ERHEL Joseph, Louis, Auguste, Édouard

Par Alain Prigent

Né le 13 septembre 1913 à Erquy (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor), mort le 26 mars 1991 à Erquy ; instituteur ; militant communiste, maire de Saint-Juvat (Côtes-du-Nord) puis d’Erquy (1971-1983) ; candidat suppléant du PCF aux élections législatives de 1973 et de 1978 dans la circonscription de Saint-Brieuc et à l’élection sénatoriale de 1980.

Joseph Erhel est né dans le port de pêche d’Erquy en baie de Saint-Brieuc en 1913. Son père était capitaine au long cours du quartier maritime de Saint-Brieuc-Paimpol. Il fit partie des dernières expéditions de terre-neuvas à la voile. Sa mère tenait une pension de famille. Son père était un progressiste qui joua un rôle politique à la Libération. Le stade de la ville porte aujourd’hui son nom. Sa mère était ménagère. Après des études à l’école publique d’Erquy, Joseph Erhel passa avec succès son baccalauréat au lycée Anatole Le Braz de Saint-Brieuc. Par recrutement externe il entra dans le métier d’instituteur avant le déclenchement de la guerre : il sera en poste à Perros-Guirec à Lamballe, à Saint-Jacut de la Mer puis à Pléhérel. Mobilisé, il fut fait prisonnier pendant toute la durée de la guerre. Il se maria en août 1945 à Erquy, avec Germaine Michel.

En 1946, à son retour de captivité, il occupa le poste de directeur dans la commune de Saint-Juvat près de Dinan jusqu’à sa retraite en 1968 avec son épouse institutrice, elle aussi. Militant de la section départementale du SNI, il assuma la responsabilité de délégué cantonal à Evran à partir de 1954. Il adhéra au PCF dans les années qui suivirent la Libération puis se détacha du parti en 1956. Élu premier adjoint au maire en 1959, il devint maire de Saint-Juvat à la tête d’un conseil municipal de défense des intérêts communaux de 1965 à 1971. La fédération du PCF des Côtes-du-Nord le classa comme maire proche voire sympathisant du PCF.

En 1968, il prit sa retraite à Erquy sans abandonner son mandat de maire. Il fit partie de la liste d’union de la gauche, emmenée par le docteur Velly, qui gagna l’élection municipale contre le sénateur centriste Cornu, ancien secrétaire d’État aux Beaux-Arts. Velly ne souhaitant pas assumer cette responsabilité, Erhel fut élu maire d’Erquy. Il le demeura pendant deux mandats de 1971 à 1983.

Dans la foulée de son élection il redonna son adhésion au PCF. En 1973, il fut le suppléant d’Edouard Quemper* aux élections législatives Côtes-du-Nord dans la circonscription de Saint-Brieuc. En 1978 ils devancèrent Yves Dollo*, le candidat socialiste, au 1er tour. Il fut aussi le candidat communiste à l’élection cantonale de Pléneuf-Val André en 1976 où il obtint 31,4 % des suffrages exprimés au premier tour le plaçant en tête de la gauche pour le second tour où il manqua de peu l’élection avec 48 % des voix. Il figura sur la liste du PCF comme suppléant à l’élection sénatoriale du 28 septembre 1980. Les conseils municipaux réunis le 7 septembre élirent près de 300 grands électeurs communistes, 550 socialistes et environ 600 de droite. L’impossibilité de parvenir à la mise en place d’une liste d’union dès le premier tour, avec la certitude de l’élection de deux sénateurs PS et d’un PC, provoqua un conflit entre les fédérations socialiste et communiste qui présentèrent séparément leurs listes aux deux tours de scrutin avec comme conséquence l’élection de deux sénateurs de droite. En 1983, la liste de gauche fut battue et Erhel siégea dans l’opposition. En 1989, la gauche emmenée par Catros l’emporta et Erhel siégea dans la majorité jusqu’à sa mort en 1991.

L’école publique d’Erquy porte son nom.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article24445, notice ERHEL Joseph, Louis, Auguste, Édouard par Alain Prigent, version mise en ligne le 5 février 2009, dernière modification le 5 août 2021.

Par Alain Prigent

SOURCES : Fichier des maires communistes des Côtes-du-Nord établi par Gilles Rivière. — Archives de la FSU 22. — L’Aube Nouvelle. Une semaine dans les Côtes-du-Nord, supplément de l’Humanité Dimanche. — Entretien avec Édouard Quemper, Henri Delaune, militant du SNI et ancien conseiller municipal de Saint-Juvat, le 23 mars 2008. Entretien et correspondance avec son fils Alain Erhel en mars 2008. — État civil d’Erquy.

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