FONTAINE Louise, Marie

Par Jacques Girault

Née le 27 janvier 1890 à Paris (Xe arr.), morte le 3 décembre 1992 à Vinay (Isère) ; professeure, directrice du lycée Hélène Boucher à Paris ; résistante.

Elle était la fille de Pierre Fontaine, 56 ans, employé de commerce, et d’Anne-Marie Bronne, 42 ans, passementière, habitant rue des Vinaigriers.

Titulaire du brevet supérieur en 1907, Louise Fontaine intégra l’École normale supérieure de Sèvres (lettres) en 1912. Licenciée d’histoire à la Sorbonne, après avoir été admissible en 1912, elle fut reçue en 1913 à l’agrégation d’histoire, alors qu’elle enseignait au collège de jeunes filles de Montbéliard (Doubs) où elle resta jusqu’en 1917. En congé, elle enseigna au Hunter college à New-York de 1917 à 1920, puis bénéficia d’une bourse pour l’Université de Rome en 1920-1921.

Revenue en France, Louise Fontaine fut directrice du collège de Montbéliard de 1921 à 1927. Tous les rapports insistaient sur l’originalité de sa coiffure et de sa toilette. Elle enseignait dans son établissement l’histoire de l’art. Nommé directrice du lycée de jeunes filles de Lyon (1927-1937), elle fut chargée du démarrage du lycée de jeunes filles Hélène-Boucher, cours de Vincennes à Paris, qu’elle dirigea de 1937 à 1955.

Connue pour son engagement en faveur du Front populaire, adhérente de l’association des chefs d’établissements, Louise Fontaine fut relevée de ses fonctions par le ministre en application de la loi du 17 juillet 1940 concernant les personnels d’origine israélite, mais maintenue en place. Dans son lycée, elle aida les résistantes, élèves comme professeurs. Elle fut arrêtée, incarcérée par les Allemands à la prison de Fresnes (26 mai-17 juin 1943), puis libérée. En octobre 1943, Marguerite et Jean Allard s’adressèrent à elle, lui demandant d’inscrire Louise Fligelman, jeune juive polonaise née en 1928, pour l’année scolaire, afin de lui permettre de poursuivre ses études. Après la Libération, Louise Fontaine accueillit Louise Fligelman dans son foyer et devint pratiquement sa mère adoptive.

À la suite d’une pétition et d’une collecte d’élèves en faveur de l’Université de Strasbourg et de la dénonciation faite par un professeur, les élèves procédèrent à une opération de représailles contre ce professeur en janvier 1944. La directrice ne fit pas de rapport. Aussi fut-elle relevée de ses fonctions le 4 mai 1944, puis reclassée comme professeur au lycée Racine. Elle retrouva la direction du lycée Hélène-Boucher, le 20 août 1944.

Elle prit sa retraite en 1955, après avoir marqué le lycée de son empreinte. Une salle porte son nom.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article24208, notice FONTAINE Louise, Marie par Jacques Girault, version mise en ligne le 10 janvier 2009, dernière modification le 1er août 2021.

Par Jacques Girault

SOURCE : Arch. Nat., F/17 26496.— AJPN anonymes, justes et persécutés durant la période nazie dans les communes de France, 18/11/2019. — Mémoire de maîtrise d’histoire de Guillaume Neel, Un lycée de jeunes filles pendant la période 1939-1945 ; plaquette éditée pour le cinquantenaire du lycée – 1937-1987 – par Mme Ménard, Documentaliste, et M. Leconte, Censeur. — Arch. état civil Paris. — Notes d’Alain Dalançon.

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