LUGAT Pierre

Par André Delestre

Né le 24 décembre 1927 à Saintes (Charente-Inférieure, Charente-Maritime), mort le 19 août 1986 à Rouen (Seine-Maritime) ; ajusteur puis agent télécommunication ; cheminot ; CGT ; PCF ; conseiller municipal (1971-1986) ; Association de la Famille cheminote (AFC) ; Association France-URSS ; Mouvement de la paix ; FSGT.

Pierre Lugat naquit dans un milieu ferroviaire. Son père, Raoul, fut employé au service des eaux à la Compagnie des Charentes devenue SNCF et sa mère, Jeanne Lagère, fit des ménages dans des familles bourgeoises. Il eut une sœur. Après avoir suivit l’école publique à Saintes, il obtint un brevet industriel comme ajusteur. En 1945, il fut embauché aux Ateliers ferroviaires de Saintes. Puis fit son service militaire à Hyères (Var). Libéré, mais suite à une suppression d’emplois, il fut muté le 15 août 1948 aux Ateliers de Quatre-Mares situé à Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) et fut logé dans un baraquement à Sotteville-lès-Rouen. Il se syndiqua à la CGT.
Pierre Lugat dit « Pépète » parmi ses collègues de travail, se maria le 25 septembre 1950 avec Geneviève AIRAUD. Le couple fut hébergé dans un logement partagé à Sotteville-lès-Rouen. Ils eurent trois enfants, Pierrette en 1952, Dominique en 1954 et Françoise en 1956 et obtinrent un logement dans la cité des familles cheminotes de Saint-Etienne-du-Rouvray. En 1960, dans le cadre de l’accession sociale et sous couvert de l’Association la Famille des cheminots (AFC), dont il fut un membre actif dès 1958, la famille emménagea rue de Berne à Ser dans la cité des Castors. Devant l’urgence, la reconstruction des logements se réalisa sur le modèle de la coopérative, accessible à tous. Tout le monde participait à la construction.
Membre de la Jeunesse communiste, en 1956, il adhéra au PCF dans une cellule du quartier animée par Gustave Teillie, secrétaire et Lucien Lemaillet, instructeur à l’école des apprentis de Quatre-Mares. Il anima, avec André Poisson un Comité de diffusion du journal l’Humanité (CDH). Il participa très activement aux manifestations contre la guerre d’Algérie et aux actions syndicale et politique.
En 1958, sur les conseils de Louis Bouin, chef de la section Voie et Bâtiment de Sotteville, Pierre Lugat engagea une formation dans les télécommunications à l’école de la Folie de Nanterre (Hauts-de-Seine). En 1961, il rejoignit le centre de transit des télécommunications SNCF situé en gare de Rouen droite jusqu’en 1981 puis fut affecté au siège de la section Équipement de Sotteville dans un poste de technico-administratif avant de prendre sa retraite en 1983.
En 1965, membre du Mouvement de la paix, il rejoignit, avec Jeannine Lebret et Robert Prévost le comité local de l’Association France-URSS pour un jumelage entre la ville de Novaia Kakhovka (Ukraine) et Saint-Etienne-du-Rouvray ; il en fut le secrétaire. Des liens forts d’amitiés se nouèrent avec le maire de Novaia, hébergé dans la famille lors de séjours en France. En 1979, à Kiev, il participa au congrès des villes jumelles entre la France et l’URSS. En 1985, il conduisit une délégation du Mouvement de la paix à Sotchi (Russie).
En 1971, il fut élu conseiller municipal sur la liste conduite par le communiste Olivier Goubert, maire depuis 1959 et Roland Leroy autour d’un programme de gestion sociale, humaine et démocratique. Fin 1972, Olivier Goubert décéda et Michel Grandpierre lui succéda comme maire. Pierre Lugat eut en charge la Caisse des écoles, le comité de jumelage avec Novaia (Ukraine) et Felling (Angleterre) et l’Association d’entraide aux personnes âgés dont il fut vice-président. An sein de l’Office municipal des sports, il fut attentif aux pratiques sportives, vice-président du club de handball, affilié à la Fédération gymnique et sportive du travail (FSGT). En 1984, il accompagna une délégation de sportifs en Pologne et en Tchécoslovaquie pour un tournoi.
Lors de son décès, le 21 août 1986, un hommage solennel du maire Michel Grandpierre et du conseil municipal lui fut rendu sur le parvis de l’Hôtel de ville, en présence de très nombreux stéphanais, représentants des associations, collègues et camarades cheminots et élus communistes. Michel Grandpierre témoigna « d’un militant communiste à l’écoute de tout le monde, discret mais efficace, sachant parler mais aussi écouter et répercuter, cherchant toujours à améliorer le sort de tous ceux qu’il aimait et ils étaient nombreux. » En 2021, le conseil municipal donna le nom de Pierre Lugat à une rue nouvellement créée de la cité des familles à Saint-Etienne-du-Rouvray.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article243476, notice LUGAT Pierre par André Delestre, version mise en ligne le 27 novembre 2021, dernière modification le 21 janvier 2022.

Par André Delestre

SOURCES : Archives municipales de Saint-Etienne-du-Rouvray, journal d’informations municipales n° 82, septembre 1986. — Journal Paris-Normandie. — Entretien avec Geneviève et Dominique Lugat.

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