BARBILLAT André

Par Emeric Tellier

Né le 13 janvier 1935 à Alfortville (Seine, Val-de-Marne), mort le 3 mars 2021 à Bourges (Cher) ; ingénieur, directeur de la SCOP Manufrance ; membre du Comité exécutif fédéral de la FTM-CGT (1968-1983), membre de la direction de l’UFICT CGT Métallurgie (1973-1991) ; militant communiste.

André Barbillat
André Barbillat

André Barbillat avait obtenu un diplôme de fin d’étude au lycée Dorian à Paris (XIe arr.), puis un diplôme d’études supérieures techniques du Conservatoire national des Arts et Métiers (CNAM) à Paris.

De septembre 1953 à octobre 1962, il est embauché par la société Chausson, où il participa notamment au démarrage de l’usine de Reims (Marne). Il adhéra à la CGT dans cette entreprise, où il prit également ses premières responsabilités syndicales. Il était présent à la manifestation parisienne du 8 février 1962 pour la paix en Algérie et contre l’Organisation de l’armée secrète (OAS), qui s’était soldée par huit morts au métro Charonne.

En novembre 1962, il fut embauché comme ingénieur à la Société d’étude et de réalisation d’engins balistiques (SEREB), au sein de son bureau d’études industrielles. En juin 1967, il rejoignit la Société européenne d’études et d’intégration de systèmes spatiaux (SETIS), une filiale de la SEREB, où il fu élu délégué du personnel et délégué syndical. Cette entreprise fut intégrée à la Société nationale industrielle aérospatiale (SNIAS) en 1972. En juin de cette même année, il rejoignit le site de La Courneuve (Seine-Saint-Denis) comme ingénieur (position II), responsable du service fiabilité au sein du bureau d’études. Il fut rapidement élu secrétaire du syndicat des Ingénieurs, cadres et techniciens (ICT) et représentant syndical au comité d’établissement.

Durant douze années, Alain Barbillat fut le secrétaire général du Syndicat national des cadres et ingénieurs de la métallurgie (SNCIM). À ce titre, il fut élu au comité exécutif de la Fédération CGT des travailleurs de la métallurgie (FTM-CGT) au 26e congrès fédéral, en novembre 1968. Il quitta ce mandat à l’occasion du 31e congrès fédéral en avril 1983. De même, il fut élu au conseil national de l’Union fédérale des ingénieurs, cadres et techniciens (UFICT) de la métallurgie, de sa conférence constitutive en janvier 1973 jusqu’en 1980, puis membre de sa commission exécutive (1980-1991) et de son bureau (1973-1980).

Il participa aux délégations de la CGT pour la négociation de la convention collective des ingénieurs et cadres de la métallurgie en 1972, et des accords sur la réduction du temps de travail (1969), sur l’emploi (1972) et sur la garantie de ressources (1974). De 1968 à 1981, il représenta également la CGT au sein de la commission nationale paritaire d’application de la convention collective nationale sur les retraites complémentaires des cadres, l’AGIRC.

En avril 1982, il obtint un congé sans solde de l’Aérospatiale pour prendre la fonction de directeur industriel de la société Manufrance, à l’occasion de sa reprise sous la forme d’une société de coopérative ouvrière de production (SCOP). Il assura cette fonction jusqu’en avril 1983, date à laquelle il prit également en charge la fonction de directeur général, jusqu’à la fin du mois de décembre 1983. Il permit la relance de la production, l’acquisition de nouvelles machines, le déploiement de moyens informatiques, la négociation d’un plan industriel, commercial et de financement avec les pouvoirs publics et les banques, ainsi que la négociation de marchés d’équipement d’armement.

À sa réintégration au sein de l’Aérospatiale, Alain Barbillat obtint une mission de six semaines pour préparer l’ouverture d’une filiale étrangère, en l’occurrence un centre de maintenance pour l’aviation au Mexique.

À sa retraite, il intégra le conseil national de l’Union fédérale des retraités (UFR) de la métallurgie, le temps d’un mandat (1995-1999).

Militant communiste dans le Xe arrondissement à Paris, il était très investi sur les questions de politique industrielle et de transport. Il participa ainsi à la concertation sur l’aménagement des berges du canal, initia le projet de navette Décabus et multiplia les interventions en faveur des exilés. Il avait également été à l’initiative de la création de l’association Robert Desnos en 2002 pour « favoriser les liens sociaux et intergénérationnels dans le quartier de la Grange-aux-Belles et des actions d’accompagnement scolaire. »

En 2012, il quitta son arrondissement où il militait depuis plus de vingt ans, pour rejoindre Lunery, dans le Cher. Animateur de la branche « Val-de-Cher » du Codérail, il luttait depuis de nombreuses années pour la défense des dessertes ferroviaires régionales et en particulier la ligne Montluçon-Bourges.

Il était également adhérent à l’Institut CGT d’histoire sociale de la métallurgie.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article244688, notice BARBILLAT André par Emeric Tellier, version mise en ligne le 5 janvier 2022, dernière modification le 5 janvier 2022.

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