ROCHON Roger

Par Michel Thébault

Né le 11 janvier 1911 à Châtellerault (Vienne), fusillé le 25 août 1944 à Châtellerault (Vienne) ; artisan tôlier ; victime civile.

Roger Rochon était le fils d’Ernest Rochon âgé de 48 ans, armurier à la Manufacture nationale d’armes de Châtellerault et de Marie Chesne âgée de 36 ans, domiciliés au lieu-dit Beauregard, commune de Châtellerault. Il était le huitième de leurs neuf enfants nés entre 1892 et 1914. La famille vécut à Beauregard tout l’entre deux guerres, et au recensement de 1926, Roger juste âgé de 15 ans est indiqué tôlier, sans doute apprenti, à l’entreprise Doré. Il se maria à Châtellerault le 11 septembre 1934 avec Simonne, Alice, Agnès Surreaux (née le 14 juin 1911 à Châtellerault). Au recensement de 1936, le couple habitait toujours Beauregard parents d’une petite fille Nicolle née en 1935. Roger Rochon exerçait la profession de tôlier mais cette fois comme patron. Sa situation professionnelle était inchangée en 1944, il demeurait alors 8, rue du Président Wilson.

A la fin du mois d’août 1944 les troupes allemandes évacuèrent le nord du département de la Vienne se dirigeant vers l’est pour échapper à l’encerclement des troupes alliées. Le 25 août 1944, alors que les Allemands s’apprêtaient à quitter la ville, une altercation survint entre Roger Rochon et des soldats allemands, altercation due à la volonté de Roger Rochon de recouvrer une somme due par l’armée allemande à la suite d’un travail effectué. Le journal créé à la Libération, La Nouvelle République dans sa première édition du 8 septembre 1944 donna un récit de l’incident : « Le 25 août 1944, Roger Rochon, 33 ans, tôlier, qui avait une facture à se faire régler par les Allemands de la Brelandière, se présenta pour réclamer son dû. On lui répondit qu’il n’y avait pas d’argent. Avisant alors une machine à coudre, M. Rochon dit qu’il se trouverait payé si on la lui donnait. Ce à quoi les Allemands consentirent, réclamant toutefois une somme de 800 francs. […] Cette somme fut donnée. M. Rochon emporta alors le pied de la machine et revint un peu plus tard avec Maurice Lépine, 26 ans, pour prendre la tête. C’est alors que les deux hommes furent saisis par des SS et conduits, en compagnie de Georges Besseron, 51 ans, et Antoine Laissy, 49 ans, au collège des jeunes filles, où ils furent fusillés sans autre forme de procès ». Il semble que l’altercation finale se soit produite impasse des Cordeliers et qu’ Antoine Laissy, un cheminot résistant, qui rentrait de son travail en début d’après-midi tenta d’intervenir. Rocher Rochon, Maurice Lépine, Antoine Laissy, et Georges Besseron qui assistait à la scène du pas de sa porte, furent arrêtés, conduits à proximité, dans la cour du collège de jeunes filles (aujourd’hui Lycée Marcelin Berthelot) et exécutés. L’allusion de l’article aux SS semble attestée par les recherches récentes des historiens de la Maison du souvenir de Maillé qui ont pu prouver la présence dans le secteur jusqu’au 28 août d’éléments du bataillon de réserve de la 17e « SS-Panzergrenadier-Division Götz von Berlichingen », précisément basés à Châtellerault, et responsables du massacre d’Ingrandes-sur-Vienne (7 morts), le 24 août et pour partie du massacre de Maillé (124 morts) au matin du 25 août.

Il obtint la mention mort pour la France. Son nom est inscrit sur la plaque commémorative 1939 – 1945 de la mairie de Châtellerault ainsi que sur une plaque commémorative apposée en 2004 dans une impasse, l’impasse des Cordeliers où se produisirent l’altercation et les arrestations à la mémoire des quatre victimes du massacre.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article243564, notice ROCHON Roger par Michel Thébault, version mise en ligne le 6 novembre 2021, dernière modification le 10 novembre 2021.

Par Michel Thébault

SOURCES : SHD AVCC, Caen. Cote AC 21 P 394089 (nc) — Arch. Dép. Vienne (état civil, recensements) — La Nouvelle République du Centre-Ouest, article du 22 décembre 2018 — Marie-Claude Albert, Châtellerault sous l’Occupation, Geste Éd., 2005. — Mémoire des Hommes — Mémorial genweb.

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