ÉMILE Joseph, Jean

Par Olivier Dedieu, Jean Sagnes

Né le 10 octobre 1914 à Béziers (Hérault), mort le 17 juillet 1991 à Montpellier (Hérault) ; instituteur ; militant socialiste SFIO et militant laïque de l’Hérault.

Fils d’une couturière et d’un tonnelier (devenu par la suite facteur puis chef de gare de la compagnie des chemins de fer du Midi) et secrétaire de la section socialiste SFIO de Cruzy (Hérault), Joseph Émile fut lui-même secrétaire du groupe des Jeunesses socialistes de Cruzy. Après avoir été scolarisé à Béziers, Péret puis au cours complémentaire de Quarante, il suivit son père, nommé chef de gare à Baslières (Lozère). En 1932, il entra à l’École normale d’instituteurs de Mende (Lozère) et y demeura jusqu’en septembre 1936. Adhérent de la SFIO dès 1935 en Lozère, Il fut aussi, durant cette période, membre du bureau fédéral des JS de l’Hérault et responsable du secteur de Cruzy-Quarante-Capestang. À partir de 1936, il signa divers articles dans L’Aube Sociale, hebdomadaire socialiste, où il défendait le pacifisme intégral. D’octobre 1936 à octobre 1938, il fit son service militaire à Nice et, en 1937-1938, et fut secrétaire fédéral des JS des Alpes-Maritimes. Instituteur à Villelongue en Lozère à partir d’octobre 1938, il fut membre de la section de Saint-Chely d’Apcher. Il devint secrétaire fédéral adjoint du Parti socialiste SFIO et conserva ce poste jusqu’à la guerre. C’est durant cette période qu’il épousa en 1939 Émilienne Chalier, elle-même institutrice et socialiste depuis 1933. En 1940, Il fit la campagne de France et obtint la croix de guerre. Nommé à la Fage Saint-Julien, il demanda à être muté dans le département de l’Hérault pour soigner son fils. Il fut alors nommé en octobre 1943 à Montbazin, en périphérie de Montpellier.

En 1945, il était directeur de l’école et devint un militant laïque et politique actif. Responsable du foyer rural, animateur de l’amicale laïque, il fut responsable, en 1949, de la section des jeunesses socialistes de la commune. Il fut par ailleurs un militant syndical actif, adhérant de la CGT et de la MGEN puis de la FEN à sa création. En 1950, il fut nommé à Montpellier à l’école de perfectionnement pour l’enfance inadaptée. Adhérant de la section de Montpellier, il fut aussi, cette année-là, élu membre du conseil d’administration de la fédération des œuvres laïques et s’investit activement dans la mouvance laïque. Adhérant de la loge Auguste Comte de la Grande loge de France (dont il fut membre du suprême conseil de France) puis de la loge Fidélité-Travail du Grand Orient de France, il milita au sein de la Libre pensée, de l’union rationaliste et de la ligue des droits de l’homme. Secrétaire de l’amicale laïque de Montpellier, il fut élu secrétaire général de la fédération des œuvres laïques en 1957 et le resta jusqu’aux années 1970. Fortement impliqué dans le développement des mouvements laïques, il géra le développement de la FOLH dans le département qui devint la principale organisation laïque, gérant patronages, cantines, centres de vacances, amicales laïques, etc. Il fut par ailleurs un militant laïque souvent radical, pour tout dire anticlérical, n’hésitant pas, par exemple, à abandonner la gestion des cantines de Montpellier quand le maire de la ville, François Delmas, tenta d’imposer la délivrance de repas aux écoles libres. Dans les années 1960, il joua un rôle important au sein du CDAL dont il fut le secrétaire général. Au sein du milieu enseignant, il milita pour la motion socialisante. Au sein du SNI, il fut l’un des rares cadres socialistes à défendre cette motion dans les années 1950 dans un département dirigé par les tenants de l’École émancipée. Minoritaire au sein du SNI, il cantonna la présence de l’École émancipée à la FOLH.

Au sein du parti socialiste, il fut d’abord le défenseur de la laïcité, intervenant souvent à ce titre dans le Combat socialiste ou dans les congrès fédéraux. Membre du mouvement démocratique et socialiste européen, il ne s’engagea pas dans le combat électoral tout au long de sa carrière politique. Par contre, il assuma la direction de l’association Juin 1944 et anima avec Jean Péridier la fraternelle Paul Ramadier regroupant les maçons socialistes en vue de défendre les idées laïques. Dans les années 1960, alors que la section de Montpellier connut son étiage le plus bas, il fut un militant actif, apportant souvent le soutien de la FOLH à la section dont il était le trésorier en 1970.

L’engagement de Joseph Émile fut principalement axé sur les milieux laïques. Ce n’est qu’à la fin des années 1960 qu’il apparut dans les instances socialistes départementales. Membre de la commission exécutive fédérale en 1970, il défendit la motion Mauroy-Defferre lors du congrès d’Épinay. En 1973, il fut membre du bureau fédéral. Secrétaire administratif de la section de Montpellier, il fit partie de la frange issue de la SFIO qui soutint activement la candidature de Georges Frêche dès 1971 et en 1977. C’est au cours de cette période qu’il fut détaché au CRDP de Montpellier, poste qu’il occupa jusqu’à sa retraite.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article24316, notice ÉMILE Joseph, Jean par Olivier Dedieu, Jean Sagnes, version mise en ligne le 18 janvier 2009, dernière modification le 14 juin 2009.

Par Olivier Dedieu, Jean Sagnes

SOURCES : Arch. Dép. Hérault, 2 W 713. 1000 W 170. — Arch. fédération des œuvres laïques de l’Hérault. — L’Aube sociale, 1936-1939 — L’école syndicaliste, 1953-1975. — Combat socialiste, 1947-1970. — Interview de J. Émile le 1er juin 1975 à Béziers.

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