TAILLEBOUT Louis

Par Daniel Grason

Né le 24 août 1918 à Paris (XIIe arr.), mort le 8 décembre 1998 à Mandelieu La Napoule arrondissement de Grasse (Alpes-Maritimes) ; électricien ; résistant ; membre de l’organisation « Ceux de la Libération ».

Louis Taillebout (Arch. PPo.) D.R.
Louis Taillebout (Arch. PPo.) D.R.

Fils de Louis trente-quatre ans, fourreur et de Elisa Jung vingt-neuf ans, blanchisseuse, Louis Taillebout naquit au 19 rue Chaligny à Paris (XIIe arr.). Pendant la Seconde Guerre mondiale il était domicilié au 7 rue du Docteur Rousselot à Paris (VIIe arr.), il travailla jusqu’en juillet 1943 comme chef de centre au Secrétariat général à la jeunesse (J.O.F.T.A) à Paris. Il quitta cet emploi pour rejoindre un maquis près de Chambéry. Il revint à Paris en décembre et s’y fixa en compagnie de Hubert Revenaz, Froment, Busnard et Legrand.
Le commandant Plessis avec qui il avait combattu en 1940 le présenta à Lenormand un responsable de l’organisation « Ceux de la Libération ». Ce mouvement avait été créé au cours de l’année 1940 par Maurice Ripoche, ingénieur, directeur d’une usine d’aciers spéciaux, ancien pilote de chasse de la guerre 1914-1918. Il prônait lors de sa fondation l’établissement d’un « ordre nouveau français » et un « État fort », « débarrassé du suffrage universel, corporatiste et antisémite ». Son projet initial évoluera, le mouvement concentrera son action sur la libération de la France.
En compagnie de Revenaz, Brimont, Busnard et Froment, il participa en janvier 1944 à l’assassinat d’un nommé Muller qui serait le neveu de l’Amiral Esteva. Il en rendit compte au commandant Plessis. Le 15 mars 1944 Revenaz et d’autres combattants tentèrent de détourner un camion d’essence dans le quartier du Vieux Saint-Ouen. Le camion devait être remisé chez un garagiste de la Porte-de-Champerret dans le XVIIe arrondissement. Quant à l’’essence, elle devait être utilisée pour le fonctionnement des automobiles volées.
Louis Taillebout était rétribué à raison de 10.000 francs par mois, plus des primes de 1.000 ou 2.000 francs par mois de remboursement de notes de frais que l’inspecteur qui rédigea le rapport d’arrestation qualifia d’« imaginaires ». Ces sommes très conséquentes lui étaient remises par le commandant Plessis.
Dans un domicile commun à Louis Taillebout et à Brimont furent saisis : deux pistolets automatiques, six mitraillettes Sten, trente-huit chargeurs de mitraillettes garnis, sept boîtes de cartouches calibre 9 mm pour les mitraillettes, ainsi qu’une quantité importante d’explosifs et d’engins incendiaires ; un lot de permission en blanc des Chantiers de la jeunesse ; un lot de fiches de démobilisation en blanc ; trois cartes grises d’automobiles au nom de Kohler de la Société d’Exploitation de la Forêt de Châteauvillain ; deux cartes grises en blanc portant les timbres de la préfecture de Chambéry (Savoie) ; des laisser passer d’automobiles ; un permis de conduire en blanc ; six cartes d’identité à des noms différents ; une liste de suspects à arrêter en cas de débarquement ; et une carte de la Police d’état établie au nom de Ternoy portait sa photographie.
Louis Taillebout avait sous sa responsabilité un dépôt d’armes dans une chambre située 7, rue du Docteur Rousselot, où il a été saisi : Six mitraillettes Sten avec 38 chargeurs garnis, deux pistolets automatiques 7 mm 65, dix boîtes de 50 cartouches 9 mm, six boîtes de 20 cartouches 9 mm, quatre grenades Mills, un poignard, cinq boudins d’hexogène, cinq boîtes de crayons allumeurs, trois rouleaux de cordeau Bickford, cinq boîtes de détonateurs, une boîte de pétards pour chemins de fer, une boîte de douze grenades à capuchon, une boîte de dix appareils de mise à feu, trois cachets de cyanure et quatre masques (loups).
Enfin, la voiture automobile marque Citroën, traction avant 11 CV immatriculée sous le N° 865 RL 9, volée au début du mois et utilisée pour l’attentat du 15 mars, fut retrouvée et saisie dans un garage, 2, rue des Marronniers. Ces armes provenaient d’un dépôt situé près de Dijon en Côte-d’Or, elles avaient été apportées à son domicile par Revenaz.
Louis Taillebout a été incarcéré à la prison de la Santé à Paris (XIVe arr.), et libéré le 17 août 1944 par la résistance.
Il témoigna devant une commission rogatoire en 1945, il déclara : « J’ai été arrêté le 16 mars 1944 », il précisa que « Conduit dans les locaux des Brigades spéciales, puis envoyé au dépôt, j’ai été incarcéré à la Santé, d’où les patriotes m’ont libéré le 17 août 1944. Dans les locaux des Brigades spéciales, j’ai été menacé, mais jamais frappé ».
Louis Taillebout déposa plainte contre les inspecteurs qui perquisitionnèrent son domicile clandestin.
Le 27 mai 1947 il épousa Fernande Lucienne Chambon en mairie du XXe arrondissement de Paris. Le couple divorça le 12 octobre 1954. Il se remaria le 19 novembre 1955 avec Lucienne Geneviève Horrut en mairie de Louveciennes (Seine-et-Oise, Yvelines).
Louis Taillebout a été homologué au titre des Forces françaises combattantes (FFC) d’obédience gaulliste, Interné résistant et membre des Forces françaises libres (FFL).
Il mourut le 8 décembre 1998 à Mandelieu La Napoule (Alpes-Maritimes).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article243605, notice TAILLEBOUT Louis par Daniel Grason, version mise en ligne le 8 novembre 2021, dernière modification le 8 novembre 2021.

Par Daniel Grason

Louis Taillebout (Arch. PPo.) D.R.
Louis Taillebout (Arch. PPo.) D.R.

SOURCES : Arch. PPo. Carton 16 Rapport des Renseignements généraux du 20 mars 1944 (transmis par Gérard Larue), 77 W 3115-306428. – Bureau Résistance GR 16 P 560889. – Site internet GenWeb. – État civil numérisé Paris XIIe arrondissement 12 N 287 acte N° 2188. – Dictionnaire historique de la Résistance, Sous la direction de François Marcot avec la collaboration de Bruno Leroux et Christine Levisse-Touzé, Ceux de la Libération, Claire Andrieux. p.114-116.

Photographie : Arch. PPo. GB 188 (D.R.)

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