ERBUER Albert, André

Par Bruno Béthouart

Né le 26 avril 1923 à Condé-sur-Escaut (Nord) ; ouvrier mineur de surface : permanent de la Fédération CFTC des mineurs, responsable régional CFTC mineurs.

D’origine belge, le père d’Albert Erbuer avait été en tant qu’ouvrier saisonnier tour à tour mineur, terrassier, briquetier, betteravier. Il termina sa vie professionnelle comme manœuvre d’entretien dans l’usine textile Kullman à Odomez dans le Nord. Durant la Grande Guerre, ses parents furent condamnés le 29 janvier 1918 par le tribunal de guerre allemand à Condé-sur-Escaut à deux ans de prison pour avoir aidé et guidé deux soldats français au service du contre-espionnage anglais. Son père fut envoyé à Sedan dans un camp de discipline et sa mère enfermée à la prison de Loos. Ils ne furent libérés qu’à la suite de la signature de l’armistice le 11 novembre suivant. Quatre ans plus tard, un enfant naissait dans cette famille catholique mais non pratiquante. Après avoir été reçu au certificat d’études primaires, Albert Erbuer obtint le brevet de l’école de chauffe des arts et métiers à Lille pour chaudière haute pression. Apprenti puis boulanger de 1936 à mai 1940 dans la coopérative des mineurs d’Anzin détruite lors des combats de l’Escaut, il tenta en vain de rejoindre l’Afrique par le biais de l’armée d’armistice comme artilleur affecté à Casablanca. Il retrouva difficilement un emploi de janvier 1941 à septembre 1944 dans l’usine textile de la soirie d’Odomez où il devint contremaître en dernier lieu.

Albert Erbuer adhéra à la JOC le 30 mars 1942 : « c’est la naissance d’un idéal qui ne me quittera plus ». De simple adhérent, il devint bientôt responsable de la Fédération de Vieux-Condé et s’attacha particulièrement à suivre les jeunes de 14 à 18 ans. En septembre 1944, il s’engagea comme volontaire dans la première armée française. D’abord caserné à Valenciennes puis dans le Cher, il fut intégré à la Première Armée française (Rhin et Danube) du général Delattre de Tassigny, passa le Rhin puis atteignit le Wurtemberg à proximité de Sigmaringen le 8 mai 1945. Après avoir rejoint la Sarre avec son unité en remplacement des troupes américaines, il participa à la liquidation de quelques groupes de résistance dans le Palatinat. En 1946, alors qu’il séjournait à nouveau dans le Wurtemberg, près du Danube, il fut démobilisé par anticipation du fait de son mariage et reçut ensuite la médaille Rhin et Danube. En août 1946, à son retour à la vie civile, Albert Erbuer fut embauché en octobre aux établissements Vallourec à Anzin et prit alors une carte d’adhérent à la CFTC. Dès février 1947. il fut embauché comme ouvrier de surface dans les houillères à la cokerie de Thiers jusqu’en juin 1950. Marié en juin 1945 avec une jociste, Marie-Jeanne Lambin, à Bruay-sur- l’Escaut, il fonda une famille de six enfants.

Edmond Szymanski, alors secrétaire permanent dans le Valenciennois, choisit Albert Erbuer comme responsable de la section de Thiers du Syndicat des mineurs. Il accéda dès 1948 au bureau central des mineurs CFTC du Nord-Pas-de-Calais et fit la connaissance de Joseph Sauty, Louis Delaby, Jules Catoire et Félix Pierrain*. Il fut appelé à devenir permanent du syndicat des mineurs CFTC le ler juillet 1950 et le resta jusqu’à sa mise en retraite le 1er juillet 1 980. Albert Erbuer fut notamment chargé lors de la grève des mineurs de 1963 de transmettre les consignes et de maintenir le moral avec ses collègues svndicalistes Bolec Surowka, Gustave Lambin, André Lucas et Charles Miroux. Il put compter également sur l’appui de l’abbé Défaut, curé de sa paroisse. Albert Erbuer fut choisi comme administrateur de la Sécurité sociale minière de Valenciennes en 1955 puis de la CARCOM (Caisse nationale des retraites complémentaires des mineurs) en 1964 et il remplit la fonction d’administrateur de la commission régionale du fonds social deux ans plus tard.

Après le congrès de novembre 1964, Albert Erbuer décida de suivre ses compagnons dans la CFTC « maintenue » et se vit expulsé dès le mois de décembre des sièges des unions locales de Valenciennes et de Denain. Relogés dans des locaux municipaux par un maire gaulliste et un autre communiste, les syndicalistes chrétiens reconstituèrent une Union Locale interprofessionnelle dont il devint le secrétaire général élu lors de l’assemblée générale constitutive le 21 mai 1965. À ce titre Albert Erbuer édita des circulaires ainsi qu’un bulletin d’information destiné aux adhérents du syndicat valenciennois. Il en assurait la présidence à partir de 1986 et devint ensuite président d’honneur Dès 1966, il fut élu administrateur de l’Assedic de Val enciennes-Maubeuge et présida la Caisse de Sécurité sociale minière du Nord (Valenciennes-Douai) de 1994 à 1996. Albert Erbuer fut choisi comme président du Syndicat des retraités et veuves CFTC du Valenciennois, vice-président de ce syndicat sur le plan régional. Depuis 1973, il remplit la fonction de membre de la commission administrative du centre d’action sociale de la ville de Bruay-sur-Escaut sur désignation du préfet du Nord. Il a reçu en 1989 la médaille de chevalier de l’Ordre national du mérite avec Edmond Szymanski comme parrain.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article24440, notice ERBUER Albert, André par Bruno Béthouart, version mise en ligne le 5 février 2009, dernière modification le 23 février 2012.

Par Bruno Béthouart

SOURCES : Écho des Mines, 1-15 décembre 1989. — Voix du Nord 21 février 1978. — Nord-Matin, 22 février 1968. — Témoignage d’Albert Erbuer, courrier du 7 juillet 1997., du 18 novembre 1997. — Supplément à l’Écho des Mines, édition spéciale, juillet 1974, « 1924-1974 : un demi-siècle au service des travailleurs des mines, La fédération des mineurs CFTC (ouvriers, ETAM, Ingénieurs. Retraités) », La Centrale, Lens. — « Cent ans de syndicalisme chrétien, 1887-1987 », supplément à Syndicalisme CFTC, n° 229, novembre 1987. — Gérard Adam, La CFTC 1940-1958 Histoire politique et idéologique, Paris, A. Colin, 1964. — Jacques Tessier, La CFTC Comment fut maintenu le syndicalisme chrétien, Fayard, 1987. — Denis Baudelet, L’évolution de la CFTC dans le Nord (1944-1964), mémoire de maîtrise, université Lille III, 1978.

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