GUIGNAUDEAU Yvonne [née DEROUARD]

Par Michel Thébault

Née le 9 mars 1883 à Saint-Cyr-en-Bourg (Maine-et-Loire), massacrée le 20 août 1944 à Saint-Hilaire-Saint-Florent, commune aujourd’hui rattachée à Saumur (Maine-et-Loire) ; employée ; victime civile.

Yvonne Derouard était la fille de Célestin Derouard âgé de 38 ans cultivateur et de Louise Chevallier âgée de 35 ans cultivatrice. Elle se maria le 13 mai 1905 à Saint-Hilaire-Saint-Florent (Maine-et-Loire) avec Jean, Auguste Guignaudeau. En 1944, âgée de 61 ans, elle résidait à Saint-Lambert-des-Levées. Son inscription sur la plaque commémorative à l’entrée de la Maison Balme ancienne manufacture d’articles religieux située 44 route de Rouen à Saint-Lambert-des-Levées indique qu’elle y était employée en 1944.

Elle fut victime le 19 août 1944 de la rafle perpétrée à Saint-Lambert-des-Levées (commune aujourd’hui rattachée à Saumur) par des soldats allemands sans doute à la recherche de maquisards FFI. Augustin Girouard qui recueillit dans l’immédiat après guerre les récits des témoins pour son article Le charnier de Saumur (op. cit.) donne le récit suivant des arrestations : « A 16 heures 30, en cette journée fatidique du 19 août, M. Louis Paillé, adjudant de gendarmerie en retraite, domicilié rue Saint-Jacques, déambule dans son jardin, quand plusieurs rafales de mitrailleuses sont tirées en direction des habitations Fouquereau et Foucher ; soudain flammes et fumée jaillissent, la maison de M. Julien Vollet, beau-père de M. Foucher, brûle. Que s’est-il passé ? La jeune Raymonde Cochin, 11 ans, joue dans la cour, près de sa maman, née Marie Ricier, qui aide Gustave Fouquereau à battre des haricots. La femme de ce dernier, née Germaine Dublé, raccommode linge et vêtements, tout en conversant avec sa mère, Mme Dublé, née Béal Marie, assise dans son fauteuil ; Mme Guignaudeau, née Derouard Yvonne, tient compagnie. Soudain, vingt soldats environ apparaissent dans ces parages et pénètrent chez M. Vollet ; l’un appelle M. Foucher qui s’enfuit dans le jardin. Ils font irruption dans la cour Fouquereau en criant : Venez tous là où je vous tue ». Six des douze arrestations se sont donc produites en un même lieu, la cour de la maison Fouquereau. Avec les 11 autres personnes arrêtées Yvonne Fouquereau fut conduite à Saumur et interrogée par la Feldgendarmerie. Le lendemain 20 août dans des conditions et à une heure imprécises, elle fut amenée avec six autres hommes et quatre femmes, sur un terrain militaire en bord de Loire au lieu-dit Le Breil (à l’époque sur la commune de Saint-Hilaire-Saint-Florent, aujourd’hui également rattachée à Saumur). Elle fut abattue d’une rafale de mitrailleuse, avant d’être inhumée sommairement dans une fosse de DCA. Les corps ne furent retrouvés, exhumés et identifiés que le 9 mars 1945.

Elle obtint la mention morte pour la France et son nom est inscrit sur le monument aux morts de Saumur. Il figure également sur le monument commémoratif 1939 – 1945 de Saint-Lambert-des-Levées et sur la stèle commémorative du Breil à Saumur (Maine-et-Loire).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article244638, notice GUIGNAUDEAU Yvonne [née DEROUARD] par Michel Thébault, version mise en ligne le 7 janvier 2022, dernière modification le 7 janvier 2022.

Par Michel Thébault

SOURCES : Arch. Dép. Maine-et-Loire (état civil) — Marc Bergère Une société en épuration, Épuration vécue et perçue en Maine-et-Loire. De la Libération au début des années 50. Éditeur Presses Universitaires de Rennes. 2004 — Augustin Girouard Le Charnier de Saumur Société des Lettres, Sciences et Arts du Saumurois tome n° 96 Janvier 1947, pages 63 à 71 — Mémorial genweb.

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