FERRANT Anatole, Charles, Louis

Par Gilles Morin, Annie Pennetier, Claude Pennetier

Né le 9 janvier 1886 à Mauvières (Indre), mort le 14 novembre 1972 à Étampes (Essonne) ; cultivateur puis industriel ; militant socialiste SFIO puis PSU de l’Indre ; maire de Bélâbre (Indre) de 1925 à 1959 au moins, conseiller général, sénateur de l’Indre (1948-1955).

[Sénat]

Fils d’un meunier, cultivateur à Bélâbre, Anatole Ferrant devint technicien en électricité en suivant des cours par correspondance, puis en fréquentant le Conservatoire national des Arts et Métiers. Il installa (vers 1910 ?) à Charneuil (commune de Mauvières, Indre) une petite usine hydroélectrique qui fournissait de l’énergie aux communes voisines. Ce pionnier de l’électrification rurale sut gagner la sympathie de la population de son canton par son imagination mais aussi par ses qualités humaines. Il fut certainement combattant durant la Première Guerre mondiale, se revendiquant de la qualité d’« ancien combattant » en 1946.

Militant socialiste depuis 1905 au moins, il fut délégué de la fédération de l’Indre à une conférence nationale à Paris en novembre 1911.

Anatole Ferrant fut élu conseiller municipal socialiste de Bélâbre le 30 novembre 1919, puis le 18 avril 1920, son élection ayant été annulée par le conseil de préfecture. Devenu maire socialiste SFIO en 1925, il le resta au-delà de la Seconde Guerre mondiale.

La fédération socialiste le présenta à de nombreuses élections. Il devint conseiller d’arrondissement en 1928, puis conseiller général en 1931 dans le canton de Bélâbre (il succédait à Gourdin, radical, qui ne se représentait pas) et le resta presque constamment jusqu’aux années 1960. Il fut candidat aux élections législatives d’avril 1928 dans la circonscription du Blanc et recueillit 13 % des voix des électeurs inscrits. Lors des législatives de mai 1932, il bénéficia d’un score de 26 %. Il se présenta également aux élections sénatoriales d’octobre 1932.

Resté maire de Bélâbre pendant la Seconde Guerre mondiale, Anatole Ferrant fit preuve de courage et d’habileté : le 10 juillet 1944, il sauva de la mort les hommes de sa petite ville que le commandant d’une colonne allemande voulait faire fusiller. Le maire parlementa, puis demanda à payer pour tous ; il fut gracié ainsi que ses administrés. Il fut réélu maire de Bélâbre en 1945-1959 (au moins). En 1953, ne pouvant s’entendre avec les radicaux, il composa une liste avec les communistes qui lui permit de garder sa mairie.

Réélu conseiller général en 1945, avec 68,5 % des suffrages exprimés au premier tour (2 148 suffrages sur 4 478 inscrits et 3 131 exprimés), il fut désigné comme premier vice-président du conseil général et présida aussi la commission départementale d’octobre 1945 à mars 1949. Il appartenait encore à la commission de la rénovation économique l’année suivante et fut, en 1949-1951, rapporteur général du budget départemental. Les communistes représentaient près de 30 % des électeurs du canton. Réélu régulièrement conseiller général jusqu’en 1964, il n’était plus en fonction en 1970.

Anatole Ferrant fut conseiller de la République du 7 novembre 1948 à 1955, après avoir échoué à la deuxième Assemblée constituante en juin 1946 et aux législatives de novembre 1946. Élu le 7 novembre 1948, au 2e tour, avec 300 suffrages sur 745, après en avoir obtenu 212 au premier, il fut battu au renouvellement de 1955, où il obtint 293 suffrages sur 718 exprimés et 747 inscrits au premier tour et 366 au second, en dépit du désistement des communistes. Il présidait l’Office agricole départemental de l’Indre en 1952.

Membre du bureau fédéral de la SFIO en mai 1951, Anatole Ferrant était secrétaire de la section de Belâbre mais fut remplacé en février 1953. Dans la fédération, il représentait une tendance favorable à l’entente avec les communistes. Il fut mis en garde par Léon Boutbien, député du département pour avoir participé à plusieurs reprises à des réunions des Combattants de la paix et fut indiscipliné sur les accords de Londres et Paris en 1955. Exclu en février 1955, réintégré en juin, il fut mis en cause à propos de la défaite de Boutbien aux législatives de 1956 pour avoir tenu des propos en faveur du PCF.

Devenu socialiste indépendant en 1958, il fonda la fédération du PSA en 1959 et se fit réélire comme membre du PSU dans les années 1960. Il démissionna de son poste de conseiller général, qu’il détenait depuis 1931, le 20 juillet 1969, « en raison du grand âge et de l’état de santé de l’intéressé » selon le préfet.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article24156, notice FERRANT Anatole, Charles, Louis par Gilles Morin, Annie Pennetier, Claude Pennetier, version mise en ligne le 4 janvier 2009, dernière modification le 5 janvier 2009.

Par Gilles Morin, Annie Pennetier, Claude Pennetier

[Sénat]

SOURCES : Arch. Nat, F/1a/3218. F/1cII/147. F/1cII/255. F/1cII/270. F/1cII/285. F/1cII/291. F/IIc/320. CAC, 19830172, art. 169. — Arch. Dép. Indre, 3 M 1419, M 971. — Arch. OURS, correspondance Indre. — Le Progrès social, 1919-1920. — L’Effort du Berry, 1928. — L’Émancipateur, 1928-1932. — L’Indre socialiste, 1932. — J. L. D’Artrey (dir.), Les Élections sénatoriales, 1927-1932, résultats officiels, Librairie G. Roustan, s.d. et Conseils généraux, élections, résultats officiels, octobre 1931, s.d. — Ralliement, 1945. — La Vie socialiste, 14 mai 1932. — Rapports des congrès nationaux, 1945-1958. — Rapports des congrès de la SFIO, 1944-1967. — Tribune Socialiste, 21 mars 1964. — Profession de foi, juin 1946. — Renseignements recueillis par G. Thomas. — État civil de Mauvières.

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