FROSSARD Odette [épouse ROMAIN]

Par Jean-Louis Romain

Née le 1er août 1918 à Mandeure (Doubs), morte le 20 juin 2008 à Belfort ; militante du PC et de la CGT aux Cycles Peugeot de Beaulieu-Mandeure (Doubs) de 1934 à 1937 ; secrétaire départementale de l’Union des Femmes Françaises du Doubs ; membre du PCF clandestin dans le Pays de Montbéliard ; arrêtée et internée à Écrouves (Meurthe-et-Moselle) de septembre 1942 à septembre 1943 ; après son évasion, agent de liaison FTPF dans les Landes et en Charente-Maritime ; lieutenant FTPF.

Odette Frosard
Odette Frosard
[Coll. privée Jean-Louis Romain]

Odette Frossard naquit dans une famille ouvrière du fief Peugeot. Son père Henri Frossard, qu’elle avait peu connu, décédé en 1923, libre penseur, était ouvrier chez Japy. Sa mère, Louise Jacot était ouvrière à Sochaux. À seize ans, comme toutes les filles de Beaulieu, elle fut embauchée à l’atelier « des roues » de l’usine des cycles Peugeot. Elle milita à la CGT, participa aux grèves de 1936 et aux actions de soutien à la République espagnole. Licenciée des cycles Peugeot pour son action politique et syndicale en novembre 1938, elle retrouva un emploi à l’usine Robert d’Etupes. En 1941-1942, elle participa aux diffusions clandestines de tracts du PCF sur le Pays de Montbéliard.

En septembre 1942, sur décision préfectorale, la police française procéda à une rafle des militants communistes fichés depuis 1938 (pour prévenir les manifestations envisagées par le PCF à l’occasion du 150e anniversaire de la bataille de Valmy) . Arrêtée, avec son frère aîné Louis, Odette fut internée au camp d’Écrouves. Celui-ci, situé à côté de Toul, en Meurthe-et-Moselle était une prison sous administration française qui servait aussi de camp de transit pour les juifs destinés aux camps d’extermination nazis. Au bout d’un an de détention, elle s’évada en compagnie d’une amie juive, Madeleine Lang. Elle reprit contact avec le PCF clandestin qui l’affecta comme agent de liaison dans le Sud-Ouest. Dans la région de Bordeaux et les Landes, elle fut, sous le pseudonyme de Claudine Richard, rattachée au Front national pendant huit mois puis devint responsable d’un maquis. Elle était alors Yvonne Moulin. Au moment de la Libération, elle était en Charente-Maritime et responsable d’un groupe, elle participa à la libération de Saintes.

Revenue en décembre 1944 dans le Doubs, elle épousa André Romain* en décembre 1945.

En 1946, Odette Romain fut intégrée à l’équipe qui mit en place la caisse primaire de Sécurité sociale de Montbéliard sous la houlette de militants belfortains, notamment Émilienne Sarazin et Marcel Marty qu’Odette connaissait depuis Écrouves.

Elle fut candidate du PCF dans le Territoire de Belfort aux législatives de juin 1946, avec Fernand Bainier.

À partir de 1947, elle demanda à être mutée à la CPAM de Belfort où elle passa sa carrière professionnelle qu’elle termina en 1978 comme secrétaire administrative de la clinique dentaire.

Odette Frossard était mère d’un enfant.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article24258, notice FROSSARD Odette [épouse ROMAIN] par Jean-Louis Romain, version mise en ligne le 13 janvier 2009, dernière modification le 16 octobre 2019.

Par Jean-Louis Romain

Odette Frosard
Odette Frosard
[Coll. privée Jean-Louis Romain]

SOURCES : Archives familiales. — Archives PCF du Doubs. — Association Mémoire de la Résistance dans le Doubs, La Résistance dans le Doubs, AERI, 2007 (fiche rédigée par Myriam Autard). — Témoignage.

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