COCHIN Albert, Joseph

Par Michel Thébault

Né le 16 mars 1897 à Brain-sur-Allonnes (Maine-et-Loire), massacré le 20 août 1944 à Saint-Hilaire-Saint-Florent, commune aujourd’hui rattachée à Saumur (Maine-et-Loire) ; cultivateur ; victime civile.

Albert Cochin était le fils de Joseph, Louis Cochin (né le 20 juillet 1869 à Mouliherne , Maine-et-Loire) cultivateur et de Joséphine, Louise, Augustine Omer (née le 18 décembre 1876 à Brain-sur-Allonnes) couturière. Ses parents s’étaient mariés le 21 septembre 1896 à Brain-sur-Allonnes et il était leur premier enfant. Il était domestique de ferme lorsqu’il fut mobilisé le 9 janvier 1916 dans le 95ème Régiment d’Infanterie et fit toute la guerre dans l’infanterie. Cité à l’ordre du régiment le 23 octobre 1918 avec la mention suivante : « Agent de liaison d’une bravoure exemplaire. A montré beaucoup de volonté et de sang-froid pour assurer une liaison difficile sur un terrain plat, découvert et complètement battu par des mitrailleuses », il fut décoré de la Croix de guerre avec étoile de bronze. Démobilisé le 27 septembre 1919, il revint vivre à Brain-sur-Allonnes où il se maria le 30 septembre 1922 avec Marie, Eugénie Nicier (née le 19 avril 1902 à Brain-sur-Allones). En 1924 le couple vint s’établir à Saint-Lambert-des-Levées, exerçant la profession de cultivateurs. Cette situation était inchangée en 1944.

Il fut victime le 19 août 1944 avec son épouse et sa fille Raymonde âgée de 10 ans, de la rafle perpétrée à Saint-Lambert-des-Levées (commune aujourd’hui rattachée à Saumur) par des soldats allemands, sans doute à la recherche de maquisards FFI. Avec onze autres habitants il fut conduit à Saumur et interrogé par la Feldgendarmerie. Selon le témoignage de sa fille Raymonde recueilli en 2019 par le Courrier de l’Ouest (op. cit.) : mes parents « étaient cultivateurs et nous habitions dans la cité Saint-Jacques. Mes parents ont été arrêtés par les Allemands. Ensuite, nous avons été conduits en barque vers la Kommandantur de Saumur (l’ancien hôtel Mayaud). Depuis cet épisode, j’ai peur de l’eau. Ensuite, nous sommes entrés dans le bâtiment. Mes parents sont entrés dans une pièce. Moi, j’ai dormi dans un endroit à part. Après ça, je ne les ai plus revus, c’était fini ». Raymonde Cochin sera conduite le lendemain matin à la Gendarmerie, remise à un orphelinat puis élevée par une tante. Le même 20 août, dans des conditions et à une heure imprécises, Albert Cochin fut amené avec cinq autres hommes et cinq femmes (dont son épouse Marie Nicier), sur un terrain militaire en bord de Loire, au lieu-dit Le Breil. Il fut abattu d’une rafale de mitrailleuse, avant d’être inhumé sommairement dans une fosse de DCA. Les corps ne furent retrouvés, exhumés et identifiés que le 9 mars 1945.

Il obtint la mention « Mort pour la France » et son nom est inscrit sur le monument aux morts de Saumur. Il figure également sur le monument commémoratif 1939 – 1945 de Saint-Lambert-des-Levées et sur la stèle commémorative du Breil, à Saumur (Maine-et-Loire).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article244589, notice COCHIN Albert, Joseph par Michel Thébault, version mise en ligne le 3 janvier 2022, dernière modification le 3 janvier 2022.

Par Michel Thébault

SOURCES : SHD, Caen, AVCC, Cote AC 21 P 437194 (nc). — Arch. Dép. Maine-et-Loire (état civil, registre matricule). — Marc Bergère Une société en épuration, Épuration vécue et perçue en Maine-et-Loire. De la Libération au début des années 50, Éditeur Presses Universitaires de Rennes, 2004. — Augustin Girouard Le Charnier de Saumur Société des Lettres, Sciences et Arts du Saumurois tome n° 96 Janvier 1947, pages 63 à 71. — Journal Le Courrier de l’Ouest du 18 août 2019. — Mémoire des Hommes. — Mémorial genweb.

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