AMELIN Edmond

Par Maxime Guillauma

Né le 11 février 1922 à Volnay (Côte-d’Or), caviste et ouvrier champagniseur ; secrétaire des Jeunesses communistes de Beaune en 1945, secrétaire de la section de Beaune de 1947 à 1959, membre du comité fédéral de Côte-d’Or de 1947 à 1962 ; membre de l’Union locale CGT de Beaune (Côte-d’Or) et co-secrétaire du syndicat des Vins et Spiritueux ; conseiller municipal de Beaune (1947-1959), candidat aux élections cantonales des cantons Beaune Nord et Sud de 1949 à 1961.

Edmond Amelin aux élections cantonales de 1949 de Beaune-Nord.

Après le départ de Raymond Piot, et outre le bref passage de Paul Kesteman, c’est Edmond Amelin qui, en 1947, prit les rênes de la section communiste de Beaune. Jeune résistant, c’est à 25 ans qu’il prit cette responsabilité et fut chargé, la même année, de conduire la liste du PCF aux élections municipales, avec succès, récupérant pour lui-même l’un des deux sièges que le PCF avait perdus en 1945. Avant cela, il fit ses classes au sein des Jeunesses communistes à la Libération, étant même secrétaire de la section des Jeunesses communistes de Beaune. Il insuffla à la section beaunoise un nouveau dynamisme : il essaya d’occuper le terrain médiatique, en écrivant de multiples articles diffusés dans le journal de la fédération, L’Avenir de la Côte-d’Or, n’hésitant pas à s’attaquer directement à l’action du maire. De la même manière, il n’hésita pas non plus à porter la contradiction tant au sein d’un Conseil municipal dominé par la droite qu’au sein de réunions pourtant hostiles au parti. Son style fit mouche : aux élections municipales, sa liste et surtout sa candidature progressèrent à chaque élection ; il passa de 481 voix pour lui en 1947 (pour 5247 votants) à 627 voix en 1953 (5400 votants), atteignant même en 1959 les 813 voix (5531 votants), alors même que le suffrage de liste (c’est-à-dire la moyenne des résultats de tous les candidats de la liste communiste) ne dépassa pas les 600 voix. Si son poids, comme celui de sa collègue Lucie Chabaud, fut relativisé par leur rôle d’opposition ultra-minoritaire, leur présence fut tout de même remarquée et n’était pas négligée, le maire Roger Duchet notant dans ses mémoires : « J’ai eu – au temps de la représentation proportionnelle- quelques conseillers communistes. Je dois à la vérité de dire qu’ils ont toujours collaboré avec moi sans hargne. Leurs déclarations étaient quelques fois naïves ; elles étaient souvent pertinentes ».

Au niveau départemental, Edmond Amelin obtint vite une place au sein du comité fédéral, eu égard à son rôle de secrétaire de section. Marcel Harbelot, à l’époque secrétaire de la fédération de Côte-d’Or note pour sa part, rétrospectivement, que : « Edmond Amelin était membre du Bureau Fédéral, conseiller municipal de Beaune, caviste, militant très dévoué et qui avait beaucoup de mérite parce que dans ce conseil, avec une adhérente de l’Union progressiste [Lucie Chabaud] il faisait face à Duchet ». On peut aussi noter sa participation active à la vie nationale du parti, ayant par exemple suivi les cours de l’école centrale du parti sur les travaux municipaux ; on peut aussi noter qu’il figure en 1947 parmi les délégués de la Côte-d’Or au congrès national de Strasbourg du PCF.

Il participa aussi à la vie syndicale de Beaune, en étant membre de l’Union locale à partir de 1949 et en particulier avec le syndicat des Vins et spiritueux qu’il animait aux côtés de Raymond Devigne ; dans ce cadre, il prit part, avec le patronat, aux négociations et à la mise en place des conventions collectives à Beaune pour les ouvriers du vin, ou encore en 1953 afin de lutter contre les nouvelles prestations viniques.

Néanmoins, malgré les progrès constants de ces listes, Edmond Amelin perdit son mandat en 1959, principalement à cause de la nouvelle réforme électorale, qui défavorisait les petites formations politiques, et l’empêcha d’être élu une troisième fois au conseil municipal. Il laissa alors sa place de secrétaire de section à Joël Martin en 1959, semble-t-il à cause de cette défaite. Il quitta Beaune et sa place à la fédération de Côte-d’Or en 1962 pour s’installer en Saône-et-Loire. Marcel Harbelot expliquait ce départ par le fait qu’il « a beaucoup souffert et a même été obligé de quitter Beaune puisque Duchet exerçait des pressions sur les patrons des caves pour ne pas permettre qu’un militant puisse développer les idées du PCF et de la CGT. Il a donc beaucoup milité, mais dans un secteur très difficile ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article242050, notice AMELIN Edmond par Maxime Guillauma, version mise en ligne le 14 août 2021, dernière modification le 16 août 2021.

Par Maxime Guillauma

Edmond Amelin aux élections cantonales de 1949 de Beaune-Nord.

SOURCES : Arch. mun. Beaune KVI élections municipales, 2EP432 Chambre de commerce. — Arch. Dép. Côte-d’Or, surveillance des RG, 1189W293, 295, 298 et 363, Archives de la fédération de Côte-d’Or, 160J1, 160J141. L’Avenir de la Côte-d’Or, 12 mars 1949. — Roger Duchet, La République épinglée, Alain Moreau, France, 1975. — Maxime Guillauma, L’expérience communiste à Beaune de la Libération à l’Union des gauches (1944-1965) : un communisme minoritaire entre défiance locale et appendice d’un phénomène global, Master 2, Université de Bourgogne, Dijon, 2021 — Entretien du 6 août 1993 de Marcel Harbelot avec Eric Coudray, retranscrit dans Eric Coudray , Le courant communiste en Côte d’Or face aux guerres coloniales de 1945 à 1954 (dir. Wolikow Serge), Université de Bourgogne, 1994, tome 2 (annexe) p.10.

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