FABER Nicolas

Par Jean-François Lassagne

Né le 10 janvier 1903 à Consdorf (Luxembourg), mort le 3 mars 1945 à Dachau ; sidérurgiste à l’UCPMI d’Hagondange (Moselle) ; militant communiste ; membre du groupe de résistance Mario ; arrêté par la Gestapo ; déporté au camp de Natzweiler-Struthof, puis à Dachau.

Venu du Luxembourg où il était né, Nicolas Faber travailla aux services des laminoirs à l’usine sidérurgique de l’Union des Consommateurs de Produits Métallurgiques et Industriels d’Hagondange (UCPMI), usine qui fut à l’origine créée par Thyssen et mise en service en 1912 durant la première annexion. Le 16 janvier 1922 il épousa à Maizières-lès-Metz Anna Lamm qui était née le 7 mai 1904 à Amnéville (Lorraine annexée), et qui mourut le 27 février 1956 à Marange-Silvange (Moselle). Elle était la sœur de Paul Lamm militant communiste qui devint maire d’Hagondange. Le couple vécut rue de la Liberté à Hagondange et eut 5 enfants. Naturalisé Français le 27 mars 1940, il intégra le groupe de résistance Mario créé par l’instituteur communiste Jean Burger et dont les membres étaient recrutés majoritairement parmi les sidérurgistes, les mineurs et les cheminots. Chargé de la distribution de tracts et de journaux clandestins, de la propagande anti-nazi, il organisa le sabotage de la production allemande au service des laminoirs. Blocages des tours à cylindres, arrêts fréquents du train n° 400 après détérioration du matériel, brouillages et négligences dans le travail provoquant la sortie de profils déséquilibrés, limitèrent ainsi l’envoi des commandes destinées à la fabrication du matériel de guerre allemand. Il venait aussi en aide aux prisonniers de guerre français évadés, leur permettant de passer la frontière franco-allemande. Il aida également les réfractaires de la Wehrmacht et les clandestins du groupe.
Probablement sur dénonciation, il fut arrêté le 25 février 1944 par le Kommando Käppel de la Gestapo de Metz sur son lieu de travail à Hagondange, avec 10 autres résistants. Militant communiste et membre du groupe FTPF Mario, il fut transféré au sinistre fort de Queuleu à Metz, où il dut subir interrogatoires et tortures. Le 20 mai 1944 il fut transféré au camp de concentration de Natzweiler-Struthof sur ordre du SIPO (Sicherheitspolizei : « Police de sûreté »). Matricule 15033, catégorie Shutzhaft (mise en détention) avant transfert dans les camps de concentration), il fut affecté au service du courrier du camp avant son départ pour Dachau le 9 juin 1944 où il arriva le 11. Matricule 70117, affecté au block 2 puis 10/4, il fut détaché pour travailler au dépôt de chemin de fer de Munich-Freimann. Sa dernière lettre datait du 20 aout 1944. A la suite de sous-alimentation, il tomba malade début février 1945, et ne reçut d’abord aucun soin, avant d’être soigné à l’infirmerie des détenus pour un œdème pulmonaire, une bronchite chronique et une néphrite. Son décès fut attesté le 3 mars 1945, et il fut incinéré au four crématoire de Dachau le 4 mars.
Son état de services fut reconnu du 1er décembre 1943 au 3 mars 1945. Il fut homologué Résistance Intérieure Française (RIF) le 26 juillet 1950, élevé au grade de sergent par décret le 18 décembre 1950, reconnu « Mort pour la France » le 3 octobre 1950, puis « Mort en déportation » par arrêté du 26 juillet 1989.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article243020, notice FABER Nicolas par Jean-François Lassagne, version mise en ligne le 12 novembre 2021, dernière modification le 12 novembre 2021.

Par Jean-François Lassagne

Sources. Archives familiales transmises par madame Evelyne Thill, petite fille de Anne Lamm—Arrêté du 26 juillet 1989 du secrétariat d’Etat chargé des anciens combattant et des victimes de guerres, page 12971—Rapport du commissariat de police d’Hagondange—témoignages de messieurs Charles Geissert et Albert Burck_Le groupe « Mario » une page de la Résistance Lorraine du docteur Léon Burger, imprimerie Louis Hellenbrand Metz, 1985.

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