RAUSA Joaquina, Filomena, épouse OTTO

Par André Balent

Habitante de Salies-du-Salat (Haute-Garonne), tuée par erreur le 18 mai 1944 par des FTPF du maquis de Betchat (Ariège) lors d’une tentative de liquidation d’un milicien, agent de la police allemande ; victime civile d’une « bavure »

Âgée de trente-quatre ans en 1944, Joaquina Otto demeurait à Salies-du-Salat, station thermale du Comminges. Elle habitait dans le même immeuble que celui de Jean-Pierre, Frédéric Aldebert, un ancien ingénieur des Arts-et-Métiers de soixante-quatre ans, établi comme photographe, affilié à la Milice, en contact avec Philippe Berkane (1918-1944), membre du PPF de Saint-Girons (Ariège), agent et exécuteur des basses œuvres de la SIPO-SD de cette ville, actif non seulement dans le Couserans mais aussi en Comminges. Son appartement était situé au 42 avenue de la Paix, juste au-dessus de celui d’Aldebert et de son studio photographique.
Le maquis de Betchat ou 3401e compagnie des FTPF était commandée par un « triangle » de direction formé par le capitaine Jean Blasco (« Max ») commissaire militaire, André Dougnac (« Roger ») commissaire technique et Louis Bonzom (« Jackie »). Implanté dans un village de l’Ariège, à la limite de la Haute-Garonne, il relevait cependant des FTPF de ce département, commandés par Fernand Cortale. Il était d’ailleurs surtout actif dans le Comminges. Son chef, intrépide et souvent imprudent, Blasco, était âgé de seulement vingt ans. Blasco ordonna des opérations de représailles contre les collaborationnistes, en particulier, des membres de la Milice. Celles-ci se soldèrent parfois par des « bavures » dont furent victimes des « civils » innocents et, parfois même, des résistants comme Luigi Pavan de Salies-du-Salat.
Le 18 mai 1944, des hommes du maquis de Betchat « descendirent » à Salies-du-Salat afin de liquider des miliciens. Ils réussirent leur opération dans les cas de Louis, Maxime Beyney, un contremaitre de quarante-cinq ans et de Pierre, Jean Martin, électricien de trente-neuf ans, originaire de la Meuse. Les FTPF étaient au nombre de trois : André Bonzom alias « Marceau » né le 21 juillet 1922 (par ailleurs un des membres du « triangle » de direction du maquis, avec les fonctions de commissaire aux effectifs), Alphonse Hervé alias « Titin » et « Céleste ». Contre toute attente, Aldebert qui portait toujours une arme sur lui, ouvrit le feu, imité par sa femme, Anna Dubois, qui se saisit d’un pistolet mitrailleur. La fusillade obligea les maquisards à reculer. Alphonse Hervé fut blessé. Intriguée par le bruit des tirs, la locataire du 2e étage, Joaquina Rausa épouse Otto, ouvrit imprudemment la fenêtre. Quittant les lieux, les FTPF firent feu en direction de la silhouette qu’ils entrevoyaient dans l’embrasure. Joaquina Rausa s’écroula mortellement atteinte. La mort de Joaquina Rausa a été aussi racontée par Roland Dorgelès qui, toutefois, n’en donne pas la date. Il ne donne pas, non plus, son nom.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article243413, notice RAUSA Joaquina, Filomena, épouse OTTO par André Balent, version mise en ligne le 29 octobre 2021, dernière modification le 29 avril 2022.

Par André Balent

SOURCES : Service historique de la Défense, GR 19 P 31/29, renseignements d’état civil concernant André Bonzom. — Roland Dorgelès, Carte d’identité. Récit de l’Occupation, Paris, Albin Michel, 1945, 91 p. [p. 26]. — Henri Soum, Chronique des bords de la Garonne. La mort en vert de gris. Le maquis de Cazères, Toulouse, Signes du Monde, 1994, 280 p. [p. 208-209].

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