PELÉ Germaine, Angèle née POIRIER

Par Daniel Grason

Née le 15 février 1905 à Paris (XXe arr.), morte le 17 avril 2000 à Beuvry (Pas-de-Calais) ; manutentionnaire, ouvrière sur machine ; communiste ; internée à la caserne des Tourelles à Paris (XXe arr.).

Fille de François Florentin, vingt-huit ans et de Clémentine Marie Léonie Baroin, vingt-huit ans, Germaine Pelé vivait 17 rue Louis Gaillet à Gentilly (Seine, Val-de-Marne). Elle épousa le 9 août 1930 Henri Pelé dont elle divorça le 29 octobre 1943. Elle travaillait aux usines Sanders à Gentilly.
Les policiers remarquèrent qu’elle hébergeait Jean Gilardet, un militant communiste connu. Le 15 octobre 1942, trois inspecteurs de la BS1 des Renseignements généraux se présentaient à son domicile de Germaine Pelé
Au cours de la perquisition les policiers découvraient dans un meuble de sa chambre à coucher l’accès un manuscrit portant des indications relatives à l’activité communiste clandestine. Elle ne donna aucune explication sur cette découverte. Elle a été inculpée d’infraction au décret du 26 septembre 1939.
Emmenée dans les locaux des Brigades spéciales pour y être interrogée, elle déclara n’avoir jamais appartenu à aucun Parti politique. L’un des inspecteurs lui fit remarquer qu’Henri Pelé travaillait également chez Sanders et qu’il avait interrompu toute activité salariée depuis deux mois et demi.
Elle affirma qu’il n’avait jamais tenu avec elle de propos se rapportant à une activité politique. De plus sur le document saisi figurait des indications relatives à l’activité communiste clandestine. Elle répondit « Je ne puis donner aucun renseignement au sujet de ce document ».
Emprisonnée, elle a ensuite été internée le 11 février 1943 à la caserne des Tourelles à Paris (XXe arr.). Elle fut libérée le 17 août 1944. Le 10 septembre 1945, elle épousa Jean Jacques Émile Gilardet en mairie de Massy (Seine-et-Oise, Essonne).
Elle témoigna le 22 mars 1945 devant la commission rogatoire, elle reconnue sur photographie l’un des inspecteurs qui l’arrêta. Rien n’a été dérobé lors de la perquisition. Elle fut détenue six jours dans la salle n° 502 à la Préfecture de police. « Je n’ai pas été maltraitée » déclara-t-elle.
Elle déposa plainte contre les inspecteurs qui arrêtèrent son ami Jean Gilardet déporté à Buchenwald (Allemagne).
Elle a été homologuée au titre de la Résistance intérieure française (RIF).
Elle divorça de Jean Gilardet, le jugement a été rendu le 21 décembre 1964 par le Tribunal de grande instance de Corbeil-Essonnes.
Germaine Poirier mourut le 17 avril 2000 à l’âge de 95 ans à Beuvry arrondissement de Béthune dans le Pas-de-Calais.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article243113, notice PELÉ Germaine, Angèle née POIRIER par Daniel Grason, version mise en ligne le 13 octobre 2021, dernière modification le 14 octobre 2021.

Par Daniel Grason

SOURCES : AN Z/4/78 dossier 531. – Arch. PPo. GB 68 (affaire Gilardet et autres). – Arch. PPo. 77 W 3113-294396. – Un camp d’internement en plein Paris : Les Tourelles 1940-1945, Louis Poulhès, Éd. Atlande, 2019. – Bureau Résistance GR 16 P 483519 Poirier épouse Gilardet ex. Pelé Germaine. – État civil numérisé Paris 20e 20 N 244 acte n° 566.

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