MACKEN Mark, Marcel.

Par Theun Vonckx

Diest (aujourd’hui pr. Brabant flamand, arr. Louvain-Leuven), 19 septembre 1913 – Anvers (Antwerpen, pr. et arr. Anvers), 21 octobre 1977. Sculpteur renommé, professeur puis directeur de l’Académie des Beaux-Arts d’Anvers, pédagogue de l’art innovatif, communiste, résistant durant la Seconde Guerre mondiale.

Mark Macken grandit dans sa ville natale, Diest. Il y travaille dans l’entreprise de meubles de son père. À l’âge de quinze ans, Macken décide de devenir sculpteur et fait un apprentissage chez l’artiste socialiste Haesendonck à Louvain. Il effectue des études à l’Académie de Louvain puis à l’Académie royale des Beaux-Arts d’Anvers où il devient un élève d’Ernest Wijnants. Étudiant doué, il gagne en 1933 le Grand Prix de l’Académie. Durant cette période, il s’intéresse personnellement au socialisme. Actif dans le mouvement estudiantin flamand, Vlaamsche studentenaktie, il fait également des voyages d’études en Allemagne, en Tchécoslovaquie, en Suisse et en France. En 1934, il passe un examen d’admission à l’Institut national supérieur des Beaux-Arts d’Anvers et, en 1937, obtient le diplôme de professeur de dessin. L’année suivante, il reçoit le Prix de Rome dans le domaine de la sculpture.

Sur le plan politique, Mark Macken adhère en 1934-1935 aux Amis de l’Union Soviétique (AUS) et participe très vite à sa direction. En 1937, il devient membre clandestin de la fédération anversoise du Parti communiste de Belgique (PCB). Il est surtout actif dans le groupe des Intellectuels avec Van Haver, Schillemans, Huys et Moriens. En 1938, il se marie avec Maria Schram qui devient aussi membre clandestin du parti.

Au moment de la guerre de Finlande (novembre 1939-avril 1940), Mark Macken présente sa démission au PCB qui la refuse. Il avoue son erreur et reste membre actif. Pendant la Seconde Guerre mondiale, guerre, il s’engage auprès de la résistance. Il est, entre autres, responsable pour la presse clandestine à Anvers. Le parti le désigne au Front de l’Indépendance (FI) ou il travaille pour sa branche, Solidarité, dans le Brabant, à Anvers et en Flandre orientale.
À partir de mai 1941, Mark Macken est nommé professeur d’arts décoratifs à l’Académie royale des Beaux-Arts et devient professeur de dessin à l’École secondaire publique pour garçons de Termonde (Rijksmiddelbare Jongensschool Dendermonde, pr. Flandre orientale, arr. Termonde). C’est également à Termonde qu’il crée un noyau communiste. En 1943, il est indiqué comme responsable d’organisation du FI pour le Brabant flamand. Il devient collaborateur de l’édition illégale, De Vrijheidsklok : Orgaan van het Onafhankelijkheidsfront voor Vlaamsch Brabant en Limburg. Il est en même temps actif dans le mouvement des Comités de lutte syndicale (CLS) dans le Brabant et le Limbourg.
À Diest, Macken reste en contact avec son ami de jeunesse et voisin, le libéral et plus tard ministre d’État, Omer Vanaudenhove, lui aussi actif au sein de la Résistance (Armée Secrète, Schuiloord Jachttijger, Diest).
Le 19 mai 1943, Mark Macken est trahi et arrêté à Courtrai (Kortrijk, pr. Flandre occidentale, arr. Courtrai) par la Geheime Feldpolizei. Il est emprisonné à Breendonk (commune de Willebroek, pr. Anvers, arr. Malines-Mechelen), déporté à Sachsenhausen (commune d’Oranienbourg, Brandebourg, Allemagne) et libéré en mai 1945. Son ami, Omer, est trahi par la même personne et subit le même sort.

Dès son retour en Belgique en 1945, Mark Macken est engagé par sa ville de Diest pour concevoir le Monument de la Résistance en hommage aux neuf membres de l’Armée secrète Schuiloord Jachttijger. Il s’agit d’une commande de l’association de Résistance locale, présidée par Omer Vanaudenhove. Le 8 septembre 1946, le ministre communiste des Travaux publics, Jean Borremans, inaugure solennellement ce qui est probablement le premier monument à la Résistance en Belgique. Ironiquement, selon l’architecte Renaat Braem, la pierre utilisée est à l’origine destinée au mausolée jamais réalisé du chef de la Ligue nationale flamande (Vlaamsch Nationaal Verbond-VNV) et collaborateur, Staf de Clercq.
Avec Braem, Mark Macken va encore dessiner inq monuments commémoratifs dont un seul sera construit. Pour l’imprimerie communiste à Bruxelles, la Société populaire d’éditions, il crée un bas-relief qui représente en son centre l’un des fondateurs et président du PCB, Joseph Jacquemotte, entouré d’un ouvrier et d’une paysanne.

En novembre 1946, Mark Macken est nommé professeur de dessin à l’Académie des Beaux-Arts d’Anvers. Il en est le directeur de 1962 jusqu’à sa mort. En tant que membre de nombreux comités tels que le Comité consultatif du Musée de plein air de Middelheim à Anvers, le Comité national des arts plastiques, la Commission royale des monuments et des sites et l’Académie royale des sciences, des lettres et des Beaux-Arts de Belgique, Macken contribue à définir la politique artistique de la Belgique. À l’Académie, il introduit, à partir de 1962, des innovations nécessaires pour adapter cette institution de grande tradition à l’époque contemporaine. De nouvelles orientations sont proposées comme la céramique, le graphisme appliqué, la mode et la scénographie, la photographie et la création de bijoux.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article243668, notice MACKEN Mark, Marcel. par Theun Vonckx, version mise en ligne le 10 novembre 2021, dernière modification le 17 novembre 2021.

Par Theun Vonckx

SOURCES : CEGESOMA, documents Alphons Verboven concernant la résistance à Diest et environs – DACOB, dossier CCP – Liberas, archieven Omer Vanaudenhove – « Macken Mark », dans Site Web : inventaris.onroerenderfgoed.be – CORBET A., Mark Macken, Brussel, Elsevier, 1959, 16 p. – VAN LOOIJ T. (ed.), Beeldhouwer Mark Macken 1913-1977, Antwerpen, Nationaal Hoger Instituut en Koninklijke Academie voor de Schone Kunsten, 1979, 96 p. – LAMPO J., In het Spoor van de Academie. Kunsten in Antwerpen, Antwerpen, MAS/BAI Publishers, 2013, 176 p. – DE BEULE K., De thuiskomst van Mark Macken, dans Site Web : Liberas.eu, mis en ligne le 28 avril 2020.

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