GARRIDO VIDAL Ramón [CARRERO MESTRE Léon].

Par Jean-Pierre Besse

Né le 24 mai 1915 à El Grove (Espagne), mort le 14 janvier 1995 aux Lilas (Seine-Saint-Denis) ; ouvrier tourneur ; militant communiste espagnol ; résistant FTP ; militant syndicaliste.

Originaire d’un petit port de Galice, passionné d’aviation, Ramon Garrido Vidal passa le concours pour devenir pilote d’hydravion de la marine de guerre espagnole. Mais l’école fut fermée.
Dès le début de la Guerre civile, il rejoignit les Républicains. Mobilisé en septembre 1936, son unité fut maintenue au Maroc puis engagé sur le front de Saragosse. Il déserta et rejoignit l’armée républicaine. Il fut affecté à la 151e Brigade mixte et durant l’hiver 1937-1938 participa à la bataille de Teruel puis à celle de l’Ebre. Son bataillon était alors rattaché à la 14e Brigade Internationale.

En février 1939, il franchit la frontière et fut interné d’abord à Argelès-sur-Mer (Pyrénées-Orientales) puis en juin 1939 au Barcarès (Pyrénées-Orientales). En janvier 1940, il partit avec la 211e Compagnie de travailleurs étrangers (CTE) en Gironde, il était alors responsable clandestin de la compagnie. En juin 1940 il revint dans le Roussillon et dut interné au camp d’Argelès-sur-Mer. En janvier 1941, il se retrouva hors du camp , mais à proximité, à Elne (Pyrénées-Orientales), dans le 211e GTE. Garrido, fut, en juillet 1941, fut livré aux Allemands, mis à disposition de cers derniers par Vichy : avec son groupe, il fut dirigé vers la base de sous-marins de Brest (Finistère) où il travaillait pour l’organisation Todt.

En janvier 1942, sur ordre de la direction du PCE, il s’évada et rejoignit Lorient pour prendre la responsabilité du travail politique parmi les Espagnols. Il organisa les premiers groupes de combat et prépara les premiers sabotages. En juillet 1942, il échappa aux arrestations menées par la SPAC (Service de police anti communiste) et gagna Rennes. Il changea alors son identité pour devenir Léon Carrero Mestre. Il devint permanent et membre du comité régional de Bretagne avec la responsabilité des 450 Espagnols du Finistère, des Côtes du Nord, du Morbihan, de la Sarthe et de la Loire-Inférieure. Il avait alors le grade de capitaine FTP.

Le 30 novembre 1942, au cours d’un rendez vous avec Francisco Perramon Ducasi, l’un des principaux responsables de la résistance espagnole en zone occupée, il fut arrêté en compagnie de Rafael Salazar dit Laborda, responsable régional qui venait d’Orléans. Francisco Perramon était suivi depuis quelques temps, il fut arrêté par les Brigades spéciales. Le 4 décembre 1942, il fut transféré au dépôt puis le 15 incarcéré à la Santé. Du 2 au 11 décembre 1943, il fut jugé par la section spéciale du tribunal de Paris avec cinquante trois républicains espagnols. Condamné à deux ans de prison et 1 200 francs d’amende pour « activités communistes » il fut transféré à Eysses le 18 décembre 1943. Après l’échec de la révolte de Eysses, il fut transféré au camp de Royallieu à Compiègne puis déporté vers Dachau le 18 juin 1944 Transféré au kommando de Landsberg puis à Allach, il fut libéré le 30 avril 1945.

De juillet 1945 à novembre 1946, il fut responsable de l’organisation des Espagnols du Loiret, puis appelé à Paris, il assuma des responsabilités au sein du syndicat espagnol UGT de la Seine et de la Seine-et-Oise. Fonction qu’il abandonna en mai 1947.

Il réalisa de nombreuses missions clandestines en Espagne et travaillait comme tourneur dans diverses entreprises de la région parisienne. Il termina sa carrière professionnelle comme employé à la FNAC. Au début des années 1970, il fut exclu du PCE. Il repose dans le cimetière de son village natal.

ICONOGRAPHIE : site du bataillon d’Eysses http://bteysses.free.fr/espagne/Garrido_Ramon_bio.html.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article24459, notice GARRIDO VIDAL Ramón [CARRERO MESTRE Léon]. par Jean-Pierre Besse, version mise en ligne le 9 février 2009, dernière modification le 23 juin 2022.

Par Jean-Pierre Besse

SOURCE : Grégory Tuban, Camps d’étrangers. le contrôle des réfugiés venus d’Espagne, Paris, Nouveau Monde Éditions, 20181 376 p. [pp. 271-273] ; — site du bataillon d’Eysses (http://bteysses.free.fr/espagne).consulté par Jean-Pierre Besse. — Notes d’André Balent.

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