FABRE Frédéric, Casimir

Par Jacques Girault

Né le 11 mai 1887 à Cannes (Alpes maritimes), mort le 23 janvier 1982 à Nice (Alpes-Maritimes) ; professeur ; syndicaliste SNES de la région parisienne.

Fils de Césaire Fabre, inspecteur primaire, et de marie-Jeanne Dépulle, originaire de Sartène (Corse), Frédéric Fabre était élève au lycée du Puy (Haute-Loire) quand il obtint le baccalauréat (philosophie) en 1905. Il suivit les cours de la classe de rhétorique supérieure au lycée de Lyon (1906-1907) et de, 1908 à 1911, fut assistant en Grande-Bretagne, à Dundle puis à Manchester. Inscrit à la faculté des lettres de Lille, il travailla comme répétiteur au collège de Calais (octobre-décembre 1911) puis comme surveillant d’internat au lycée Faidherbe de Lille en 1912. Il obtint alors le certificat d’aptitude pour l’enseignement de l’anglais.

Parti au service militaire dans l’infanterie, il resta mobilisé pendant toute la Grande Guerre, combattant d’abord sur le front, puis en septembre 1918, il fut affecté à l’état-major du 6e corps d’armée comme interprète, puis chargé, après l’armistice, des cours d’anglais à Châlons-sur-Marne, destiné aux militaires.

Il reprit un poste de répétiteur au petit lycée de Roubaix (Nord), puis devint professeur de lettres et d’anglais au collège de Condé-sur-l’Escaut (Nord) en 1919-1920. Il demeurait inscrit à la faculté et termina sa licence en 1923. Toutefois, il avait pu passer le concours spécial d’agrégation d’anglais et le réussit en 1920. Il exerça comme professeur agrégé au lycée de Douai (Nord) de 1920 à 1927, s’occupant notamment de la correspondance scolaire internationale. Il obtint sa mutation pour le lycée Michelet à Vanves (Seine, Hauts-de-Seine) en 1927. Il passa l’année suivante au collège Rollin où il enseigna jusqu’à sa retraite en 1948 dans l’établissement, devenu lycée Jacques Decour, ayant notamment en charge la classe de mathématiques spéciales.

Frédéric Fabre prépara une thèse de doctorat à la Sorbonne qu’il ne termina pas. Il écrivit des articles à partir de 1930-1931 dans la Revue anglo-américaine et dans la Revue de littérature comparée (article sur le collège anglais de Douai en 1930). Un article sur un R.L. Stevenson dans le Velay parut dans la Revue d’Auvergne en 1932.

Il se maria en septembre 1922 à Puget-sur-Argens (Var) avec Germaine, Rose Sourchier, professeure de sciences à l’École normale d’institutrices de Douai puis à l’école primaire supérieure Edgar-Quinet devenue collège après la guerre. Le couple habitait Pantin puis dans le XIXe arrondissement de Paris à partir de 1934.

Pendant la guerre, Frédéric Fabre fit partie du Front national universitaire particulièrement actif dans son établissement (sa présence n’est pas non confirmée dans la liste des membres du FNU du lycée Rollin, établie par Thiédot pour l’ACREN). Il militait dans le Syndicat national de l’enseignement secondaire.

Il ne se confondait sans doute pas avec un autre Fabre, professeur au lycée Decour, qui appartenait au courant cégétiste du SNES et militait à la FEN-CGT.

Au congrès de 1949 de la Fédération de l’éducation nationale. il fut élu suppléant à la commission administrative nationale.

Avant le congrès de la section du SNES de l’académie Paris (S3), en février 1951, il proposa aux militants de la tendance « autonome » et de la tendance « Force ouvrière » de constituer une liste d’union pour les élections internes. Cet appel, signé également par Faure*, Mugnier* et Veniel*, fut diffusé dans tous les établissements de l’académie. Constatant que les partisans d’un retour dans la CGT étaient minoritaires, ils affirmaient : « Nous sommes prêts à étudier avec nos camarades, toutes les garanties nécessaires au respect de la volonté de la majorité afin qu’ils ne puissent être des “otages” couvrant des manœuvres. » Il s’agissait avant tout dans leur esprit de développer « les conditions d’un travail fraternel et fructueux entre tous les camarades » pour renforcer le SNES. Dans un autre article de L’Élan syndicaliste en décembre 1951, il précisait : « Je crois qu’il y a là la possibilité pour chacun de nous, dans tout ordre d’enseignement, d’agir avec efficacité pour l’unité dans la clarté et pour l’action. Nous pouvons être confiants. Nous savons – par nos expériences récentes – que nos collègues commencent à voir, dans l’action, où sont leurs vrais amis. La CGT n’a pu les décevoir, au contraire. Nous pouvons être sûrs que, si nous ne ménageons pas nos efforts, l’unité syndicale peut être proche. »

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article24171, notice FABRE Frédéric, Casimir par Jacques Girault, version mise en ligne le 6 janvier 2009, dernière modification le 5 août 2021.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat., F17/ 25259. — Presse syndicale citée. — Notes d’Alain Dalançon et L. Frajerman. — État civil de Cannes.

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