CABÉ René

Par André Balent

Né le 17 août 1916 à Bélis (Landes), mort en action de combat le 15 juillet 1944 à Muret (Haute-Garonne), résistant de la Haute-Garonne, maquis de Rieumes (Haute-Garonne) du Corps franc Pommiès (CFP) de l’Organisation de résistance de l’Armée (ORA) puis de l’Armée secrète (AS)

Le père de René, Jean dit « Germain », fils d’Étienne et de Catherine Labat âgés respectivement de trente-huit et de trente-cinq ans en 1877, était né le 25 novembre 1877 à Brocas (Landes). Agriculteur, il devait être fermier ou métayer car il changeait souvent de commune de résidence et même, parfois de ferme, à l’intérieur d’une même commune. Il résida avec ses parents à Brocas, au moins jusqu’en 1887, puis à Bélis en 1901, à Labrit en 1903, à Bélis, à nouveau, en 1909, mais pas en 1911. Il fut mobilisé le 4 août 1914, combattit à Douaumont (bataille de Verdun, 1916) où il fut blessé. Il fut tué le 25 octobre 1918 à Guignicourt (Aisne). Sa mère, Amélie Dané était née en 1881 à Uchaq-et-Parentis (Landes). René fut le dernier enfant du couple après Aurasie, née en 1903 et Adrienne née en 1911. Au recensement de 1921, la famille résidait toujours à Bélis. Amélie Cabé, chef de famille était « cultivatrice ». En 1926, la famille résidait toujours à Bélis, mais elle avait changé de maison. Aurasie s’était mariée avec Joseph Barrière né en 1898 à Labrit ; le couple avait eu un fils, Gérard né en 1925. Tous trois vivaient au domicile d’Amélie Cabé, avec Adrienne et René. En 1931, tous avaient quitté Bélis. Nous ignorons où ils s’installèrent où René fit ses études. Il avait sans doute acquis une formation militaire car, il devint un cadre de maquis
Nous le retrouvons en 1943-1944 au maquis de Rieumes dont il fut l’un des cadres, sous les ordres directs du capitaine (commandant dans le maquis) Jules Delattre. Le dossier d’homologation du maquis de Rieumes (1948) indique que René Cabé figura aux effectifs de la formation dès le 1er juillet 1943 alors qu’elle n’était pas encore formellement constituée en maquis. Dans un premier temps, René Cabé assura la formation au maniement des armes récupérées lors des nombreux parachutages dont bénéficia initialement le maquis, privilège insigne car on pensait alors qu’il était de fait affilié au CFP comme le laissait supposer le chef, André Reboul. Mais beaucoup d’hommes, dont le capitaine Delattre, penchaient plutôt pour l’AS et certains firent même défection pour intégrer le maquis FTPF de Betchat. Le 27 juin vit la scission du maquis avec le départ de Reboul et d’une minorité des effectifs qui, obéissant aux ordres d’André Pommiès firent mouvement vers la Bigorre. René Cabé resta aux côtés de Jules Delattre en Haute-Garonne et, désormais, clairement dans l’AS départementale. Il dirigea la section « destructions » du maquis. Le 15 juillet 1944, René Cabé, avec 25 maquisards, dirigea avec succès, un sabotage à Portet-sur-Garonne (Haute-Garonne). Au retour de la mission, ils furent accrochés par les Allemands à Muret (Haute-Garonne). René Cabé trouva la mort, un autre maquisard fut blessé. Le maquisard Robert Dejean a témoigné dans La Dépêche du 21 août 2003 : « J’étais présent quand Cabe (sic, sans accent) a été tué... Le 20 août 1944, j’étais caché derrière la barrière du passage à niveau lorsqu’une balle heurta le cadre métallique. J’ai relevé la tête ça tirait sec... ».
Il y a un dossier à son nom, non consulté au SHD (Vincennes), cote 99179. À notre connaissance, aucun monument ne porte son nom.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article243129, notice CABÉ René par André Balent, version mise en ligne le 14 octobre 2021, dernière modification le 14 octobre 2021.

Par André Balent

SOURCES : Service historique de la Défense, Vincennes, GR 19 P 31/13, « maquis Delattre ou de Rieumes ». — Arch. dép. Landes, 6 M 151, recensement de la population, Bélis, 1926 ; 6 M 183, recensement de la population, Bélis, 1926 ; 4 E 56/16, Brocas, état civil, naissances (1871-1884), acte de naissance de Jean Cabé. — Jean-Pierre Rolland, « Une brève et émouvante cérémonie La Dépêche, Toulouse, 21 août 2003. — Site Mémoire des Hommes consulté le 9 octobre 2021. — Site MemorialGenWeb consulté le 9 octobre 2021, recherches infructueuses.

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