EGGENSCHWILER Pierre, Charles [dit EGGENS, dit DUCOS, dit RÉGNIER]

Par Louis Bonnel

Né le 13 février 1918 à Colombes (Seine, Hauts-de-Seine), mort le 15 novembre 1997 à Colombes ; tourneur sur métaux ; communiste puis oppositionnel de gauche.

Le père de Pierre Eggenschwiler était un modeste artisan mécanicien (tourneur ajusteur sur l’acte de naissance) et sympathisant du Parti socialiste (SFIO). Sa mère était femme de ménage. Il préféra quant à lui, une organisation plus à gauche et choisit d’adhérer en octobre 1932 à la cellule de Colombes des Jeunesses communistes dont il devint le secrétaire en 1934. À cette date, il était également secrétaire du comité national de la Jeunesse contre la guerre et le fascisme de Colombes.
Hostile à « l’abandon de l’internationalisme » par les Jeunesses communistes, il en fut exclu sous l’accusation de trotskysme en septembre 1935. Constatant que les Jeunesses socialistes de la Seine avec leur mensuel Révolution avaient adopté des positions nettement révolutionnaires, il décida une semaine après son exclusion des Jeunesses communistes, d’adhérer au groupe de Colombes des Jeunesses socialistes.

La Fédération de la Seine, appuyée par des Fédérations de province, refusant de se plier aux injonctions du Parti socialiste (SFIO) décida en janvier 1936 de créer la Jeunesse socialiste révolutionnaire (JSR). Il devint dès l’origine de cette nouvelle organisation, membre de son Comité central et fut toujours réélu par les congrès suivants.
Bien que le congrès de novembre 1938, ait rejeté l’adhésion individuelle de ses membres aux Jeunesses socialistes ouvrières et paysannes (JSOP), il décida de passer outre et adhéra dès la constitution du groupe de Colombes en mars 1939. Il milita dans la tendance qui publiait La Voie de Lénine.

En pleine occupation allemande, il participa activement à la direction de la grève du personnel de l’usine Chenard et Walker à Gennevilliers (Seine, Hauts-de-Seine) en novembre 1942. Pendant l’hiver 1943-1944, Eggenschwiler reprit contact avec le Parti ouvrier internationaliste. Il participa avec une quinzaine de travailleurs à l’occupation de l’usine Hispano-Suiza à Bois-Colombes (Seine, Hauts-de-Seine) au moment de l’approche des armées alliées en août 1944.

Membre du Parti communiste internationaliste en 1945, il le quitta fin 1946 à la disparition de la cellule de Colombes-Argenteuil puis adhéra en 1955 à la section de Colombes de la Nouvelle Gauche, qui devint l’Union de la gauche socialiste (UGS) par la fusion avec le Mouvement de libération du peuple (MLP) et la majorité de la Jeune République au congrès des 7 et 8 décembre 1957 à Paris. Réembauché à l’usine Hispano-Suiza, il se consacra largement à l’activité de la CGT dans l’entreprise. Il fut secrétaire de la section syndicale de son secteur de janvier 1958 à juin 1966 et membre du bureau du syndicat de l’usine de mars 1957 à avril 1964. « Tourisme et travail » lui confia la direction, à titre bénévole, du centre de vacances populaires de l’île de Ré de 1962 à 1966.

Délégué au congrès du 3 avril 1960 d’Issy-les-Moulineaux où fut créé le Parti socialiste unifié par la fusion du Parti socialiste autonome et l’Union de la gauche socialiste, il devint secrétaire de la section de Colombes d’avril 1960 à janvier 1963 puis secrétaire de la Fédération des Hauts-de-Seine de 1969 à 1972. Il joua un rôle important en 1968 dans la constitution de nombreux groupes PSU dans les entreprises.
Élu membre du conseil national au congrès de Lille en 1971, il devint membre du bureau politique en décembre 1974. D’autre part, il dirigeait depuis 1977 la commission chargée des problèmes concernant les travailleurs immigrés. Il décida en 1981, pour des raisons de santé, de ne pas demander le renouvellement de son mandat au prochain congrès.
Il s’était marié en avril 1938 à Colombes avec Yvonne Mazières.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article24229, notice EGGENSCHWILER Pierre, Charles [dit EGGENS, dit DUCOS, dit RÉGNIER] par Louis Bonnel, version mise en ligne le 13 janvier 2009, dernière modification le 16 février 2010.

Par Louis Bonnel

ŒUVRE : Ouvriers face aux appareils. Une expérience militante chez Hispano-Suiza, Paris, Maspero, 1970.

SOURCES : Arch. PPo., carton 45. — Révolution, 23 et 28 février 1936, 15 juillet 1937. — La Lutte ouvrière, 1936-1937. — Yvan Craipeau, Le Mouvement trotskyste en France, Paris, 1971. — Témoignage de l’intéressé.— État civil de Colombes.

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