ROUDAUT Isidore [Pseudonyme dans la Résistance : rase-motte]

Par Dominique Tantin

Né le 26 juillet 1927 à Santec (Finistère), exécuté sommairement le 23 mars 1944 à Eyrein (Corrèze) ; enfant de troupe ; résistant des Francs-Tireurs et Partisans (FTP).

Jean-Louis, le père d’Isidore Roudaut (né le 12 juin 1903 à Plouguerneau, Finistère) fut tué au combat à la tête de sa section du 25e régiment de tirailleurs sénégalais (25e RTS) le 19 juin 1940 à Montluzin, commune de Lissieu, près de Lyon (Rhône). Les Allemands massacrèrent leurs prisonniers, africains et européens. Le lendemain eut lieu le massacre de Chasselay.

Isidore Roudaut devint enfant de troupe, et, en 1944, alors âgé de 17ans, rejoignit les maquisards FTP de Corrèze avec son camarade Alexandre Graziani*. Malgré son jeune âge, Isidore Roudaut, alias “Rase-motte”, fut nommé sergent au sein de la 233e compagnie FTP.

Isidore Roudaut et Alexandre Graziani périrent le 23 mars 1944 à la gare d’Eyrein dans les circonstances suivantes.

Le matin, ils faisaient partie d’un groupe de maquisards FTP de la 3e compagnie qui tentèrent de s’opposer à une réquisition de bétail à la gare d’Eyrein. L’arrivée inopinée d’un convoi allemand se dirigeant vers Tulle déclencha un accrochage.

Émile Bech fut fauché par une rafale. Transporté à l’hôpital de Tulle, il succomba à ses blessures le 15 avril 1944. Isidore Roudaut et Alexandre Graziani auraient été capturés et brûlés vifs par les Allemands (MémorialGenWeb).

Isidore Roudaut obtint la mention «  Mort pour la France  », fut homologué FFI et décoré de la Médaille de la Résistance à titre posthume (décret du 6 septembre 1945 et JO du 12 septembre). Son nom est inscrit sur la stèle commémorative située à l’intersection de la RN 89 et de la RD 135, au lieu-dit " La Gare d’Eyrein " et portant la mention : «  Les résistants et Francs-tireurs morts pour la France  ». Il est également gravé sur le monument aux Morts de sa commune natale et sur le monument commémoratif des Enfants de Troupe à Clavières (Cantal), sur la route de Clavières au Mont Mouchet.

Marie-Louise, la sœur d’Isidore, fut tuée dans l’explosion du Dossen à Santec en septembre 1944. Après quatre années d’occupation les Allemands avaient quitté Santec début août 1944 laissant derrière eux les dunes et les plages infestées de mines. Le déminage permis de récupérer 3800 mines aqui furent entreposés dans le garage Hôtel Roc’h Tréas. Le 23 septembre 1944, à 19h30, une terrible explosion se produisit. Les mines venaient de sauter, creusant un énorme cratère, détruisant plusieurs maisons, provoquant la mort de 16 habitants du quartier et du sous-officier Allemand démineur.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article243412, notice ROUDAUT Isidore [Pseudonyme dans la Résistance : rase-motte] par Dominique Tantin , version mise en ligne le 29 octobre 2021, dernière modification le 29 octobre 2021.

Par Dominique Tantin

SOURCES  : Service historique de la Défense, Caen, AVCC AC 21 P 145541 et Vincennes, GR 16 P 522073 (nc). — Maquis de Corrèze, 150 combattants et témoins, Paris, Éditions Sociales, 1975, pp. 265 et 526. — Mémoire des Hommes. — MémorialGenWeb.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément