AUBERT Max, Irénée [Pseudonyme dans la Résistance : Victor]

Par Jean-Luc Marquer, Jean-Claude Rivet

Né le 15 novembre 1923 à Toulouse (Haute-Garonne), mortellement blessé au combat le 14 juin 1944 à Capvern (Hautes-Pyrénées) et déclaré mort le même jour à Saint-Gaudens (Haute-Garonne) ; étudiant ; résistant FTPF, homologué Forces françaises de l’Intérieur

Max, Irénée Aubert était le fils d’Irénée, Fernand, photographe, et d’Adolphine Bécu, son épouse. Originaires de l’Aisne, ils habitaient en 1923, 11 boulevard d’Arcole à Toulouse (Haute-Garonne).
Irénée Aubert fit ses études secondaires au lycée de Gourdan-Polignan (Haute-Garonne) puis les poursuivit à l’Institut électrotechnique de Toulouse.
Il s’engagea dans la Résistance et rejoignit les rangs de la 3201e Compagnie de FTPF, formée à partir des maquis de Nistos (Hautes-Pyrénées) et Esparros (Hautes-Pyrénées). En mai 1944, soixante guérilleros commandés par José Cortes vinrent renforcer les FTPF.
Le 14 juin 1944, à 10 h, 40 maquisards et 45 guérilleros attaquèrent un fort convoi ennemi dans la rampe de Capvern (Hautes-Pyrénées). Cinq véhicules ennemis furent détruits, 33 Allemands tués et 28 blessés. Les Allemands évacuèrent leurs morts et leurs blessés par le train depuis la gare de Capvern.
Après l’attaque du convoi, les maquisards se replièrent sur le village de Tilhouse (Hautes-Pyrénées) amenant avec eux leurs blessés. Parmi eux se trouvait le sergent Aubert gravement touché. Le Commandant d’unité décida son transfert vers l’hôpital de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) distant de 30 km. Il chargea Henri (Jean Bordes) de trouver un véhicule.
Henri parcourut la région à vélo, passant par Lannemezan (Haute-Garonne) pour finalement arriver à Montrejeau (Haute-Garonne). Partout il trouva le refus chez les résistants ne voulant pas prendre le risque de transporter un blessé dans cette région ou régnait l’insécurité à cause de nombreux barrages établis par les troupes allemandes sur les routes. Sur l’intervention d’Henri Bordes frère de Jean auprès de M. Perrot garagiste à Montréjeau, ce dernier accepta cette mission.
Henri raconte : « Par Saint-Laurent-de-Neste, et La Barthe-de-Neste, nous gagnons Tilhouse à bord du véhicule à gazogène Ford de Monsieur Perrot.
Aubert est toujours vivant. Nous allongeons le blessé sur la banquette arrière et par des axes routiers peu fréquentés nous prenons la direction de Saint-Gaudens. Traversant Escala, Cantaous, la Poutche de Villeneuve, Franquevielle, Spehis. Après la serre de Bordes de Rivière, Irénée Aubert, sa tête sur mes genoux, rend son dernier soupir.
Il avait à peine vingt ans, c’était un ancien élève du lycée de Gourdan–Polignan. Il avait terminé ses études à l’Institut électrotechnique de Toulouse.
Nous poursuivons notre route. A l’entrée de l’hôpital de Saint-Gaudens le docteur Bergès nous attend. Il est en compagnie de monsieur Dufor et de Monsieur Croizet, qui ont maintenant trouvé une voiture. Ils sont venus de Montréjeau pour préparer notre arrivée.
Le docteur fera inhumer, dans l’après-midi, avec l’aide de quelques membres du personnel de l’hôpital, le corps d’Irénée Aubert dans le cimetière de la ville.
À 15h30 nous reprenons, Perrot et moi, la direction de Montréjeau en commettant l’erreur d’emprunter la N 117. Entre Villeneuve et Bordes de Rivière nous apercevons sur cette ligne droite déserte, la colonne allemande qui s’est reconstituée. Impossible de faire demi-tour. Je demande à Monsieur Perrot de continuer sa route. Nous remontons alors toute la colonne. Les allemands tractent les véhicules endommagés par l’attaque du matin. A chaque croisement de camion, les soldats braquent leurs armes sur nous. Monsieur Perrot les mains crispées sur le volant garde tout son sang-froid et c’est soulagés que nous atteignons Montréjeau. »

Irénée Aubert obtint la mention « Mort pour la France » et fut homologué résistant, membre des Forces françaises de l’Intérieur.
Il est maintenant enterré au cimetière de Rapas à Toulouse.
Son nom figure sur une stèle érigée à Capvern et sur la plaque commémorative du lycée technique Paul-Mathou à Gourdan-Polignan.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article243444, notice AUBERT Max, Irénée [Pseudonyme dans la Résistance : Victor] par Jean-Luc Marquer, Jean-Claude Rivet, version mise en ligne le 20 novembre 2021, dernière modification le 20 novembre 2021.

Par Jean-Luc Marquer, Jean-Claude Rivet

SOURCES : AVCC, Caen, AC 21 P 9997 (nc). — SHD, Vincennes, GR 16 P 20831 (nc). Mémoire des hommes. — Mémorial GenWeb. — [http://maquis-nistos-esparros.chez-alice.fr/index.php.] — Geneanet. — État civil (naissance).

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