GAUTHIER Octave

Par Didier Lemaire

Né le 22 décembre 1881 à Thenay (Loir-et-Cher), fusillé comme otage le 30 avril 1942 à la citadelle d’Amiens (Somme) ; vigneron-tonnelier ; gérant de coopératives, militant socialiste, puis communiste à partir de 1921.

Fils de vigneron, Octave Gauthier était lui-même vigneron et tonnelier. Avec son ami vigneron Cyrille Samson, il fonda la section socialiste de Thenay en 1905. Son esprit d’entreprise fut à l’origine de toute une organisation coopérative qui servit alors d’exemple dans le département du Loir-et-Cher : mise en valeur par le journal socialiste Le Progrès, elle fut l’objet de campagnes de dénigrement dans la presse de droite parce qu’elle se réclamait du socialisme. En août 1906, il créa la coopérative vinicole de Thenay dite « La Prolétarienne », dont l’objectif était de vendre ses vins à des coopérateurs parisiens et qui plus tard créa un dépôt à Auneau (Eure-et-Loir). En septembre 1907, il fonda à Thenay une épicerie coopérative, « L’Économie sociale », qui, ultérieurement, établit des succursales dans les villages voisins de Vallières et de Choussy et qui disparut vers 1926 en raison de difficultés financières. Il organisa à Thenay pour le premier anniversaire de « La Prolétarienne » une grande fête qui exalta la coopération en présence de Guillemin et d’Élisabeth Renaud. Il fut aussi au nombre des animateurs du « Cercle d’études sociales » de Thenay qui comptait 69 membres actifs en 1910 : ce cercle créa une bibliothèque et organisa de nombreuses conférences.
Après le congrès de Tours, Octave Gauthier devint communiste. Le 3 novembre 1935 il participa à une réunion de militants communistes à Blois qui se fixa pour objectif la réorganisation du parti en Loir-et-Cher. Le 21 novembre 1935 il créa à Thenay une cellule communiste dont il fut le secrétaire. Avec son neveu Didier Beaudoin il participa à la création et à l’animation du comité antifasciste Amsterdam-Pleyel de la commune qui, trois étés de suite, organisa à Thenay une grande fête populaire.
Pendant la guerre, Octave Gauthier fut en contact avec l’instituteur communiste Bisault. Avec son fils Francis, il assura la distribution de journaux clandestins. Son fils, qui était chauffeur, fit passer du courrier et des passagers d’une zone à l’autre. Le 22 juin 1941, lors de l’invasion de l’URSS par l’armée allemande, il fut arrêté ainsi que son fils et interné à Compiègne. Sa fiche de police (française) indiquait : « Communiste notoire, collabore au journal communiste La Terre. » Il n’était pourtant qu’un correspondant occasionnel de ce journal auquel il avait envoyé des articles sur les problèmes viticoles ; mais les nazis le considérèrent comme un journaliste communiste. Au camp de Compiègne, utilisant son expérience de responsable de la fanfare de Thenay, il anima une chorale. Le 15 avril 1942, il fut emmené à la citadelle d’Amiens en tant qu’otage suite à l’attentat contre un train de soldats allemands à Moult-Argences près de Caen (Calvados) le 16 avril 1942. Il a été fusillé le 30 avril avec quatre otages (voir Marcel Duchemin). Son corps a été inhumé au cimetière de Rivery-les-Amiens.

Son fils, Francis Gauthier, déporté à Auschwitz, y mourut en octobre 1942.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article24380, notice GAUTHIER Octave par Didier Lemaire, version mise en ligne le 11 juin 2009, dernière modification le 1er novembre 2020.

Par Didier Lemaire

SOURCES : Arch. Cyrille Samson. – Le Progrès de Loir-et-Cher. – Le Travailleur. – Jardel et Casas, La Résistance en Loir-et-Cher, Librairie de la Loire. – Témoignages de Didier Beaudoin, Raymond Samson, Georges Larcade.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément