REVENAZ Hubert, Marcel dit Ségur

Par Daniel Grason

Né le 17 février 1915 à Paris (XIe arr.), mort le 17 août 2009 à Montauban (Tarn-et-Garonne) ; moniteur d’un camp de jeunesse ; résistant des Forces françaises combattantes et des Forces françaises de l’intérieur.

1957 : Café Au Réveil Matin au Vieux Saint-Ouen
1957 : Café Au Réveil Matin au Vieux Saint-Ouen

Fils d’Hubert Revenaz, vingt-six ans et de Marie-Louise Grimbert, vingt-et-un ans, plumassière, Hubert Revenaz naquit 7 cité Voltaire à Paris (Xe arr.). Il alla à l’école primaire, obtint le CEP. Il fut membre des Camelots du Roi. De la classe 1935, il fit son service militaire au 511ème Régiment de Chars à Verdun, puis au 63ème à Beyrouth au Liban. Il fut libéré en 1938 alors qu’il était au le 503ème Régiment de Chars de Versailles. Mobilisé en août 1939 à Versailles, il a été démobilisé le 11 novembre 1940 par le Centre démobilisateur de Mâcon (Saône-et-Loire) avec le grade de Sergent. Il était décoré de la Médaille Militaire et de la Croix de Guerre avec deux citations. En 1941, le Tribunal Militaire de Montpellier le condamna à dix mois de prison, pour acte de nature à nuire à la Défense Nationale.
Il travailla dans des centres de jeunesse, notamment avec les Jeunes Ouvriers Français Travaillant en Allemagne (JOFTA), comme chef de chantier. Au cours du mois d’août 1943, il quitta cette organisation avec Froment et Louis Taillebout pour aller en Savoie à Chambéry pour rejoindre le maquis. Ils s’installèrent dans une ferme isolée avec de jeunes réfractaires, ils y restèrent jusqu’au début janvier 1944. Froment, Louis Taillebout et Hubert Revenaz quittèrent la Savoie et se rendirent à Paris. Revenaz alla à Dijon en Côte d’Or, il rencontra Yves De Chargères, délégué régional à Dijon de la Police des questions juives. Il était suspect en raison de ses relations avec la Gestapo. Une explication entre les deux hommes fut orageuse.
Depuis le début de l’année 1944, Hubert Revenaz vivait dans un meublé au 3, rue du Cardinal Mercier près de la place Clichy à Paris. Il était domicilié chez sa mère 37 rue Jean Jaurès à Maisons-Alfort (Seine, Val-de-Marne). De la classe 1935, il était sous-officier d’active, moniteur du camp de jeunesse n° 9 installé au Mouessier de Clermont en Savoie, il démissionna le 10 mars 1944.
Il fut interpellé par des gendarmes le 15 mars 1944 à 14 heures 45 alors qu’il sortait du café Au Réveil Matin 2 place d’Armes à Saint-Ouen. Il était dans l’équipe qui venait d’attaquer un camion de la Standard Française des Pétroles rue Saint-Denis. Il s’était arrêté là pour téléphoner, ayant aperçu les gendarmes, il avait laissé tomber son arme sur le sol.
Emmené au commissariat de Saint-Ouen, il fut interrogé. Il affirma que les dix mille francs qu’il portait sur lui constituaient ses économies. De la porte Saint-Ouen, il était venu à pied dans ce quartier en observant les ballons dirigeables, il était entré dans le café pour téléphoner, le pistolet ne lui appartenait pas. « Je ne l’ai jamais vu. Je n’ai pas déposé de pistolet dans la cabine téléphonique du café Au Réveil Matin. » Il refusa de signer le procès-verbal de son interrogatoire.
Une femme du quartier qui l’avait vu, témoigna « Revenaz ici présent est bien la personne qui stationnait des rues du Moutier et Saint-Denis, paraissait faire le guet en direction de l’usine Standard ». Il fut probablement emprisonné jusqu’à la libération. Quant à ses complices Froment et Louis Taillebout ils ont aussi été interpellés.
Il épousa le 31 mars 1951 Paulette Léonce Nancy Raymonde Azeinar en mairie de Levallois-Perret (Seine, Hauts-de-Seine).
Hubert Revenaz a été homologué au titre des Forces françaises combattantes (FFC) d’obédience gaulliste et des Forces françaises de l’intérieur (FFI).
Il mourut le 17 août 2009 à l’âge de 94 ans à Montauban (Tarn-et-Garonne).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article243561, notice REVENAZ Hubert, Marcel dit Ségur par Daniel Grason, version mise en ligne le 11 novembre 2021, dernière modification le 8 novembre 2021.

Par Daniel Grason

1957 : Café Au Réveil Matin au Vieux Saint-Ouen
1957 : Café Au Réveil Matin au Vieux Saint-Ouen

SOURCES : Arch. PPo. BS2 carton 39 (transmis par Gérard Larue), BA 2104. – Bureau résistance GR 16 P 507062. – État civil Paris XIe arrondissement acte numérisé 11N 379 acte n° 446.

Photographie : AM Saint-Ouen

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