AIRAUD Micheline, Marie, Jeanne

Par Daniel Grason

Née le 5 mai 1920 à La Chapelle Saint-Étienne (Deux-Sèvres), morte le 25 décembre 2005 à Reims (Marne) ; sténodactylo ; militante des Jeunes Filles de France, du Parti communiste et de la CGT ; résistante ; conseillère municipale communiste de Clichy de 1983 à 1989.

Fille d’Arthur et d’Albertine née Paillat, Micheline Airaud obtint à l’issue de sa scolarité le CEP. Elle vivait 144 rue Martre à Clichy-la-Garenne (Seine, Hauts-de-Seine). Pendant la guerre, âgée de dix-neuf ans elle continua de militer, elle distribua des tracts du Parti communiste clandestin. Elle fut interpellée à son domicile le 28 mars 1943 par des inspecteurs de la BS2 de la Préfecture de police.
Son arrestation eut lieu dans le cadre d’un coup de filet de la BS2 qui procéda à trente-cinq arrestations, quinze résistants qui étaient en relation avec Pierre Schlup ou des membres de son groupe ont été fusillés au Mont-Valérien à Suresnes.
Interrogée dans les locaux de la Préfecture de police, elle ne fut pas frappée. Les policiers avaient la preuve qu’elle présenta Roger Chevy à un militant qui vivait dans l’illégalité. Elle déclara : « Il est exact que vers le 13 janvier, j’ai présenté à Chevy, un jeune homme que j’appelle "Raymond" et que j’avais connu autrefois dans des fêtes organisées par les Jeunes Filles de France. […] "Raymond" m’avait demandé de le présenter à Roger Chevy pour que ce dernier lui trouve un hébergement. Raymond m’a expliqué qu’il s’agissait d’un jeune homme de Soissons et non de Beauvais, qui ne voulait pas partir travailler en Allemagne. »
« Depuis le moment où le l’ai présenté à Chevy, je n’ai plus revu cet homme ».
Les policiers ne furent pas convaincus. « Vous [le] connaissez certainement mieux que vous le dites, le militant que vous appelez "Raymond". Vous avez fait sa connaissance à une époque où il n’existait aucune raison de dissimuler son état civil. En outre, il était nécessaire pour qu’il vienne vous voir qu’il est absolument confiance en vous. Enfin, il fallait qu’il connaisse vos relations pour vous demander de présenter à Chevy, le camarade qui l’accompagnait. Expliquez-vous ? »
Micheline Airaud rétorqua : « Je ne peux vous fournir aucun renseignement sur Raymond ».
Un inspecteur lui donna lecture des déclarations de Chevy, et il en concluait « Il en résulte qu’en sa compagnie, vous avez confectionné et distribué des tracts. Qu’avez-vous à dire ? »
Elle affirma : « C’est faux. Je ne me suis jamais livrée à une activité illégale ».
Incarcérée, Micheline Airaud a été relaxée cinq mois plus tard sans avoir été jugée. Elle fut auditionnée par la police judiciaire le 22 mai 1945 sur les circonstances de son arrestation.
En 1945 elle exerçait la profession de sténodactylo, son père Arthur ayant été nommé inspecteur général de la Préfecture de police, elle vivait au 7 boulevard du Palais à Paris (1er arr.). Du fait de procédures entachées d’illégalité, Arthur Airaud a été écarté de la Préfecture avec d’autres membres de la commission d’épuration.
Micheline Airaud a été homologuée Internée résistante.
Elle habitait à Clichy au 144 rue Martre, elle travailla à la société des Bougies AC au 56 boulevard de Lorraine aujourd’hui général Leclerc. Elle travailla ensuite à la General Motors à Gennevilliers, fut déléguée CGT. Oratrice, elle prenait la parole lors des grèves. Communiste, elle participait aux réunions de la cellule communiste de l’entreprise et aux manifestations.
Elle quitta dans les années 1990 Clichy pour Gennevilliers, elle vécut avec René Duval au 14 rue Marcel Lamour. Tous deux abandonnèrent la banlieue ouest pour une retraite dans la Marne.
Elle mourut le jour de Noël 2005 à l’âge de 86 ans.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article243858, notice AIRAUD Micheline, Marie, Jeanne par Daniel Grason, version mise en ligne le 18 novembre 2021, dernière modification le 6 décembre 2021.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. BA 2299, KB 90. Transmis par Gérard Larue BS2 carton 1. – Bureau Résistance GR 16 P 5254. – État civil site internet Match ID. – Nos remerciements à Jean-Pierre Raynaud pour les précisions qu’il nous a communiquées.

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