FOIN Roger, Louis, Georges [Pseudonyme : FONTAINE]

Par Daniel Grason

Né le 18 février 1907 à Paris (XIVe arr.), mort le 21 avril 1988 à Créteil (Val-de-Marne) ; ajusteur mécanicien ; communiste ; responsable politique régional ; déporté.

Fils de Georges Auguste et de Georgette Henriette Lélouard, Roger Foin fut adopté par la Nation le 22 mai 1910 (jugement du 22 mai 1910). Il était titulaire du CEP. Il épousa le 17 juillet 1930 à Paris Simonne Vanheren. Le couple était sans enfant. De la classe 1927, il a été rappelé en septembre 1939, et démobilisé en août 1940. Ils habitaient 53, rue de l’Ouest à Paris (XIVe arr.). Il adhéra au Parti communiste en 1937, milita à la cellule d’entreprise des Établissements Breguet, il était le secrétaire de la cellule communiste. Après l’échec de la grève nationale du 30 novembre 1938, il fut licencié en raison de son activité politique.
Il travailla comme ajusteur à la Compagnie Générale des Voitures, aux ateliers d’Aubervilliers (Seine, Seine-Saint-Denis), il continua à militer. Mobilisé, il perdit le contact avec l’organisation. Après sa démobilisation, il rencontra fin août 1940, un militant qu’il connaissait et qui se faisait appeler "Jacques". Il le sollicita pour entrer dans l’organisation clandestine, il accepta par « convictions », et « par manque de travail », ce qui lui laissait du temps pour militer.
En février 1941, il retrouva du travail sur un chantier allemand à Pontoise. Il coupa avec le Parti tout en revoyant "Jacques" de temps en temps. Il entra aux établissements Caudron-Renault, comme ajusteur. Dans cette usine, il reprenait le contact avec l’organisation qui comptait trois cellules communistes d’atelier.
Il fit l’objet d’une enquête de la police le 1er octobre 1941, elle s’était avérée infructueuse. Il vivait sous le nom de Fontaine au 201 avenue de Choisy à Paris (XIIIe arr.). Il était le responsable politique régional du Parti communiste clandestin, et avait été vu avec Henri Guilbert et Jean Gilardet. En avril 1942, il quitta Caudron et devint le responsable politique régional de la région P 5.
Il fut interpellé le 19 octobre 1942 par des inspecteurs de la BS1 des Renseignements généraux, en même temps que Roger Vedie. Son arrestation était le résultat des filatures de Guilbert, de Gilardet et d’autres militants. Fouillé il était porteur d’un rapport relatant les observations qu’il avait faites lors des surveillances dont il avait été l’objet. Des listes se rapportant à son activité clandestine furent également saisies, ainsi qu’un engagement de location qui concernait son domicile illégal. Dans son logement de l’avenue de Choisy les policiers saisissaient des documents sur son activité clandestine.
Interrogé par des inspecteurs, il déclara qu’il n’exerçait plus d’activité salarié depuis mai 1942, et qu’il vivait d’une indemnité de 2 000 francs par mois que lui versait l’organisation clandestine. Il était le responsable politique régional du Parti communiste clandestin. Il déclara avoir été pressenti par "Pajot" pour accéder à cette responsabilité. Il le connaissait depuis son embauche chez Caudron. Il militait avec "Edmond", responsable aux masses, et "Michel" responsable à l’organisation de la région P 5 ce qui correspondait à l’ancienne affectation Paris-Sud.
Les policiers lui demandèrent s’il avait connaissance de la programmation de prises de parole à la sortie des usines. Il répondit avoir eu connaissance de l’organisation d’une prise de parole à la sortie des Compteurs de Montrouge, indiqua que 1 500 tracts avaient été distribués. Il déclara : « Il est exact qu’une dizaine d’autres entreprises devaient recevoir la visite d’une équipe de distribution de tracts à la sortie des ouvriers. Ceci n’eut pas lieu, le matériel nécessaire n’étant pas parvenu à temps ».
Un policier insista « D’autres manifestations de ce genre sont-elles prévues ? » Il répondit : « À ma connaissance rien n’est prévu aux abords des usines pour l’instant. » Les photographies de Guilbert et de Gilardet lui furent présentées, il les connaissait sous les prénoms de "Michel" et d’"Edmond". Il fut interrogé sur tous les papiers saisis à son domicile : des rendez-vous, un projet de tract « Contre les réquisitions, un rapport manuscrit sur les filatures exercées à l’encontre des membres de l’Organisation spéciale, un engagement de location au nom de Robert Fontaine pour une chambre et une cuisine dans l’immeuble du 201, avenue de Choisy à Paris. Roger Foin répondit posément à toutes les questions.
Il eut à répondre sur un rapport de filatures qu’il écrivit et de deux noms de FTP "Andrieux" et "Gilbert". Le premier était « un ancien camarade de chez Caudron, responsable actuellement d’une autre région » avec qui il n’avait « aucun contact ». Quant à Gilbert, il était « le responsable actuel aux masses du secteur 3 de la région P 5 ». D’autres papiers saisis concernaient "Edmond" qui n’était autre que Gilardet, qui avait été arrêté.
Les policiers lui présentèrent les photographies de Raymond Bressler adjoint du commissaire politique et de Lucien Trégaut, commissaire politique. Tous les deux étaient déjà arrêtés. Les papiers de la trésorerie avaient également été saisis. Un inspecteur lui demanda d’indiquer « la provenance des sommes dont la totalité paraît assez importante. » Roger Foin répondit posément : « La caisse était alimentée en partie du produit de cotisations, des souscriptions et dons divers. Je percevais malgré tout, de l’inter-région une subvention qui variait selon les besoins ».
Il lui a été demandé d’indiquer « les dépôts de matériel ou à défaut l’imprimeur subventionné par le parti pour le tirage des tracts nécessaires à la cause ». Il répondit posément : « Je ne puis donner aucune indication à ce sujet ».
Le 24 janvier 1943, il était dans un convoi de 1557 hommes à destination de Sachsenhausen en Allemagne, il a été envoyé à Spee. Matricule 59003, il a été libéré en avril 1945 par l’armée Rouge, et rapatrié.
Le couple Foin divorça, par jugement rendu par le tribunal civil de la Seine le 22 juillet 1946, il épousa le 3 avril 1948 Julia Angèle Delbos en mairie du XIVe arrondissement. Il mourut à l’âge de 81 ans le 21 avril 1988 à Créteil (Val-de-Marne).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article242808, notice FOIN Roger, Louis, Georges [Pseudonyme : FONTAINE] par Daniel Grason, version mise en ligne le 27 septembre 2021, dernière modification le 27 septembre 2021.

Par Daniel Grason

SOURCES : AN Z-4-78 dossier 531. – Arch. PPo. 77 W 3113-294396, GB 151. – État civil numérisé Paris XIVe arrondissement 14N 398 acte n° 1542.

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