LUGAT Geneviève, Eugénie, Victorine née AIRAUD

Par Andre Delestre

Née le 15 décembre 1930 à Frontenay Rohan Rohan (Deux Sèvres) ; employée de collectivité ; JAC ; CGT ; PCF ; UFF puis Femmes Solidaires ; France-URSS ; UNRPA ; Association de quartier ;

Geneviève Airaud, dont le père cultivateur et la mère au foyer, fut l’ainé d’une fratrie de trois sœurs et deux frères. Après des études élémentaires à l’école catholique, elle avait treize ans quand sa mère meurt. Elle ne put passer le certificat d’études. Avec sa grand-mère, elle s’occupa de la maison. Son père fut adjoint au maire du bourg et fervent gaulliste. Elle fut membre de la Jeunesse agricole chrétienne (JAC), où elle pratiqua le théâtre, la couture, la gymnastique et découvrit Lourdes.
Elle épousa Pierre Lugat le 25 septembre 1950, rencontré à Saintes, lors d’un mariage d’un cousin. L’arrivée à Sotteville-lès-Rouen (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) fut un choc dans une ville meurtrie par la guerre, en pleine reconstruction, avec la priorité du logement. Après la naissance de Pierrette (1952), Dominique (1954) et Françoise (1956), elle fit des ménages dans des familles aisées puis dans les écoles de la ville de Saint-Étienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), œuvrant dans la restauration, attentive au bien-être des enfants. En avril 1960, elle devint titulaire dans la fonction publique territoriale. En 1963, elle prit sa carte de la CGT, devint membre du bureau du syndicat des communaux de la ville, fut collectrice des cotisations des adhérents. Elle diffusa le journal féminin de la CGT, Antoinette. Elle anima, comme bénévole militante, l’Œuvre municipale des centres de loisirs et de vacances (OMCLV) et l’Association d’entraide des employés municipaux, devenu Centre des Œuvres sociales (COS).
En 1963, elle adhéra au PCF. Les réunions de la cellule Claudine Guérin se tinrent au domicile de la famille. Le secrétaire en était Yvon Bonnard. Elle suivit les évolutions de son parti, participa aux campagnes électorales, diffusa le journal l’Humanité. Très active dans le Comité de diffusion du journal l’Humanité, (CDH), 40 exemplaires en étaient vendus dans la cité des Castors, en porte à porte, souvent avec les enfants, en 1990, l’abonnement pris la place du contact militant. Vétéran du PCF, elle resta une voix sage, attentive et écoutée dans la section. En octobre 2021, elle participa aux initiatives de commémorations des 150 ans de la commune de Paris.
En 1964, avec Nicanor Blasquez, syndicaliste à la papeterie Chapelle d’Arblay, Georges Demaré, cheminot, Georges Bodère, adjoint au maire en charge des sports, Yvon Bonnard, le collectif lança une fête dans la cité des Castors pour commémorer la Révolution française. Chaque « 14 juillet », rue de Berne, s’y réunira des centaines d’habitants de toutes générations. Geneviève Lugat en fut la pierre angulaire. Cette fête annuelle perdura jusqu’en 2018. En 2010, les festivités seront déplacées le dimanche, proche du 31 août, date correspondant à la libération de la ville en 1944.
1964 sera également l’année ou elle rejoignit l’Union des femmes françaises (UFF), devenu Femmes solidaires autour de la revue Clara, et anima le comité de la ville avec Julienne Bonnard et Monique Léger. En 2021, elle en était la trésorière. Le comité multiplia les ateliers participatifs dans la couture, la gymnastique, l’apprentissage des langues, la peinture…
Très active, en soutien de son mari, dans le comité de jumelage avec la ville ukrainienne de Novaia Kakhorka, elle apprit le russe et contribua à la qualité des échanges, dans l’accueil des délégations à la maison. En 2021, elle témoigna d’une connaissance, femme réfugiée en France qui « ne veut plus retourner en Ukraine, car mon pays, je le reconnais plus. L’on vivait mieux avant ». Attentive à la vie dans le monde, internationaliste, elle participa aux initiatives et actions du comité local de France Amérique Latine avec le père Héricher, jusqu’à sa dissolution en 2020. Le 20 octobre 1984, elle participa à un défilé de 100 voitures dans les rues de la ville « pour clamer le désir de vivre sans menace nucléaire. » En lien avec l’association Circolo Italiano, elle apprit l’italien.
Membre du bureau stéphanais de l’Union nationale des retraités et personnes âgés (UNRPA), elle fut omniprésente dans toutes les initiatives municipales ou associatives.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article243477, notice LUGAT Geneviève, Eugénie, Victorine née AIRAUD par Andre Delestre, version mise en ligne le 9 novembre 2021, dernière modification le 25 novembre 2021.

Par Andre Delestre

SOURCES : Paris-Normandie du 26 août 2010. — L’Avenir de Seine-Maritime. — Entretien avec l’auteur

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