ELEK Hélène

Par Claude Pennetier

Résistante ; militante communiste hongroise vivant à Paris.

Émigrés politiques hongrois qui avaient vécu la Commune de Budapest, les Elek arrivèrent à Paris en avril 1930 avec leur fils Tamàs (Thomas Elek*), né à Budapest le 7 décembre 1924. Sandor Elek, qui parlait six langues, avait été correspondant étranger dans une fabrique de textile. Il ne trouva pas d’emploi équivalent en France, et, après avoir fait divers petits métiers, il ouvrit avec sa femme un restaurant dans le Ve arr. Cet établissement fut fréquenté par les étudiants originaires d’Europe de l’Est, les émigrés politiques, les combattants des Brigades internationales en transit à Paris. Le couple adhérait au Parti communiste hongrois. Hélène Elek fréquentait les milieux communistes, militait au Secours rouge, au Comité Amsterdam-Pleyel et dans les organisations d’aide à l’Espagne républicaine. Son mari perdit confiance dans l’Union soviétique à partir des procès de Moscou de 1937. Leur fils aîné, Thomas, lycéen, partageait les mêmes réserves et ne militait pas aux Jeunesses communistes.

Pendant la guerre, Hélène collabora activement avec la Résistance (ravitaillement des Résistants, « planques »…) tandis que son fils Thomas entrait dans le groupe Manouchian et participait à plusieurs dizaines d’actions pendant l’été 1943. Il fut arrêté le 21 novembre 1943, figura au procès des 23 et fut fusillé le 21 février 1944. Son portrait apparut sur « l’Affiche rouge ».

Porté par l’esprit de la Résistance, le couple Elek prit la carte du Parti communiste français en 1948. Mais, choqués par l’affaire Marty-Tillon, l’évolution des « démocraties populaires » et en particulier de la Hongrie où Hélène se rendit à plusieurs reprises (elle y était considérée comme la mère d’un héros national), ils s’éloignèrent du PCF et connurent par l’intermédiaire de leurs deux autres enfants, Bela et Marthe, « l’esprit de mai 1968 ». Sandor mourut en 1969. Hélène Elek, remarquable conteuse, livra au magnétophone, en 1974, le récit de sa vie. La sensibilité, la franchise, la portée historique du document intéressèrent l’éditeur François Maspero. La mémoire d’Hélène parut en 1977 dans la collection « Mémoire du peuple ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article24287, notice ELEK Hélène par Claude Pennetier, version mise en ligne le 17 janvier 2009, dernière modification le 28 juillet 2021.

Par Claude Pennetier

SOURCES : Hélène Elek, La mémoire d’Hélène, Paris, 1977. — Pages de gloire des 23, Éd. CFDI, 1951. — David Diamant, Combattants, héros et martyrs de la Résistance, Paris, Éditions Renouveau, 1984, p. 172, 180, 181.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément