DÉSORMIÈRE André, Marius

Par Eric Panthou

Né le 13 avril 1914 à Saint-Nicolas-des-Biefs (Allier), exécuté sommairement par les Allemands le 19 août 1944 à Abrest (Allier) ; marchand de charbon ; résistant ?

Fils de Jean Desormière et de Marie Drigeard, André Désormière était marchand de charbon, demeurant au village de Fayot, commune de Saint-Nicolas-des-Biefs (Allier). Il s’était marié le 1er juillet 1935 à Saint-Nicolas-des-Biefs avec Marie-Blanche Bron, née le 25 septembre 1915 à Vacheresse (Haute-Savoie). Le couple eut sept enfants.
Il a été arrêté le 17 août 1944 à son domicile par des membres de la Division Waffen SS 44 stationnée au Mayet-de-Montagne. Ses deux frères également domiciliés dans la région ont été arrêtés le même jour. Le lendemain tous trois étaient emmenés au SD à Vichy (Allier). Si ses deux frères devaient être libérés 8 jours plus tard, André en revanche fut emmené une demi heure à peine après son arrivée.

Par jugement rendu le 3 avril 1945 à Cusset (Allier), il a été déclaré que le cadavre découvert sur la voie ferrée le 19 août 1944 sur le territoire de la commune d’Abrest (Allier) était celui d’André Désormière. Il avait été arrêté la veille de la découverte de son cadavre, par les Allemands, pour faits de résistance dit un rapport de police de 1946. Il ne fait aucun doute qu’il fut abattu par ceux-là même qui avaient procédé à son arrestation conclut l’inspecteur chargé de l’enquête. Il a été tué par rafale de mitraillette vers 12 heures le 18 août 1944.

Il n’a pas de dossier de résistant et son nom ne figure sur aucun monument. Il est en revanche recensé par erreur sur la base des morts en déportation et possède un dossier aux archives des victimes des conflits contemporains, à Caen, sans doute en tant qu’interné.
Il n’y a pas d’acte de décès à son nom à Abrest.
Après guerre, le maire de Saint-Nicolas-des-Biefs rapporta que Désormière avait été se plaindre de lui auprès de la commission d’armistice le 17 août 1943 parce qu’il avait donné l’ordre aux habitants de sa commune de refuser tout achat de charbon destiné aux occupants. Désormière avait dès l’arrivée des Allemands en zone sud, été leur fournisseur en charbon de bois, organisant des abattages clandestins, accompagnant les militaires allemands pour des rafles de denrées dans les fermes. Le maire ajouta qu’il ignorait les raisons de son exécution. Avait-il joué double jeu avec les Allemands en aidant la Résistance ? Avait-il subi une fausse dénonciation en raison des rancunes que son attitude avait éveillée ?

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article244315, notice DÉSORMIÈRE André, Marius par Eric Panthou, version mise en ligne le 14 décembre 2021, dernière modification le 28 novembre 2022.

Par Eric Panthou

SOURCES : Arch. Nat. : 199880016/1/2, enquêtes sur crimes de guerre ennemis. — AVCC Caen, AC 21 P 443 253, dossier mort en déportation pour André Désormière (nc). — Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 1296 W 1305 : Rapport au commissaire principal de Clermont-Ferrand, 29 octobre 1946. — Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 908 W 110. — État civil Vacheresse (en ligne).

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