DUBLÉ Marie [née BÉAL]

Par Michel Thébault

Née le 11 décembre 1870 à Vernantes (Maine-et-Loire), massacrée le 20 août 1944 à Saint-Hilaire-Saint-Florent, commune aujourd’hui rattachée à Saumur (Maine-et-Loire) ; cultivatrice ; victime civile.

Marie Béal était la fille de Jean Marie Béal âgé de 37 ans, scieur de long et de Louise Robineau âgée de 37 ans cultivatrice. Elle se maria le 15 janvier 1894 à Saint-Lambert-des-Levées (Maine-et-Loire) avec Joseph Dublé (né le 10 juin 1870 à Saint-Hilaire-Saint-Florent, Maine-et-Loire). Elle était alors, selon l’acte de mariage, cultivatrice à Saint-Lambert-des-Levées et son mari jardinier domicilié à Saumur. Une fille Ernestine, leur premier enfant, naquit le 24 juillet 1895 à Saint-Lambert-des-Levées. En 1944, âgée de 73 ans, elle demeurait toujours dans la cité Saint-Jacques, située route de Rouen, sur la commune de Saint-Lambert-des-Levées, tout près de la limite de Saumur. Les indications de jardinier ou cultivateur contenus dans les actes d’état civil désignent en fait vraisemblablement une population de maraîchers des bords de Loire dans les communes périphériques de Saumur.

Elle fut victime le 19 août 1944 avec sa fille Ernestine et son gendre Gustave Fouquereau de la rafle perpétrée à Saint-Lambert-des-Levées (commune aujourd’hui rattachée à Saumur), par des soldats allemands sans doute à la recherche de maquisards FFI. Augustin Girouard qui recueillit dans l’immédiat après guerre les récits des témoins pour son article Le charnier de Saumur (op. cit.) donne le récit suivant des arrestations : « A 16 heures 30, en cette journée fatidique du 19 août, M. Louis Paillé, adjudant de gendarmerie en retraite, domicilié rue Saint-Jacques, déambule dans son jardin, quand plusieurs rafales de mitrailleuses sont tirées en direction des habitations Fouquereau et Foucher ; soudain flammes et fumée jaillissent, la maison de M. Julien Vollet, beau-père de M. Foucher, brûle. Que s’est-il passé ? La jeune Raymonde Cochin, 11 ans, joue dans la cour, près de sa maman, née Marie Ricier, qui aide Gustave Fouquereau à battre des haricots. La femme de ce dernier, née Germaine Dublé, raccommode linge et vêtements, tout en conversant avec sa mère, Mme Dublé, née Béal Marie, assise dans son fauteuil ; Mme Guignaudeau, née Derouard Yvonne, tient compagnie. Soudain, vingt soldats environ apparaissent dans ces parages et pénètrent chez M. Vollet ; l’un appelle M. Foucher qui s’enfuit dans le jardin. Ils font irruption dans la cour Fouquereau en criant : Venez tous là où je vous tue ». Six des douze arrestations se sont donc produites en un même lieu, la cour de la maison Fouquereau où Marie Dublé vivait vraisemblablement chez sa fille. Avec les 11autres personnes arrêtées Marie Dublé fut conduite à Saumur et interrogée par la Feldgendarmerie. Le lendemain 20 août dans des conditions et à une heure imprécises, Marie Dublé fut amenée avec six hommes (dont son gendre Gustave Fouquereau) et quatre femmes (dont sa fille Ernestine Fouquereau née Dublé), sur un terrain militaire en bord de Loire au lieu-dit Le Breil. Elle fut abattue d’une rafale de mitrailleuse, avant d’être inhumée sommairement dans une fosse de DCA. Les corps ne furent retrouvés, exhumés et identifiés que le 9 mars 1945.

Elle obtint la mention « Morte pour la France » et son nom est inscrit sur le monument aux morts de Saumur. Il figure également sur le monument commémoratif 1939 – 1945 de Saint-Lambert-des-Levées et sur la stèle commémorative du Breil, à Saumur (Maine-et-Loire).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article244621, notice DUBLÉ Marie [née BÉAL] par Michel Thébault, version mise en ligne le 3 janvier 2022, dernière modification le 3 janvier 2022.

Par Michel Thébault

SOURCES : Arch. Dép. Maine-et-Loire (état civil). — Marc Bergère Une société en épuration, Épuration vécue et perçue en Maine-et-Loire. De la Libération au début des années 50, Éditeur Presses Universitaires de Rennes, 2004. — Augustin Girouard Le Charnier de Saumur Société des Lettres, Sciences et Arts du Saumurois tome n° 96 Janvier 1947, pages 63 à 71. — Mémoire des Hommes. — Mémorial genweb.

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