SPIERO Kurt, Claude alias Claude dans la résistance

Par Eric Panthou

Né le 23 novembre 1919 à Essen (Allemagne), mort le 6 juin 2017 à Strasbourg (Bas-Rhin) ; horloger ; résistant juif au sein du Groupe André, officier des Francs-tireurs et partisans (FTP) de la Haute-Loire, chargé du Travail Allemand (TA).

Kurt Spiero, se réfugia en Belgique en 1936 avec sa mère, Else Spiero, née Stern, après l’arrestation de son père Herman Spiero. Celui-ci mourut en déportation à Zamosc (Pologne). Ils se réfugièrent ensuite en France.
A l’arrivée des Allemands, ils sont arrêtés et transférés dans le midi de la France. Else Spiero est internée au Camp des Milles. Arrêté à Saint-Cyprien (Pyrénées-Orientales) comme sujet allemand et interné au camp du Vernet (Ariège) où il fut employé à des travaux de bureau, il s’évada le 19 novembre 1942 ou en mai 1942 selon une autre source. Il fut caché à Marseille dans un couvent de Dominicains, sous l’autel
Le réseau André, créé par Joseph Bass lui procura ensuite des faux-papiers, ainsi qu’à sa mère, fin 1942, à Marseille.
Il fut ensuite convoyé au Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire), où il fut caché par les soins de Madame Mairesse au Mazet-Saint-Voy et sous la protection du pasteur André Trocmé. Il a été l’un des premiers jeunes Juifs à rejoindre le maquis d’André, du nom de son fondateur, Joseph Bass, dès le printemps 1943.
Dans un témoignage repris par l’ancienne assistance de Joseph Bass, Claude Spiero se rappelle qu’ils étaient une trentaine de jeunes dans ce maquis, dont une bonne partie était constituée par des jeunes Juifs du “Groupe André”.
Comme son chef, Claude Spiero a rejoint les FTP de la Haute-Loire et en devint un officier. Il a participé au Travail Allemand (TA) en direction des anciens prisonneirs de guerre russes, ukrainiens et tartars.
Le 18 août 1944, lors de l’insurrection pour la Libération de la Ville du Puy-en-Velay, il est aux côtés de Joseph Bass pour convaincre par haut-parleur les soldats des troupes allemandes de se rendre.
Après guerre, il eut du mal à se faire reconnaître Combattant volontaire de la Résistance auprès de la Commission des FFI de la haute-Loire en raison de l’hostilité de deux de ses membres. Ceci entraina l’intervention écrite d’Yves Tibérat, chef départemental des FTP de la Loire, pour défendre ce dossier et celui de Joseph Bass.

Blessé à la bataille de Fix-Saint-Geneys, il est cité à l’ordre de la brigade : « S’est distingué le 18 août 1944 à Saint-Geneys en tenant une position avancée malgré les menaces graves d’encerclement et sous le feu intense de mitrailleuse et de mortiers. Ne s’est replié que sur ordre et pour reprendre le combat sur une position voisine ».

Après la Libération, il est démobilisé, étant étranger.

Croix de guerre avec étoile, carte de Combattant volontaire de la Résistance, il a été homologué FFI au sein du 351éme Bataillon FTP de la Haute-Loire, pour la période du 1er juillet au 22 août 1944.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article244540, notice SPIERO Kurt, Claude alias Claude dans la résistance par Eric Panthou, version mise en ligne le 29 décembre 2021, dernière modification le 30 décembre 2021.

Par Eric Panthou

SOURCES : SHD Vincennes, GR 19 P 43/21 : liste nominative des membres du 351éme Bataillon FTP. — SHD Vincennes, GR 16 P 555560, dossier résistant pour Kurt Spiero (nc). — SHD Vincennes, GR 19 P 43/1 : dossier général. Lettre d’Yves Tibérat. — Siekierski Denise, Loinger Georges, « Joseph Bass », Revue d’Histoire de la Shoah, 2000/1 (N° 168), p. 140-174.. — Richet Catherine, « Biographies des membres du Service André », dans : Catherine Richet éd., Organisation juive de combat. Résistance/sauvetage. France 1940-1945. Paris, Autrement, « Mémoires/Histoire », 2006, p. 451-463. DOI : 10.3917/autre.colle.2006.01.0451. — Claude Spiero. Ajpn.org

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