DÉSERT Albert Joseph

Par Daniel Grason

Né le 25 novembre 1908 à Troisvilles (Nord), mort le 21 mai 2000 à Riom (Puy-de-Dôme) ; inspecteur de la Brigade spéciale n° 1 des Renseignements généraux ; résistant.

Fils d’Eugène Joseph, vingt-six ans, maçon et de Philomène née Burtin, vingt-quatre ans, tisseuse, Albert Désert alla à l’école primaire. Le 16 octobre 1929 il fut incorporé au 1er Régiment de Chasseurs d’Afrique à Rabat au Maroc, il a été libéré le 15 octobre 1930 comme soldat de 1ère classe.
Entré dans la police parisienne le 1er juillet 1932, Albert Désert épousa le 26 novembre de la même année Jeanne Louise Milet en mairie de Bertry arrondissement de Cambrai (Nord). Le couple eut deux enfants, la famille vivait au 8 rue Ledru Rollin à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, Val-de-Marne).
Albert Désert fut titularisé le 1er août 1933, nommé délégué inspecteur auxiliaire le 18 octobre 1939, puis inspecteur spécial le 15 avril 1941, il a été affecté d’office à la Brigade spéciale n°1 des Renseignements généraux. Il bénéficia comme tous les membres de la BS1 d’une prime de 200 francs. En 1941, il était noté ainsi : « Bon inspecteur, peut certainement mieux faire, exécute très correctement les missions qui lui sont confiées, note chiffrée : 15. » L’année suivante sa note baissa : 12. « Assez bon inspecteur, doit pouvoir s’améliorer ; esprit d’initiative moins marqué que précédemment ». Et en 1943 sa note resta au même niveau : 12.
Comme tous les inspecteurs de la BS1 il bénéficia d’un avancement de classe annuel au lieu de biennal. Le 12 septembre 1944, il a été nommé inspecteur spécial à la Police Judiciaire et affecté à la Brigade des Garnis.
En 1945, une commission d’Épuration de la police examina son activité pendant la guerre. Il déclara qu’il prenait souvent son service vers 11 heures. « Mes collègues qui revenaient alors de faire une opération, me demandaient fréquemment : "Que fais-tu là, rien, alors fait la mise à disposition et portes-là sur le livre d’écrou, c’est la raison sans doute pour laquelle je figure sur 54 arrestations de patriotes. D’ailleurs, la meilleure preuve que je n’avais pas la confiance, c’est que j’étais porté sur une liste d’internement, sur les ordres de [Fernand] David ».
Albert Désert expliqua qu’il était entré dans la résistance avant d’être membre d’une organisation en janvier 1944. En contact avec des responsables de la résistance à Saint-Maur-des-Fossés, la ville où il vivait, il les prévenait du danger. Il alerta également monsieur Weiss un responsable de la communauté juive de l’imminence de son arrestation.
Un seul résistant, D… l’accusa de l’avoir frappé, Albert Désert répondit par écrit à cette mise en cause le 2 novembre 1945 : « Il est vraisemblable qu’il m’ait aperçu dans les locaux et qu’il m’ait confondu avec un de ses tortionnaires mais je le répète il fait erreur, car si j’avais eu l’habitude de frapper les détenus il ne serait pas le seul à me le reprocher ».
Deux inspecteurs Alfred Angelot et Émile Marbouty témoignèrent, ils écrivirent à son sujet : « Désert qui était considéré par ses chefs comme un élément tiède ne s’est jamais vu confier de filatures ». Cela signifiait qu’ils ne le considérait pas comme un inspecteur fiable.
Albert Désert a été homologué résistant au titre des Forces françaises combattantes (FFC) d’obédience gaulliste.
Quant au commissaire Fernand David son supérieur, il fut jugé, condamné pour trahison le 16 avril 1945, et fusillé le 5 mai 1945 au fort de Montrouge (Seine, Hauts-de-Seine).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article243892, notice DÉSERT Albert Joseph par Daniel Grason, version mise en ligne le 20 novembre 2021, dernière modification le 20 novembre 2021.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. KB 34. – Bureau Résistance GR 16 P 179080. – État civil AD du Nord Troisvilles cote 3 E 7128 acte n° 55, site internet Match ID.

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