choses, ou parce qu’ils avaient été injustement confondus avec des collaborationnistes en prirent leur parti et se turent. Ce n’est guère qu’à partir des années 2000 que l’on se pencha à nouveau sur des faits que l’on avait voulu cacher.

L’ « affaire José Cassé » avait déjà donné lieu à la publication d’un article dans La Voix du Midi , organe quotidien (août 1944-décembre 1946) du PCF édité à Toulouse du 8 novembre 1946. Se référant à cet article, Fournial — il s’agit selon toute vraisemblance de Georges Fournial (1905-1994) directeur de ce journal — envoya, le 17 févier 1947, un télégramme au docteur Alexis Marrot (1918-2016), maire (SFIO) de Saint-Martory (1945-1965) et conseiller général (SFIO puis PS) du canton de Saint-Martory (1945-1998). Fournial écrivait à l’attention d’Alexis Marrot : « Vous serai reconnaissant demander Conseil municipal prendre position d’urgence sur article Voix du Midi du 8 novembre [1946] ‘‘affaire Cassé’’ ». On devine que Blasco avait été mis en cause dans l’assassinat de José Cassé. Le numéro de La Voix du Midi du 8 novembre 1946 est le seul qui ne figure pas dans la seule collection complète de ce quotidien déposée à la Bibliothèque nationale ! Impossible, donc de vérifier le contenu de cet article. À la majorité, le conseil municipal de Saint-Martory, à direction socialiste, vota une délibération qui allait dans le sens de la demande du directeur du quotidien communiste de Toulouse : « Après en avoir délibéré, le conseil municipal de Saint-Martory serait d’avis d’inviter Monsieur Félix Cassé à ne pas faire valoir de titres de résistance personnels alors qu’il est de notoriété publique qu’il devait connaître les agissements personnels de son fils jugé et fusillé par la Résistance ». La majorité des élus municipaux de Saint-Martory soutenaient donc la thèse que José cassé était un collaborateur des Allemands justement châtié par la Résistance, à savoir, selon toute vraisemblance, le très controversé maquis de Betchat commandé par Jean Blasco alias « Max ». Il est cependant indiscutable que José Cassé, résistant lui-même, ami de passeurs émérites du réseau « Françoise », a participé à des actions de sauvetage d’aviateurs alliés. Il a reçu l’appui de résistants reconnus pour leurs mérites exceptionnels, Marie-Louise Dissart alias « Françoise » et Albert Guérisse alias « Pat O’Leary.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article241557, notice CASSÉ José, Honoré par André Balent, version mise en ligne le 15 juillet 2021, dernière modification le 20 juillet 2021.

Par André Balent

José Cassé (1921-1944)
Archives Laura Fini, arrière petite-fille de José Cassé
Carte d’adhésion de José Cassé à l’Étoile sportive de Saint-Martory (1942-1943). Joueur du club
Arch. dép. Haute-Garonne, 1 S 9
José Cassé (1942-1943). Joueur de football de l’Étoile sportive de Saint-Martory
Archives de Laura Fini, arrière-petite-fille de Jisé Cassé

SOURCES : Arch. dép. Haute-Garonne, 44 J 16, archives du réseau « Françoise », fiche « Cassé José » ; 1 S 9, licenciés de l’Étoile sportive de Saint-Martory, 1940-1943 ; fonds Daniel Latapie, témoignage d’Alphonse Pujol recueilli en 2003. — Arch. dép. Ariège, 491 W 64, dossiers individuels, Renseignements généraux, dossier Jean Blasco (1946-1947) ; 63 J 206, fonds Claude Delpla (maquis de Betchat et Cazavet), entre autres : structure, histoire et action du maquis FTPF de Betchat, 1er mars 1968, lettre de Georges Loubiès, sous-lieutenant du maquis de Betchat à Claude Delpla, Sainte-Croix-Volvestre ; lettre de Georges Loubiès à Claude Delpla, 12 mars 1968. — Arch. com. d’Urau, acte de décès de José Cassé. — Arch. Com Saint-Martory, registre des délibérations du conseil municipal, délibération du 17 février 1947 concernant le télégramme de Georges Fournial. — Archives privées de la famille Cassé-Fini, Saint-Martory, de Laura Fini, arrière-petite-fille de José Cassé (correspondances diverses, attestations, coupures de presse). — Émilienne Eychenne, Les montagnards de la liberté. Les passages par l’Ariège et la Haute-Garonne 1939-1945, Toulouse, Milan, 364 p. [p. 340]. — Michel Goubet, « Le climat passionné et agité de l’après Libération à Toulouse et en Haute-Garonne » ; « Les caractéristiques des maquis dans les parties sud et sud-ouest de la Haute-Garonne », in La Résistance en Haute-Garonne, CDROM, Paris, AERI (Association pour des études sur la résistance intérieure). — « Saint-Martory et le réseau Françoise », Patrimoine et environnement, Saint-Martory, 2017. — site aide-aviateurs-alliés-ww,, registre britannique d’agents ayant aidé des aviateurs, consulté le 8 avril 2021 (entrées José Cassé et Félix Andiano). — Courriels de Laura Fini, de Saint-Gaudens, avril et juin 2021.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément