GOUBLET Juliette, Alice, Antoinette

Née le 19 avril 1904 à Lorient (Morbihan), morte le 23 janvier 1979 à Paris XVIe arr.  ; avocate à Paris, notamment de militants communistes puis collaboratrice condamnée à la Libération ; journaliste, romancière.

Volontaire pour aller travailler en Allemagne, une avocate parisienne Mme Juliette Goublet est partie hier matin pour le Reich.

Fille d’un préfet et petite-fille d’un capitaine au port de Landerneau (Finistère), Juliette Goublet fut licenciée en droit et en philosophie. Elle fut avocate au barreau de Paris à vingt-deux ans. Elle résidait 20 rue des Canettes à Paris. En 1936-1937, elle partit aider les républicains en Espagne Avocate à Paris, elle défendit des militants et élus communistes à partir de 1938, parfois avec Odette Moreau qui sera l’avocate de Gabriel Péri. La police la considérait comme sympathisante communiste.
Les avocats spécialisés dans la défense des communistes sont une cible évidente pour les écoutes qui les suivent dans la moindre de leurs activités. Dans les dossiers revient souvent le nom d’une avocate particulièrement active, Juliette Goublet. Elle défendit les accusés communistes en 1940, c’est ainsi qu’elle assista les premiers condamnés à mort pour sabotage (avant l’arrivée des Allemands) et affirma haut et fort auprès de sa consœur (le 6 juin 1940) Odette Moreau (écoutes téléphoniques) que le Parti communiste n’était pour rien dans ces pratiques.
Mais, en 1942 elle prit la tête de la section féminine des Jeunes de l’Europe nouvelle, dépendant du groupe Collaboration. Au printemps 1943 elle partit travailler volontairement en Allemagne dans la métallurgie accompagnée par un grande publicité.
Arrêté le 21 août 1944 à Paris VIe sur dénonciation, elle fut détenue à Drancy, La Roquette puis Fresnes. Elle était accusée d’adhésion au groupe Collaboration, d’engagement comme travailleuse volontaire en Allemagne comme de dénonciation de résistant et d’auteur de propos anti-allemands. L’Humanité du 26 août 1944 annonça en page 2 : « Quelques collaborateurs arrêtés ». Etait notamment citée « Juliette Goublet avocate qui s’était engagée comme volontaire en Allemagne et accusée d’avoir dénoncée plusieurs patriotes ». Elle fut condamnée par la Cour de Justice de la Seine le 27 mars 1945 à 5 ans de travaux forcés, à la confiscation de ses biens et à la dégradation nationale, puis transférée à la prison de la Roquette le 17 mai 1945.
Elle fit ensuite une carrière littéraire publiant un grand nombre de romans jusqu’à la fin des années 1970.
Elle obtint le prix de l’Académie française en 1959 pour Vie d’un préfet.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article244419, notice GOUBLET Juliette, Alice, Antoinette, version mise en ligne le 20 décembre 2021, dernière modification le 27 décembre 2021.
Volontaire pour aller travailler en Allemagne, une avocate parisienne Mme Juliette Goublet est partie hier matin pour le Reich.
Cette avocate part volontairement comme ouvrière en Allemagne (Le Matin du 4 mai 1943).

SOURCES  : BNF. - Rétronews. — Notes de Gilles Morin : n° dossier à Pierrefitte : Z/6/31 Dossier n° 545. dossier de grâces : Z/6/3104 dossier 1706. - Notes de Daniel Grason Le Matin et Le Petit Parisien du 4 mai 1943, L’Humanité du 26 août 1944.

Photographies : Le Matin et Le Petit Parisien (BNF)

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