FICI Yves, Pierre, Antoine

Par Jean-François Lassagne

Né le 6 novembre 1930 à Metz (Moselle), mort le 11 février 2014 à Metz ; employé à l’Usine d’électricité de Metz ; syndicaliste CGT de Moselle, trésorier du syndicat de l’UEM (1961-1971), membre de la commission exécutive de l’UD de Moselle (1971-1977, 1984-2009), membre du bureau de l’UD (1984-2006), membre de la commission exécutive de la Fédération nationale de l’Énergie (1979-1982) ; administrateur de l’URSSAF de Moselle (1978-2001), administrateur de la CRAM d’Alsace-Moselle (1983-2001), administrateur de la CPAM de Metz (1989-2001) ; membre du Parti communiste (1970-1999).

Yves Fici en 2006
Yves Fici en 2006
Photo J.-F. Lassagne

Yves Fici naquit à Devant-les-Ponts, un quartier de Metz. Son père, Pierre Fici, était né le 27 juin 1898 à Campegine (Province de Reggio-Emilia) en Italie, d’une famille qui comptait six enfants, et qui vécut en Moselle. Boulanger dans un premier temps, il occupa par la suite plusieurs emplois : employé à la Conserverie messine, puis ouvrier à l’entreprise Scholtés, entre autres, et termina placier à la ville de Metz. Il mourut le 29 novembre 1964 à Metz. En juillet 1926, il avait épousé à Metz une modiste, Marie (Barbe, Christine) Metzger, et le couple eut quatre fils, dont Yves. Joséphine Knab, la mère de Marie, était alsacienne et originaire de Hochfelden (Bas Rhin), et son père Joseph Metzger, un lorrain de Langatte (Moselle), travailla à l’octroi à Metz. Marie mourut le 26 avril 1940 à Metz, des suites d’une opération chirurgicale.

La même année, après la seconde annexion de l’Alsace-Moselle, la famille fut expulsée par les Allemands ; alors que les grands parents Metzger étaient dirigés vers Lourdes avec Yves et son frère Bernard, ses deux autres frères, Louis et Jean-Claude, restèrent à Metz avec leur père qui venait d’être libéré. Au bout de sept mois, son frère partit pour Tarbes avec sa tante, et Yves quitta Lourdes avec ses grands-parents pour Fontrailles (Hautes-Pyrénées) où ils demeurèrent alors. C’est là qu’il fréquenta l’école et obtint son certificat d’études primaires en 1943, avant de trouver du travail dans une ferme de la région. De retour à Metz dès la Libération en 1945, Yves Fici exerça divers emplois, de courte durée pour la plupart, notamment à la Conserverie messine où il resta presque deux ans, avant d’effectuer son année de service militaire à Metz de juin 1949 à juin 1950.

De juillet 1950 à mai 1952, il travailla à l’usine Scholtès qui fabriquait des fours électriques à Woippy (Moselle), près de Metz, et se syndiqua à la CGT. Puis, sur « un coup de tête », il contracta un engagement volontaire dans l’armée et partit en Indochine de fin 1953 à août 1955, puis à Mers-el-Kebir et Alger jusqu’au 28 avril 1956 où il retrouva la vie civile. Il exerça de nouveau plusieurs emplois, notamment ceux de chauffeur à l’entreprise Kritter, négociant de boissons à Metz, puis de conducteur de « Scheissekarre » (véhicule des égoutiers ainsi nommé par ses utilisateurs), à la Ville de Metz, d’où il démissionna pour être engagé à la Régie municipale des transports en commun de la région messine (TCRM), le 19 novembre 1956, dans un emploi mixte de conducteur d’autobus et d’ouvrier d’atelier. Le 18 mai 1957, à Ban-Saint-Martin près de Metz, il épousa Marie-Thérèse Simon, née le 19 décembre 1935 à Lorry-lès-Metz (Moselle) ; ils eurent deux enfants : Martine, née en 1959, militante de la CGT, et Michel, né en 1967. Son épouse était la fille d’un employé de la Banque de France et d’une mère qui cultivait et commercialisait la fraise.

Très actif au sein de la CGT, Yves Fici fut alors licencié des TCRM par le directeur qui, sous la pression du personnel, dut le réembaucher en février 1958 à l’Usine d’électricité de Metz (UEM), régie dont il était également directeur. À l’UEM, Yves Fici fut employé comme releveur-encaisseur, en situation de non-titulaire durant trois ans, avant d’être titularisé en 1961. Dès lors, il intégra le conseil, puis le Secrétariat du syndicat CGT de l’UEM, dont il resta trésorier durant dix ans. Il fut l’un des principaux acteurs des évènements de Mai 68 dans l’établissement qui connut une grève d’un mois avec occupation, conclue par des avancées importantes et le paiement des journées chômées par les grévistes. Présent du début à la fin du mouvement, Yves Fici participa aux assemblées quotidiennes du syndicat CGT toujours suivies de celles de l’intersyndicale, et il ne fut pas étranger à la présence de sable dans la pointeuse, qui ne fut ainsi plus en état de fonctionner pour les « jaunes » durant le conflit. Premier vice-président de la Caisse mutuelle complémentaire d’action sociale (CAS) en 1966, il le resta jusqu’en 1976, car il en devint alors salarié pour assumer la gestion des activités de la mutuelle, et ce jusqu’à sa retraite. Dans le même temps, il fut élu délégué du personnel et secrétaire de la commission paritaire. Élu à la commission administrative de l’Union départementale de Moselle en 1971, il le demeura jusqu’en 1977, puis intégra la commission exécutive de la Fédération nationale de l’Énergie lors du congrès fédéral du Touquet en 1979. Chargé du suivi des entreprise non nationalisées (ENN) au sein de la fédération, membre de la sous-commission « classement-avancement », ses mandats l’amenaient à se rendre fréquemment à Paris et il fréquenta à ces occasions Marcel Paul*, à l’égard duquel il manifesta toujours une grande estime.

De retour à la commission exécutive de l’UD de Moselle en 1984, il entra au bureau, en charge du secteur social, et assuma dès lors de nombreux mandats, à la suite des élections de 1983, et jusqu’en 2001 atteint par la limite d’âge. Retraité en 1986, (en inactivité de service, précisait-il), son emploi du temps ne connut pas de pause : administrateur de l’URSSAF de Moselle de 1978 à 2001 et de la Caisse primaire d’assurance-maladie (CPAM) de Metz de 1989 à 2001, puis membre de la commission de contrôle de la CPAM jusqu’en 2003 ; administrateur de la Caisse régionale d’assurance-maladie (CRAM) d’Alsace-Moselle à Strasbourg ; membre de la commission Accidents du travail (AT) à Strasbourg, puis président du Comité technique régional (CTR) ; administrateur de l’Union régionale des caisses d’assurance maladie (URCAM) et de l’UGECAM de Lorraine à leur mise en place ; de 1990 jusqu’en 2001 président de la section régionale paritaire des personnels des organismes sociaux d’Alsace-Moselle ; représentant de la CRAM dans divers établissements hospitaliers de Moselle (Abreschviller, Lorquin, Forbach, Gorze, CHR de Metz, CHS de Jury où il fut vice-président), puis au conseil d’administration de l’Association mosellane d’aide à domicile aux personnes âgées (AMAPA) de 1984 à 2001, au bureau du CODERPA de 1984 à 2003 ; membre du Comité départemental du logement (CODAL) ; il fut également mandaté par l’UD de Moselle au Tribunal des affaires sociales (TAS), au Contentieux sécurité sociale (CRI), ainsi qu’au CILEST (organisme de collecte du 1 % logement), administrateur à LOGIEST (Établissement social de l’habitat). De 2000 à 2006, il exerça la présidence d’Alpha à Plappeville (Moselle), une association de formation pour les handicapés du travail. Enfin il présida, durant plusieurs années, l’Aide sociale et familiale aux travailleurs de Moselle, une association créée par l’UD de Moselle.

Yves Fici adhéra au Parti communiste à la cellule Joliot-Curie de Metz-nord en 1970 jusqu’en 1999. Absorbé par son activité syndicale, il ne s’engagea pas dans des mandats politiques, et demeura un adhérent de base. Il fut cependant candidat aux élections municipales de 1977 à Metz, sur la liste de gauche menée par Jean Laurain*, qui manqua de peu la victoire face à Jean Marie Rausch. C’est à cette époque qu’avec ses colistiers communistes, il fit condamner un homme politique mosellan de droite bien connu, pour des propos outranciers : « les dix communistes à visage découvert vont faire un hold-up sur la ville », avait-il dit. Membre de la CE de l’UD sans interruption depuis 1984, réélu lors du 45e congrès de 2006 à Dieuze (Moselle), il participait encore activement au bureau de l’Union syndicale des retraités (USR) en 2009, notamment par une présence quasi quotidienne dans les locaux de l’UD.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article24431, notice FICI Yves, Pierre, Antoine par Jean-François Lassagne, version mise en ligne le 3 février 2009, dernière modification le 15 janvier 2022.

Par Jean-François Lassagne

Yves Fici en 2006
Yves Fici en 2006
Photo J.-F. Lassagne
Yves Fici en 1993
Yves Fici en 1993
Coll. privée Y. Fici

SOURCE : Entretiens avec Yves Fici, 22 et 29 décembre 2008.

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