PUGIN Maurice

Par André Balent

Né le 24 juillet 1922 à Riaz (canton de Fribourg, Suisse), mort en août 1944 à Pierrelatte (Drôme) [officiellement à Montélimar (Drôme)] ; agriculteur ; résistant ; déporté depuis Toulouse (Haute-Garonne) par le « train fantôme »

Montélimar (Drôme), gare SNCF
Plaque commémorative de la mort (19 août 1944) de cinq passagers du "train fantôme" parti de Toulouse (Haute-Garonne) le 3 juillet 1944 en direction de Dachau (Allemagne)

Franceso Nitti, antifasciste italien interné au camp du Vernet-d’Ariège (Ariège), connaissait Maurice Pugin interné aussi dans ce camp. Nitti, qui ne donne pas son nom, explique (op. cit., 2004, p. 94) qu’il était « Suisse » et qu’il « était un tout jeune homme d’une vingtaine d’années qui avait travaillé en France comme agriculteur ». Le site MemorialGenWeb le classe comme « résistant FFI ». C’est probable car le camp du Vernet-d’Ariège servait de lieu d’internement pour les étrangers « indésirables » arrêtés par la police ou la gendarmerie françaises.
Henri Barrès fut transféré à Toulouse avec les autres détenus du Vernet-d’Ariège : le 9 juin 1944, ce camp français fut occupé par les Allemands et les derniers internés furent transportés par camions, le 30 juin 1944, à Toulouse. Le 3 juillet 1944, à Toulouse, ils furent embarqués, en compagnie de détenus dans le quartier allemand de la prison Saint-Michel de la « ville rose » dans un convoi de déportés à destination de l’Allemagne qui fut connu sous le nom de « train fantôme ». Ce train eut un parcours sinueux, chaotique et fort long. Dans le train, il y avait, entre autres, deux « anciens » de la 35e brigade des FTP-MOI très active à Toulouse et dans les environs, Jacob Insel et François Lafforgue. Parti de Toulouse ce convoi fut bloqué à Angoulême avant de revenir à Bordeaux d’y rester près d’un mois et de repartir le 9 août pour Toulouse pour contourner par le sud le Massif Central puis rejoindre Pierrelatte. Ce train subit plusieurs mitraillages alliés, qualifiés de « bombardements » dans les documents du Service historique de la Défense (SHD).

Ce fut peut-être à la suite de l’un de ces mitraillages que Maurice Pugin fut mortellement atteint à Pierrelatte. Une incertitude demeure car, dans la confusion générée par le mitraillage, des prisonniers tentèrent une évasion. Son corps fut descendu sans vie, avec cinq autres, parfois gravement blessés et mourants, en gare de Montélimar. L’acte de décès fut dressé sur le registre de l’état civil de Montélimar. Il indique que les « passagers » tués le furent par les Allemands : « Mitraillés par les Allemands sans aucuns autres renseignements recueillis sur leurs identités » sur l’acte de décès collectifs de sept (barré) six décédés détenus [passagers du « train fantôme »]. Un autre passager suisse du train fantôme, également interné au camp du Vernet-d’Ariège, Henri Barrès fut également tué ou mortellement blessé à Pierrelatte, le 19 août 1944.

Le nom d’Henri Barrès figure sur la plaque commémorative scellée en gare de Montélimar, célébrant la mémoire des victimes du « train fantôme » tuées le 19 août 1944.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article243948, notice PUGIN Maurice par André Balent, version mise en ligne le 23 novembre 2021, dernière modification le 27 novembre 2021.

Par André Balent

Montélimar (Drôme), gare SNCF
Plaque commémorative de la mort (19 août 1944) de cinq passagers du "train fantôme" parti de Toulouse (Haute-Garonne) le 3 juillet 1944 en direction de Dachau (Allemagne)

SOURCES : Francesco Nitti, Chevaux 8, hommes 70, Perpignan, Mare Nostrum, 2004, 107 p. [p. 94], réédition ; édition originale : Éditions Chantal, Toulouse, 1945 ; préface de Jean Cassou. — Sites MemorialGenWeb et Mémoire des hommes consultés le 21 novembre 2021 : aucune mention sur la base de données de ce dernier site.

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