DESVOY Marius [DESVOY Jean, Marie, dit]

Par Renaud Poulain-Argiolas

Né le 5 juillet 1907 à Saint-Étienne (Loire), mort accidentellement le 10 mars 1952 à Arles (Bouches-du-Rhône) ; chalumiste, docker puis ferrailleur ; syndicaliste ; militant communiste de Port-de-Bouc (Bouches-du-Rhône) ; résistant ; déporté à Buchenwald.

Jean, Marie Desvoy (selon son acte de naissance) est couramment appelé Marius Desvoy. Il vit le jour à Saint-Etienne au 41, rue de Montaud, domicile de ses parents. Il était le fils de Jean, Marie, Antoine Desvoy, 25 ans, métallurgiste, et de Marie, Rosalie Monchalin, 24 ans, repasseuse.

Il se maria le 30 juin 1930 avec Charlotte, Florine Fayol à Balbigny (Loire).

Ouvrier chalumiste aux Chantiers et Ateliers de Provence de Port-de-Bouc (Bouches-du-Rhône), il était syndicaliste (très probablement CGT) et militant communiste.

Le 12 décembre 1941, il fit l’objet d’un signalement du commissariat de police de Port-de-Bouc. Il était docker et qualifié d’ « ex membre actif du parti communiste. Hostile au régime actuel. » Appartenant à la classe 1927, il avait fait son service militaire dans le 14e Chasseur alpin à « Tréve » (sans doute Trèves en Allemagne). Mobilisé pour la Seconde guerre dans le 105e Chasseur alpin, il avait été démobilisé le 28 juillet 1940. Il mesurait 1,56 m, avait les yeux gris et les cheveux bruns et était domicilié dans la commune au 37, rue Suffren.

Selon les souvenirs du résistant socialiste Joseph Brando, Marius Desvoy fit partie des contacts syndicalistes de Paul-Baptistin Lombard, qui coordonnait la résistance communiste sur la zone de Martigues-Port-de-Bouc.
Il fut reconnu membre de la résistance intérieure française (RIF) en « isolé » (non membre d’un réseau). Le Service historique de la Défense de Vincennes possède un dossier sur lui dans ses archives.

Arrêté, Marius Desvoy fut déporté à bord du convoi I. 252 parti de Toulouse le 30 juillet 1944 vers Buchenwald. Dans le même convoi se trouvaient d’autres militants communistes de Port-de-Bouc comme Louis Barsotti, Lucien Giorgetti et Armand Guigue. Arrivé au camp le 5 août, on lui attribua le matricule 69322 et le classa parmi les déportés politiques. Son inventaire mentionne les effets personnels qu’il avait à son arrivée : un bonnet, un blouson, un pantalon, un maillot de corps, une paire de chaussures et un stylo-plume.

En secondes noces il épousa Joséphine, Yvonne Sala à Lyon (IIIe arr.) le 28 septembre 1946.

Marius Desvoy mourut à Arles le 10 mars 1952, tué par l’éclatement d’un obus, alors qu’il travaillait comme ferrailleur.

La ville de Port-de-Bouc a donné son nom à une de ses rues.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article244313, notice DESVOY Marius [DESVOY Jean, Marie, dit] par Renaud Poulain-Argiolas, version mise en ligne le 22 décembre 2021, dernière modification le 10 janvier 2022.

Par Renaud Poulain-Argiolas

SOURCES : Arch. mun. Saint-Etienne, Naissances, 1907, Acte n°1606, 2 E 144. — SHD Vincennes, GR 16 P 181405 (nc). — Livre-Mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation. — Service international de recherches Arolsen. — Georges Borios, Port-de-Bouc – D’antan : des lieux-dits – Aujourd’hui : une ville... des rues, 1989. — Joseph Brando, Notes d’histoire vécue à Port-de-Bouc durant l’occupation allemande de 1940 à 1945, [sans date et non publié]. — Copie de la Notice individuelle de police du 12 décembre 1941 le concernant (fournie par René Giorgetti).

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