GONTARD Auguste, Julien, Clément

Par Roger Pierre

Né le 30 mars 1899 à Valence (Drôme), mort le 16 novembre 1977 à Die (Drôme) ; instituteur à Chabeuil (Drôme), puis à Valence ; militant syndicaliste du SNI, militant mutualiste et militant socialiste de la Drôme.

Auguste Gontard perdit à l’âge de quatre ans son père, issu d’une famille de fermiers et de petits propriétaires, et lui-même gérant d’un moulin. Sa mère, veuve, commença à travailler et devint chef d’atelier dans une usine de pâtes alimentaires, se remaria avec un artisan chapelier. Aussi ce fut surtout l’influence de sa famille maternelle qui s’exerça sur lui, et particulièrement celle du grand-père, paysan aisé et assez instruit ; lorsque l’enfant fut reçu au certificat d’études primaires, son aïeul lui donna à lire de vieilles brochures qu’il gardait dans sa bibliothèque : Gracchus Babeuf, Louis Blanc, Karl Marx, la mère orienta son fils vers l’enseignement. Élève à l’école primaire supérieure de Valence de 1912 à 1916, Auguste Gontard entra à l’École normale d’instituteurs en pleine guerre, et après trente-huit mois de service militaire, il prit possession de son premier poste à Chabeuil où il exerça de 1921 à 1929, puis il fut nommé, en 1932, à Valence. Il devint en 1945 directeur d’une école de seize classes. Déchargé de classe, il acheva sa carrière en 1958.

Mobilisé en mars 1918, à son retour du service militaire, en 1921, Auguste Gontard, secrétaire de la mairie de Chabeuil pendant une année, adhéra au syndicat en formation, au groupe socialiste SFIO, constitua une amicale laïque et une section de la Ligue des droits de l’Homme. Il milita quelque temps dans le groupe des Jeunes instituteurs, de tendance minoritaire, mais c’est en s’opposant à la liste d’inspiration communiste qu’il entra en 1932 au conseil syndical et fut délégué à la commission administrative de l’Union confédérée Drôme-Ardèche. Secrétaire administratif de la section départementale du Syndicat national des instituteurs en 1933, puis secrétaire général de 1934 à 1940, il remplaça en 1935 Arnoux au poste de trésorier général de l’UD-CGT Drôme-Ardèche, où il exerça cette fonction de 1935 à 1940, pendant une période au cours de laquelle les effectifs syndicaux s’enflèrent jusqu’à dépasser 30 000 adhérents. Il fut gréviste le 12 février 1934 et le 30 novembre 1938. IL était aussi le correspondant de la caisse départementale d’assurances sociales « Le Travail ».

Sur le plan politique, Auguste Gontard adhéra au Parti socialiste SFIO en 1923, fut secrétaire de la section de Chabeuil et, en 1927, secrétaire de la section socialiste de Valence, la plus grosse section de la Drôme. Il abandonna cette responsabilité quand il devint responsable syndical. Il déclarait avoir été influencé, avant 1940, par la franc-maçonnerie dont « les conclusions se rapprochaient de mes principes ».

En septembre 1939, Auguste Gontard fut l’un des signataires de l’ordre du jour se réclamant du « syndicalisme indépendant » (voir Louis Saillant*). Mobilisé, il fut, après l’armistice de 1940, déplacé par le gouvernement de Vichy à Cazilhac (Hérault) puis à Montdragon (Vaucluse) puis réintégré en 1943 à Valence où il connut divers ennuis administratifs. Il avait demandé que son épouse reste en poste en 1940 à Valence pour des raisons familiales, mais elle fut aussi déplacée. Il participa alors à des activités clandestines en liaison avec la Résistance.
Après la Libération, Auguste Gontard contribua à la reconstitution de la section du SNI, mais refusa d’en reprendre le secrétariat. En 1950, membre du conseil syndical, il était le responsable de L’École libératrice.

Jusqu’en 1971, Auguste Gontard fut à la tête de diverses œuvres sociales, laïques, mutualistes de Valence et du département et s’y montra administrateur avant tout. Il présida la Société des amis de l’École laïque dont il avait été le vice-président depuis 1929, le conseil d’administration de la caisse primaire de Sécurité sociale, la commission médicale de la région Rhône-Alpes, etc. Il participa aux activités des organismes régionaux et nationaux de la Sécurité sociale. Lors de la scission syndicale, il s’était rallié à la CGT-FO, et fut membre de sa commission nationale d’action sociale. Toujours militant socialiste SFIO, il était membre du Parti socialiste au milieu des années 1970.

Auguste Gontard s’était marié en septembre 1931 à Valence avec une institutrice. Le couple eut un fils.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article24434, notice GONTARD Auguste, Julien, Clément par Roger Pierre, version mise en ligne le 4 février 2009, dernière modification le 7 décembre 2018.

Par Roger Pierre

SOURCES : Arch. Dép. Drôme, 35 M 360. — Presse syndicale nationale et départementale (Bulletin SNI Drôme, 1925-1939. — La Volonté Socialiste. — Le Petit Valentinois, 23 septembre 1939. — Communication d’Auguste Gontard. — Renseignements fournis à Jacques Girault par l’intéressé.

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