DE BERNE Jean

Par Anne Mathieu

Journaliste ; reporter en Espagne en 1936

Jean de Berne fut envoyé spécial de l’hebdomadaire intellectuel du Front populaire Vendredi en Espagne à la fin août-début septembre 1936, ainsi que de l’hebdomadaire illustré communiste Regards – dans lequel seule l’initiale de son prénom était mentionnée – et de L’Intransigeant. Les reportages publiés dans ces périodiques furent signés conjointement avec Jean-Paul Bouguennec. Leur article de Vendredi s’intitulait « A Saragosse, chez les rebelles », zone détenue par les franquistes dans laquelle ils s’étaient en effet rendus.
Jean de Berne côtoya aussi un reporter socialiste, André Beurel, avec lequel il fuit l’arrivée des franquistes à Saint-Sébastien en septembre 1936 (Le Populaire, 23 septembre 1936 ; Le Midi socialiste, 24 septembre 1936).

Il devint sociétaire de la Société astronomique de France : cette information, fournie par la revue L’Astronomie en janvier 1937, permet aussi de savoir qu’il est identifié en qualité de journaliste et de connaître son adresse d’alors : 73, rue Pigalle, à Paris.

Un peu moins d’un an après son retour d’Espagne, Jean de Berne fut mêlé malgré lui, dans le sillage de Jean-Paul Bouguennec, à ce que la presse d’extrême droite nomma « l’affaire des cobayes ». Le 13 août 1937, L’Action française publia le démenti suivant de Jean de Berne, précédé de quelques lignes de la rédaction : « Nous avons reproduit ici le 6 août, l’exposé fait de cette affaire par le journal espagnol Arriba España. Le fils d’un ancien consul, M. de B... était mis en cause. M. Jean de Berne, s’étant reconnu, nous écrit : "[…] un de vos collaborateurs a cru devoir me mettre en cause, dans un article débutant en première page ayant pour sujet une affaire de "cobayes humains". /Conformément à la loi du 29 juillet 1881, je vous prie de bien vouloir faire insérer en même place et mêmes caractères, la rectification suivante : /Je proteste énergiquement, je n’ai jamais été mêlé à cette affaire et ne l’ai connue, comme tout le monde, qu’après coup. /Ceci dit, la seule chose qu’il y ait d’exacte est que je connaissais Jean-Paul Bouguennec. A ce sujet j’ai déterminé mes relations avec Bouguennec dans une rectification que j’ai adressée à un journal du soir qui m’a mis en cause en insistant sur le fait d’une collaboration datant d’un an et, d’ailleurs, nullement compromettante. /En ce qui concerne la relation de l’affaire que vous reproduisez d’après Arriba España, je puis vous certifier qu’en ce qui me concerne, elle est hautement fantaisiste. […]". »

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article243674, notice DE BERNE Jean par Anne Mathieu, version mise en ligne le 27 novembre 2021, dernière modification le 14 janvier 2022.

Par Anne Mathieu

SOURCES : Anne Mathieu, Nous n’oublierons pas les poings levés. Reporters, éditorialistes et commentateurs antifascistes pendant la guerre d’Espagne, Paris, éditions Syllepse, 2021. — Journaux et articles de presse cités dans la notice.

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