BOGUD Marcel, Rolland alias Roger

Par Daniel Grason

Né le 2 juin 1920 à Montrouge (Seine, Hauts-de-Seine), mort le 17 octobre 1998 à Montpellier (Hérault) ; employé auxiliaire à la Préfecture de la Seine ; résistant ; déporté à Bergen-Belsen (Allemagne).

Fils d’André, trente ans, mécanicien et de Julia Gringréau, vingt-six ans, journalière, Marcel Bogud fut adopté par la Nation en vertu du jugement du Tribunal civil de la Seine du 18 avril 1923. Il vivait pendant la Seconde Guerre mondiale au 3 rue du Fort à Malakoff (Seine, Hauts-de-Seine), il fut interpellé le 3 mai 1944 par sept inspecteurs de la BS2 des Renseignements généraux. Selon ses déclarations, il militait depuis un mois environ dans cette organisation clandestine.
Fouillé il était porteur d’une carte d’identité en blanc, revêtue de sa photographie, les cachets de la mairie d’Ouzouer-sur-Loire y étaient apposés. Selon ses déclarations, il était membre de l’organisation « Action immédiate » depuis un mois environ. Le 15 juillet 1944, il était dans le convoi de 1 522 hommes à destination du camp du Stuthof en Alsace. Marcel Bogud a été envoyé à une date inconnue au camp de concentration de Bergen-Belsen.
Le 8 décembre 1944, Andrée Redeker, manutentionnaire, demeurant à Malakoff, amie de Marcel Bogud témoigna devant la commission d’épuration de la police. Elle déclara : « Il a été arrêté le 3 mai 1944 alors qu’il se rendait à un rendez-vous aux Buttes-Chaumont. J’ignore le nom de l’inspecteur qui a procédé à son arrestation. Une perquisition a été effectuée à mon domicile au cours de laquelle rien n’a été découvert, je n’ai à me plaindre d’aucun vol. »
« J’ignore si mon fiancé a été maltraité pendant son séjour aux Brigades spéciales, je ne l’ai jamais revu après son arrestation. J’ai su par la suite qu’il avait été amené à Fresnes, mais depuis cette époque, je n’ai jamais eu de ses nouvelles et j’ignore ce qu’il est devenu. »
Le camp de Bergen-Belsen fut libéré par les troupes Britanniques le 15 avril 1945, 35 000 déportés y moururent entre janvier 1945 et la libération du camp. Une épidémie de typhus tua de nombreux déportés. Ils étaient si nombreux que les survivants cohabitèrent avec les morts.
Les britanniques réquisitionnèrent les SS et les soldats de la Wehrmacht pour enterrer les morts. Le 21 mai 1945, les baraquements dont l’hôpital furent incendiés pour enrayer l’épidémie de typhus. Les derniers survivants seront évacués à la fin du mois de mai 1945.
Plus de la moitié des déportés du transport où était Marcel Bogud moururent, matricule 37355 il survécut aux épreuves. Marcel Bogud rentra de déportation. Il épousa le 8 mai 1948 Réjane Irène Farcy en mairie de Brévannes devenu Limeil-Brévannes (Seine, Val-de-Marne).
Il a été homologué au titre de la Résistance intérieure française (RIF), et Déporté interné résistant (DIR).
Marcel Bogud mourut à l’âge de 78 ans le 17 octobre 1998 à Montpellier (Hérault), et son épouse Réjane à 92 ans le 31 janvier 2015 à Viols-le-Fort dans le même département.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article242017, notice BOGUD Marcel, Rolland alias Roger par Daniel Grason, version mise en ligne le 8 août 2021, dernière modification le 8 août 2021.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. PCF carton 8 dossier n° 46, 77 W 3113-293378. – Bureau Résistance GR 16 P 67229. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – Site du Mémorial de la Shoah, « Bergen-Belsen libéré par les Britanniques ». – État civil numérisé AD Hauts-de-Seine Montrouge année 1920 1 E_NUM_MON_N1920 acte n° 181. – État civil site Match ID.

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