JUSTITZ Erich

Par Gilbert Beaubatie

Né le 14 (ou 19) janvier 1910 ou le 24 mai 1912 à Novy Bohumin (Empire austro-hongrois, Tchécoslovaquie, République Tchèque) ; tué par un obus de char allemand, le 9 juin 1944, à Beaulieu-sur-Dordogne (Corrèze) ; membre de l’Armée secrète (A.S.) ; inhumé au cimetière israélite de Strasbourg.

Erich Justitz avait quitté son pays natal, la Tchécoslovaquie, en 1938, avec l’intention de se rendre en Palestine. Mais à la suite de l’invasion de la Pologne par les troupes allemandes et la « re-création » en France d’une armée tchécoslovaque, il s’était engagé au combat dans les départements de l’Aube et de la Seine-et-Marne (début juin 1940), avant de se replier dans la zone libre et gagner un Centre d’aide tchécoslovaque, installé à Lapeyre, commune de Camps (Corrèze). Mais le 19 mars 1944, une « opération massive », dirigée par la Gestapo avec l’aide de la Milice, s’e termina par le pillage et le saccage des fermes occupées.
Erich Justitz, qui « nourrissait de véritables sentiments patriotiques et d’admiration [pour la France], qu’il considérait comme sa vraie patrie », décida de continuer le combat, d’abord au sein d’un groupe de résistants clandestins, installé à Roubeyroux (commune de Reygade, Corrèze), puis d’un camp de maquisards, dans la commune de Camps, plus précisément dans la section tchèque, commandée par Louis Manicek – section qui se vit confier, le 9 juin 1944, l’opération d’embuscade afin d’empêcher un détachement de la Division Das Reich d’emprunter le pont d’Altillac-Beaulieu, sur la rivière Dordogne.
Malheureusement, au moment du repli, le servant du fusil-mitrailleur Erich Justitz, alias Lauger, fut atteint par un obus de 88 tiré depuis un char Tigre. Une fois le combat terminé, une infirmière de la Croix-Rouge, Denise Bussière, releva les « restes », qui furent déposés dans une caisse à la morgue de l’hospice de Beaulieu (Beaulieu-sur-Dordogne, Corrèze), et le lendemain, vers 14 h 30, transférés au cimetière.
Le 6 juin 1945, un pèlerinage sur la tombe fut organisé par la colonie tchécoslovaque de Corrèze et des représentants de la Résistance à Beaulieu.
Au mois d’octobre 1958, l’inhumation définitive fut effectuée à Strasbourg, dans le cimetière israélite de Cronenbourg, avec la mention « Mort pour la France ».
Le 18 septembre 2021, à l’endroit où Erich Justitz fut frappé à mort, une cérémonie de dévoilement d’une plaque a eu lieu :
LA VILLE DE BEAULIEU
AU CAMARADE TCHEQUE
ERICH JUSTITZ
TOMBE ICI POUR LA LIBERTE
LE 9 JUIN 1944

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article242829, notice JUSTITZ Erich par Gilbert Beaubatie, version mise en ligne le 29 septembre 2021, dernière modification le 29 septembre 2021.

Par Gilbert Beaubatie

SOURCES : AVCC Caen, AC 21 P 59749 (nc). — Guy Penaud, La Das Reich, 2e SS Panzer Division, Périgueux, édition La Lauze, 2005, page 514. — Pomme Labrousse, « Ce mystérieux Tchèque tombé à Beaulieu », La Montagne, 17 septembre 2021. — surtout Laurent Chassaing, « Contribution à l’histoire. Erich JUSTITZ « Mort pour la France » à Beaulieu-sur-Dordogne le 9 juin. Lapeyre : une « colonie » tchécoslovaque en Basse-Corrèze 1942-1944 » ; et le texte de son allocution prononcée le 18 septembre 2021 à Beaulieu. — Mémoire des hommes.

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