SCHWARTZ Isaac

Par Jean-Marie Guillon

Né le 11 août 1888 en Pologne (à Stuesnow ??), tué le 4 août 1944 à Annonay (Ardèche) ; victime civile.

Le nom d’Isaac Schwartz n‘apparaît dans aucune des listes d’israélites étrangers dressées dans le Var depuis 1940. On ne sait donc rien de son parcours. Il fut arrêté à Toulon (Var) le 26 juin 1944 comme juif et transféré à Marseille (Bouches-du-Rhône), le 22 juillet. Il fit partie d’un convoi de soixante-et-onze prisonniers dont une trentaine de juifs et trois femmes, extraits de la prison des Baumettes le 1er août 1944. Parti de Marseille le 1er au soir, le train arriva enfin au Teil (Ardèche) le 3. Avertie, la Résistance ardéchoise décida d’attaquer le train et de délivrer les prisonniers. Le train s’arrêta à Peyraud (Ardèche) le soir mais la présence d’un train blindé allemand interdisait l’attaque. Il fut décidé de le dérouter sur Annonay qui était sous le contrôle de la Résistance, ce qui fut fait grâce à des cheminots de la CGT clandestine. Arrivé en gare d’Annonay vers quatre heures du matin le 4, il fut aussitôt attaqué par les groupes francs de l’Armée secrète (AS) du secteur, renforcés par le commando Louise, composé d’Américains parachutés peu avant à Devesset (Ardèche). Les douze soldats allemands qui gardaient les prisonniers se servirent d’eux comme protection en les plaçant contre les vitres ; l‘échange de coups de feu se termina vers huit heures par la reddition des Allemands. Ils avaient trois blessés dont l’un grièvement, mais trois prisonniers avaient été tués dont Isaac Schwartz avec Jacques Bernard, notaire à Villes-sur-Auzon (Vaucluse), et Marius Bérenger de Marseille (Bouches-du-Rhône).
Une stèle a été érigée sur la place de l’ancienne gare d’Annonay pour rappeler cet événement qui constitue l’un des exploits les plus remarquables de la Résistance française.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article243572, notice SCHWARTZ Isaac par Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 6 novembre 2021, dernière modification le 7 novembre 2021.

Par Jean-Marie Guillon

SOURCES : Mémoire des Hommes, SHD Caen DAVCC, 21 P 398008 (nc). — Mémorial du Débarquement et de la Libération de la Provence, Toulon, registre d’écrou de la prison allemande. — Louis-Frédéric Ducros, Montagnes ardéchoises dans la guerre, tome III, Romans, 1981, p. 266-268. — ANACR, Mémorial de la Résistance en Ardèche, Le Teil, 1994, p. 99.

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