RIST Charles, Gabriel, Jean, Marius

Par Eric Panthou

Né le 28 novembre 1900 à Montpellier (Hérault), mort au combat le 21 août 1944 à Estivareilles (Loire) ; ingénieur ; résistant au sein de l’Armée secrète (AS) ; Juste parmi les Nations.

Fils de Charles Rist et de Catherine Élisa Germaine Malvida Monod, Charles Rist se maria le 26 novembre 1924 au Chambon sur Lignon (Haute Loire), avec Jeanne Cestre. Il est connu sous le nom de Jean Rist.
Il était issu d’une famille de tradition protestante et républicaine. Son père, professeur d’économie politique à la Faculté de droit de Montpellier puis à celle de Paris, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, était un économiste réputé, conseiller de nombreux gouvernements.
Charles Rist fit ses études à Montpellier, puis à Versailles et entra en 1918 à l’École Centrale des Arts et Manufactures. Il en sortit dans la promotion 1921. Dès la fin de son service militaire, en 1923, il prit un poste d’ingénieur aux Établissements Jacob Holtzer à Unieux (Loire), petite société d’Aciers Spéciaux. Après deux ans dans des services variés (traitements thermiques, réfractaires, laboratoire…), il gravit les échelons : 1925, Chef du Service Aciérie ; 1930, Ingénieur au Service des Recherches Métallurgiques ; 1934, Directeur du Groupe Laboratoire et Recherche ; 1937, Ingénieur principal, chargé des questions métallurgiques. En 1938, il était Ingénieur en chef.
En 1939, Jean Rist fut brièvement mobilisé, puis “affecté spécial” à son poste d’Ingénieur en chef par l’autorité militaire. Charles Rist habitait Fraisses (Loire).
"Après l’armistice de juin 1940, et pendant l’occupation, il résista : soutenant l’espoir de ceux qui doutaient, apportant une aide morale et matérielle (argent, hébergement, fausses cartes d’identité et d’alimentation) aux victimes de l’occupation et du gouvernement de Vichy (familles juives en détresse, ouvriers et leurs proches visés par la Relève ou le Travail Obligatoire en Allemagne), recrutant pour la Résistance ceux qui étaient acculés à la clandestinité… Dans son usine, il tenta par tous les moyens d’éviter que la production des ateliers contribue à l’effort de guerre allemand : il donna priorité aux commandes civiles, déclarées urgentes, dissimula des stocks, sabota et mit au rebut des commandes allemandes, etc. "
Suite à l’Occupation de la zone sud par les Allemands, il donna sa démission en mars 1943.
Il rejoignit la Résistance, intégrant le groupe Bir-Hakeim qui relevait de l’Armée secrète (AS) et qui agissait essentiellement dans la Loire mais aussi en Haute-Loire. En juin 1944, il dirigeait les réseaux de transmissions des maquis de la Loire, notamment, des parachutages d’armes.
Il trouva la mort lors des combats d’Estivareilles qui réunirent les maquis de la Haute-Loire, de la Loire et du Puy-de-Dôme pour bloquer l’avancée de la garnison allemande du Puy-en-Velay forte de 700 hommes et se dirigeant vers Saint-Étienne.
Son acte de décès a été dressé le 15 mars 1945 à Estivareilles après annulation par le tribunal civil de Saint-Étienne (11/07/1945) du premier acte de décès dressé le 12 octobre 1944 sur déclaration de Marey commandant des FFI de la Loire.
Il a été reconnu « Mort pour la France », homologué FFI.
La place centrale de Fraisses porte son nom. Il est prénommé Jean sur les plaques commémoratives de l’église réformée et du lycée Hoche de Versailles (Yvelines) et celle 1939-1945 d’Estivareilles. Son nom figure aussi sur le monument aux Morts à Firminy (Loire) et sur la liste des morts de l’Ecole Centrale à Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine) .

Il est détenteur à titre posthume de la Légion d’Honneur (1946), de la Croix de guerre, de la Médaille de la Résistance (1945), et de la Médaille des Justes de l’État d’Israël (1996).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article244542, notice RIST Charles, Gabriel, Jean, Marius par Eric Panthou, version mise en ligne le 29 décembre 2021, dernière modification le 29 décembre 2021.

Par Eric Panthou

SOURCES : SHD Vincennes, GR 19 P 42/5 : état des morts du groupe Bir Hakeim. — AVCC Caen, AC 21 P 146034, dossier Charles Rist (nc). — Notice Jean Rist, site de l’AJPN->http://www.ajpn.org/juste-Jean-Rist-2385.html]. — Mémorialgenweb.

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