BORREL Andrée, Raymonde

Par Jean-Louis Ponnavoy

Née le 18 novembre 1919 à Paris (VIIIe arr., Seine), exécutée sommairement le 6 juillet 1944 à Natzwiller (Bas-Rhin) ; vendeuse, infirmière ; militaire ; résistante du SOE section française et des Forces françaises combattantes (FFC) homologuée DIR.

Andrée Borrel était la fille de Louis Jean Borrel, mécanicien et d’Eugénie Marie Françoise Fayollas, ménagère, domiciliés, 19 rue Pergolèse, à Paris (XVIe arr). Elle était célibataire et domiciliée 23 rue Caumartin à Paris (IXe arr.).
La famille s’était installée au lieu-dit de Bécon-les-Bruyères, à Courbevoie (Seine). Elle perdit son père à l’âge de onze ans.
En 1933, elle quitta l’école et travailla comme vendeuse à la boulangerie Pujo, à Paris. En 1935, elle fut employée au Bazar d’Amsterdam.
En 1939, membre de la Fédération Cyclo-Féminine de France, elle se classa 5e de la course Pontoise–Meru–Pontoise.
Quand la guerre éclata, elle se rendit en famille à Toulon et reçut une formation d’aide-soignante au sein de l’Association des Dames de France (ADF). Elle fut affectée à Beaucaire pour soigner les soldats blessés et rencontra Maurice Dufour, son compagnon. L’hôpital nîmois où elle travaillait ferma en juillet 1940. Elle rejoignit Maurice qui avait intégré la ligne d’évasion Pat O’Leary, première filière d’évasion vraiment organisée pour les pilotes abattus et les soldats alliés qui se trouvaient là et voulaient regagner la Grande-Bretagne. Le couple s’installa alors dans une villa à Canet-Plage, près de Perpignan et de la frontière espagnole.
En décembre 1940, après l’arrestation de nombreux agents du nord de la Ligne de démarcation, Andrée dut s’enfuir et se réfugier à Lisbonne au Portugal. Elle y travailla quelque temps au Bureau de propagande de la France libre.
Elle rejoignit Londres mais rejetée par les FFL pour un motif politique, elle rejoignit l’armée anglaise en tant que lieutenant au Women’s Transport Service (F.A.N.Y. First aid nursing yeomanry), puis fut recrutée comme volontaire par le SOE avec les pseudos " Denise, Monique, Whitebeam ". Parachutée en 1942 pour développer les réseaux "Physician-Prosper" & "Carte", elle seconda Francis Suttill dans ses missions de parachutage. L’Abwehr ayant infiltré ces groupes, elle fut arrêtée le 23 juin 1943.
Elle fut déportée au départ de Paris le 13 mai 1944 à destination du camp du Struthof, à Natzwiller où elle fut exécutée par injection de poison et incinérée le 6 juillet 1944.
L’acte de décès fut transcrit le 6 octobre 1944 à la mairie de Paris (IXe arr.)
Elle est honorée par une plaque au mémorial des disparus à Brookwood (Grande-Bretagne).
Son nom figure sur le Mémorial SOE, Soldats du Commonwealth, à Valençay (Indre), sur la plaque commémorative des femmes du SOE, à Natzwiller (Bas-Rhin) et sur la liste des Victimes civiles et déportés 1939-1945, à Paris (IXe arr.)
Elle fut décorée de la Croix de Guerre 39/45 avec palme, de la Médaille de la Résistance française avec rosette par décret du 31/03/1947 et publication au JO le 26/07/1947 et du King’s Commendation for Brave Conduct (Mention élogieuse de la Reine pour sa conduite courageuse), décoration belge.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article243854, notice BORREL Andrée, Raymonde par Jean-Louis Ponnavoy, version mise en ligne le 20 novembre 2021, dernière modification le 20 novembre 2021.

Par Jean-Louis Ponnavoy

SOURCES : Service historique de la Défense, AVCC, Caen, AC 21 P 27427 (nc) et SHD, Vincennes, GR 16 P 74769 (nc).— Le blog de Philippe Poisson Andrée Borrel du Special Operations Executive (SOE) du 24 octobre 2009.— Wikipédia Andrée Borrel.— Mémoire des Hommes.— Mémorial Genweb.— État civil (acte de naissance n° 1923).

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