OCHART Alphonse, Appolinaire [Dictionnaire des anarchistes]

Par Dominique Petit

Né le 24 janvier 1856 à Hazebrouck (Nord), mort le 3 février 1930 à Paris (XXe arr.) ; fabricant de chaussures ; anarchiste parisien.

Photo anthropométrique Alphonse Bertillon. Collection Gilman. Métropolitan museum of art. New-York

Le 29 juillet 1882, il se maria à Paris (Ve arr.) avec Jeanne, Edmée Champenois, couturière. Il habitait 145 bis rue Saint-Jacques.
Alphonse Ochart, qui était veuf , père de 3 enfants et vivait en concubinage avec Clémentine Jacquet (ou Jaglet) était d’abord un partisan de Paul Brousse, il militait au Comité d’études socialiste révolutionnaire du XIIIe arrondissement situé 38 avenue d’Italie.
Pour commémorer l’anniversaire du 18 mars 1871, le groupe avait organisé un grand punch-conférence le 16 mars 1889 et Ochart faisait partie des militants vendant les cartes d’entré à son adresse, 45 rue Croulebarbe.
Du 16 au 21 juillet 1889, il était l’un des trois délégués du Cercle du XIIIe arrondissement au Congrès international, qui se déroulait salle de l’Union du Commerce et de l’industrie, 10 rue de Lancry.
Il serait devenu anarchiste en novembre 1892 lorsque il avait employé et hébergé le compagnon Bonnard. Il demeurait alors 38 rue de l’Espérance (XIIIe arr.).
Le 22 janvier 1894 la police arrêta chez lui le compagnon Bonnard et lors de la perquisition avait trouvé dans le poêle une grande quantité de papiers à demi brûles et avait saisi un numéro du Père Peinard, 2 exemplaires du Prolétaire et un supplément de La Révolte.
Ochart fut arrêté, avant de bénéficier d’un non lieu, le 3 avril suivant.
Le 30 juin 1894, le préfet de police signa un mandat de perquisition et d’amener à son encontre pour participation à une association de malfaiteurs. Le 1er juillet à 4 h30 du matin, le commissaire du quartier de la gare se présenta à son logement, 4 rue Buot (XIIIe arr.), composé de deux pièces, d’une cuisine et d’une cave. Le commissaire trouva dans un bureau et dans une autre pièce différents documents qu’il saisissait :
un carnet de notes, un écrit intitulé Le vin de Marsala,
des coupures de presse sur l’anarchisme,
un numéro du Chambard et un de La Révolte , la chanson Le château du diable et une lettre, puis dans la pièce servant d’atelier un numéro du journal Les trois huit
dans la cave 6 numéros du Père Peinard.
Lors de son interrogatoire il avait nié être anarchiste et avait justifié la présence des journaux, parce qu’il en faisait la collection . Il avait ajouté : « C’est la seconde fois que je suis arrêté. Je n’ai commis aucun délit, aucun crime cotre la société et je réprouve ceux qui en commettent ».
Présenté au juge d’instruction Franqueville le 4 juillet, il était poursuivi pour « association de malfaiteurs » et il fut incarcéré à Mazas avant d’être remis en liberté provisoire le 6 juillet suivant. Il avait bénéficié de nombreux témoignages favorables de voisins et d’artisans pour lesquels il avait travaillé et même d’un député qui affirma qu’il était « un ouvrier laborieux…un fervent républicain ». Il bénéficiera ultérieurement d’un non lieu, le 4 juillet 1895.
Son dossier à la Préfecture de police portait le n°72.224.
Alphonse Ochart figurait sur l’état récapitulatif des anarchistes au 31 décembre 1894. Sur l’état au 31 décembre 1896, il demeurait 12 rue Michal et portait la mention « dangereux ». Il fut rayé de la liste le 24 janvier 1897.
A la fin de sa vie, il demeurait 11 rue Saint-Fargeau.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article243826, notice OCHART Alphonse, Appolinaire [Dictionnaire des anarchistes] par Dominique Petit, version mise en ligne le 16 novembre 2021, dernière modification le 17 novembre 2021.

Par Dominique Petit

Photo anthropométrique Alphonse Bertillon. Collection Gilman. Métropolitan museum of art. New-York
Fiche photo anthropométrique Alphonse Bertillon. Collection Gilman. Métropolitan museum of art. New-York

SOURCES : Arch. de Paris D3 U6 51 — Le Prolétariat 16 février, 20 juillet 1889. — Le Parti ouvrier 19 juillet 1889. — Les anarchistes contre la république de Vivien Bouhey. Annexe 56 : les anarchistes de la Seine. — Archives de la Préfecture de police Ba 1500. — Archives de Paris. Etat civil. — Notice Ochart Alphonse, Appolinaire du Dictionnaire des militants anarchistes.

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