SIMONETTO Henriette, Philippine [née REICHERT]

Par Jean-François Lassagne

Née le 1erjanvier 1931 à Algrange (Moselle), morte le 27 septembre 2004 ; inspectrice commerciale ; militante communiste ; responsable de l’Union des Femmes Françaises ; militante de la CGT ; maire d’Algrange de 1977 à 1995 ; conseillère générale de Moselle de 1992 à 1998 ;

Henriette Simonetto

Né le 20 février 1892 à Knutange (Kneuttingen en Lorraine annexée) son père Christian Reichert était journalier. Sa mère Marguerite, née Rapp le 10 décembre 1892 à Algrange (Algringen en Lorraine annexée) était laitière. Membre du groupe de résistance Mario créé en Moselle annexée par l’instituteur communiste Jean Burger, elle fut arrêtée le 26 avril 1944, internée au fort de Queuleu à Metz, puis transférée au camp de Schirmeck en Alsace annexée. Déportée politique. Membre de l’Union des Femmes Françaises, elle fut élue en 1945 conseillère municipale sur la liste de Frédéric Schultz, puis réélue en 1947 et en 1953. Elle mourut en 1965. Née le 1er janvier 1931, leur fille Henriette Reichert s’engagea dès ses 18 ans au Parti communiste à Algrange, la « Cité aux quatre mines » (de fer) de la vallée de la Fensch et le 28 juin 1952 elle épousa Jean Antoine Simonetto, mineur militant de la CGT, qui était né le 18 juin 1931 à Florange (Moselle). Ainé d’une famille de cinq enfants, il devint mineur à la mine Burbach comme son père le fut lui-même. Il était ancien champion de Lorraine de boxe dans les années 50 au sein de l’Union Sportive du Tournebride Hayange (U.S.T.H.). Il fut par la suite pour la première fois élu délégué mineur à Burbach avec 100% des voix lors des élections le 7 juin 1967, la CGT obtenant au total 91.5% des voix au groupement n°3. Il mourut le 27 mai 2002 à Kerbach (Moselle). Militante syndicale affirmée à la CGT, Henriette Simonetto fut élue avec Julienne Caro co-présidente du Comité régional d’action des femmes de mineurs pour la défense du bassin ferrifère, lors de sa création qui eut lieu le 21 juin 1963 à Auboué (Meurthe-et-Moselle) en présence de 350 déléguées venues de toutes les localités minières, dans le prolongement de la grande grève des mineurs de 1963. Devenue responsable de l’Union des Femmes Françaises à Algrange, elle était de toutes les luttes et militait aux puits et dans la cité distribuant tracts et journaux aux côtés de son mari. Le couple dut affronter un terrible événement avec la tragique disparition accidentelle de leurs deux enfants Gilda (16 ans) et Robert (13 ans) durant leurs vacances en juin 1969.
Elle fut en tête de la liste communiste aux élections municipales de 1965, opposée à celle de l’Union républicaine et d’entente communale de Frédéric Schulz qui fut élu au premier tour avec 82,85% des voix. Il fut réélu en 1971 avec 74,79% contre la liste communiste menée par Robert Krau. Aux élections municipales du 13 mars 1977, trois listes furent en présence, celle du Parti communiste conduite par Henriette Simonetto, celle du Parti socialiste conduite par Fernand Zilliox, et la liste de l’Union républicaine conduite par Frédéric Schulz qui arriva en tête devant les listes socialiste et communiste. Au second tour ces deux dernières firent une liste commune emmenée par Ferdinand Zilliox, laquelle gagna l’élection avec 1957 voix contre 1702 à la liste Frédéric Schulz, PS et PCF obtenant 11 conseillers chacun. Lors de l’élection du maire le 25 mars deux candidats se déclarèrent, Henriette Simonetto et Ferdinand Zilliox, et la voix prépondérante fut donnée par le Président de séance, Godefroy Lapsien à Henriette Simonetto qui fut donc élue maire.
Les élections du 6 mars 1983 placèrent la maire sortante en tête avec 1647 voix et 49,1 %, puis 1764 et 50,3% des voix au second tour le 13 mars, obtenant 22 des 29 conseillers élus, contre 2 élus pour le Parti socialiste et 5 pour la liste sans étiquette.
Trois listes furent également en présence aux élections de 1989. Au premier tour le 12 mars, la liste communiste d’Henriette Simonetto arriva en tête avec 1494 voix et 44,48%, contre 658 voix, soit 19,63% pour la liste socialiste menée par Marc Berthod, et 1199 voix, soit 35,8 % pour la liste « Algrange Autrement » de Nicolas Gavrilof. Le second tour du 19 mars vit le succès de la liste communiste avec 1603 voix et 45,50% des suffrages et 21 élus, devant Nicolas Gavriloff qui obtint 1401 voix soit 39,76 % et 6 élus et Marc Berthod obtint 519 voix soit 14,73 % et 2 élus.
Aux élections cantonales de 1992 Henriette Simonetto porta la candidature du Parti communiste dans le canton d’Algrange, et obtint 1870 voix et 24,36% au premier tour le 22 mars, devant le candidat du Parti socialiste André Pauly avec 1525 et 19,86% et cinq autres candidats. Au second tour le 29 mars elle fut élue avec 3030 voix et 51,94%, devant André Pauly avec 2804 voix et 48,06%.
Elle fut la maire d’une ville de mineurs où vivaient des familles de diverses origines, française bien sûr, mais aussi allemande (durant la première annexion cette population y devint majoritaire à 79%), italienne, polonaise et maghrébine. Les 4 mines fermèrent les unes après les autres, la dernière en 1982. Le 3 décembre 1989, elle inaugura la grande fresque murale de Greg Gawra qui retrace l’évolution des conditions de travail dans les mines de fer, et où sont représentés hommes et femmes qui vinrent y travailler.
Elle accueillit plusieurs fois le 1er mai à Algrange la fête du Sous-sol lorrain le journal de la Fédération régionale de la CGT des mineurs de fer et de sel de Lorraine . Fondatrice avec son compagnon Raymond Erz, présidente et animatrice du club l’Amitié durant plus de 18 ans, elle était également présidente d’honneur de l’amicale des donneurs de sang et des sapeurs-pompiers.
En 1995 elle annonça qu’elle ne souhaitait pas briguer un nouveau mandat municipal. A l’issue de son mandat de conseillère générale Henriette Simonetto se retira de la vie politique. Vaincue par la maladie elle mourut le 27 septembre 2004.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article243018, notice SIMONETTO Henriette, Philippine [née REICHERT] par Jean-François Lassagne, version mise en ligne le 12 octobre 2021, dernière modification le 14 octobre 2021.

Par Jean-François Lassagne

Henriette Simonetto

Sources : Archives départementales de Moselle _ Archives de la Fédération de Moselle du Parti communiste _ Le Sous-Sol lorrain : mars 1963, juin 1967, octobre 2004. _Site internet le blog de Roland Algrange d’hier à aujourd’hui_ Le groupe Mario, une page de la Résistance Lorraine du docteur Léon Burger, imprimerie Louis Hellenbrand, Metz, 1985.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément