TROTZKY Henri, Marius, Tzvi [écrit aussi TROCKI]

Par Dominique Tantin

Né le 17 juillet 1922 à Paris (XIVe arr.), abattu le 15 novembre 1943 à Sainte-Féréole (Corrèze) ; étudiant ; maquisard de l’Armée secrète (AS).

Henri Tzvi Trotzky
Henri Tzvi Trotzky
Crédit : MémorialGenWeb

Henri Trotzky était le fils d’Aleksander Trocki (le nom de son fils a été transcrit Trotzky par l’état civil parisien) et de Matilda née Witrgitz (orthographe de l’acte de décès), Juifs polonais ayant émigré en France.
Après avoir vécu à Paris entre les deux guerres, la famille se réfugia en zone dite libre. Alexandre Trocki fut co-directeur du bureau de la HICEM à Marseille. La HICEM était l’acronyme de trois organisations : H(ias)IC(a)EM(Emigdirect,) (HIAS : Hebrew Immigrant Aid Society, Société d’aide aux immigrants ; ICA : Jewish Colonization Association, Association de colonisation juive ; Emigdirect, une organisation d’immigration basée à Berlin). Ces organisations fusionnèrent en 1927, mais bientôt la HICEM s’identifia à la HIAS en raison des difficultés des autres organisations. La HICEM organisait l’émigration des Juifs d’Europe, notamment vers les Etats-Unis.
L’invasion allemande en mai-juin 1940 obligea la HICEM à fermer son bureau de Paris et à se replier sur Marseille (Bouches-du-Rhône), principale porte de l‘émigration légale. “Un total de 6449 Juifs quittèrent la France grâce à la HICEM entre l’armistice et la fin de 1942” (Renée Poznanski, Les Juifs en France 1939-1945, op. cit. pp. 209-210).
L’occupation totale de la France le 11 novembre 1942, qui mit fin à l’émigration légale, provoqua le transfert de la direction de l’HICEM de Marseille à Brive-la-Gaillarde (Corrèze) dans un bureau de la synagogue dirigée par le rabbin David Feuerwerker (1912-1980). Les opérations de sauvetage clandestines se poursuivirent vers l’Espagne et la Suisse, la HICEM collaborant aussi avec l’OSE et la Résistance pour venir en aide aux Juifs persécutés. Le contact entre Marseille et Brive fut sans doute établi par Edmond Michelet (1899-1970), catholique appelant à la Résistance dès l’annonce de l’armistice le 17 juin 1940, chef du mouvement Combat en Limousin (région R5), et actif dans les réseaux d’émigration des Juifs, ce qui le mit en relation avec des acteurs importants de l’exfiltration des Juifs dans la cité phocéenne, entre autres le père Joseph Perrin, dominicain du couvent de Marseille, le délégué de la Croix rouge américaine, le Centre américain de secours et Varian Fry. (Jacques Semelin, Persécutions et entraides dans la France occupée, op. cit. pp. 103-104).
C’est ainsi qu’Aleksander Trocki vint s’établir en Corrèze à la fin de 1942 ou au début de l’année 1943, accompagné par son fils Henri et son frère Hirsch Trocki, né en Pologne en 1904. Henri et son oncle auraient résidé à Turenne (Corrèze) avant de rejoindre le maquis AS de la forêt des Saulières (Corrèze), s’engageant ainsi dans la lutte armée. On sait que l’AS avait été fondée par les Mouvements Unis de Résistance dont Combat, le mouvement auquel participait Michelet, était l’une des trois composantes.
Avec 16 de leurs camarades, ils périrent lors de l’attaque allemande du 15 novembre 1943 au hameau de la Besse à Sainte-Féréole (Corrèze). Dans un premier temps, les corps furent inhumées le 17 novembre dans la commune voisine de Donzenac dans laquelle leurs décès furent enregistrés.
Les dépouilles de l’oncle et du neveu furent transférées après la guerre dans la nécropole nationale de Chasseneuil-sur-Bonnieure (Charente), où ils reposent dans une tombe commune, Section 1, Carré E, Rang 19, Tombe 519. Celle-ci est surmontée d’une croix qu’il conviendrait de remplacer par l’étoile de David.
Henri Trotzky obtint la mention Mort pour la France et fut homologué FFI. Son nom est inscrit sur le monument commémoratif du site de la Besse à Sainte-Féréole.


Voir Sainte-Féréole (Corrèze), 15 novembre 1943

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article241986, notice TROTZKY Henri, Marius, Tzvi [écrit aussi TROCKI] par Dominique Tantin , version mise en ligne le 6 août 2021, dernière modification le 30 août 2021.

Par Dominique Tantin

Henri Tzvi Trotzky
Henri Tzvi Trotzky
Crédit : MémorialGenWeb
Sépulture de Henri Tzvi Trotzky et de Hirsch Trocki à Chasseneuil-sur-Bonnieure (Charente)
Sépulture de Henri Tzvi Trotzky et de Hirsch Trocki à Chasseneuil-sur-Bonnieure (Charente)
Crédit : Geneanet

SOURCES : Service historique de la Défense, Vincennes GR 16 P 579076 (nc). — Table annuelle des naissances, Paris, XIVe arr. Archives de Paris en ligne. — Renée Poznanski, Les Juifs en France 1939-1945, Paris, CNRS éditions, 2018. — Jacques Semelin, Persécutions et entraides dans la France occupée, Paris, Seuil-Les Arènes, 2013. —Wendy Koenig, Nancy Rupprecht, Nancy E. Rupprecht, Holocaust Persecution : Responses and Consequences, en ligne, p. 106. — MémorialGenWeb. — Mémoire des Hommes. — Geneanet. — Yad Vashem (feuille de témoignage déposée par Aleksander Trotzky). — CDJC Mémorial de la Shoah. — Mémorial Klarsfeld. — Acte de décès communiqué par Madame Marie-Pierre Bretonnet, Mairie de Donzenac.

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